Tout n’est pas rose entre PSA et GM, loin de là même puisque les deux groupes ont annoncé ce mardi après midi qu’ils revoyaient à la baisse  les objectifs de leur alliance… qui n’a pas 9 mois ! 

Cette décision a été prise à cause de la complexité du dossier européen et de la récente intervention de l’état français dans le dossier. Cette intervention publique, une garantie de l’état pour un montant de 5 à 7 milliards d’euros pour la BPF en échange d’une entrée au Conseil de Surveillance, d’un droit de regard sur la stratégie future de PSA, le maintien de l’emploi en France et le possible empêchement des délocalisations ont semé une sorte de trouble et de doute au siège de GM à Detroit.
Une source proche du dossier explique : »Il y a une sorte de pause à l’heure actuelle. Des deux côtés, en particulier chez GM, on n’est pas certain de ce que l’on veut faire dans les prochains mois » et une autre d’ajouter : »En échange de son aide à la Banque PSA Finance, l’Etat français demande qu’il n’y ait pas d’autres suppressions d’emplois ce qui veut dire qu’une accélération de l’alliance ne peut pas être exécutée, c’est politiquement impossible ! Peugeot pourrait donc être moins enclin à coopérer maintenant que le gouvernement français a son mot à dire. C’est notamment vrai sur la question de laisser Opel fabriquer des voitures pour PSA ».

Une combinaison entre PSA et Opel où GM amènerait quelques  cinq milliards de dollars (~4 milliards d’euros) a effectivement été abordée mais à la vue de la nouvelle situation ce projet n’est plus sur la table aujourd’hui. Chez PSA on confirme d’ailleurs qu’il n’y a plus de discussions en cours sur ce sujet épineux qu’est celui de la future co-entreprise Citroën-Peugeot-Opel. On sait tous que la création de cette nouvelle structure serait une planche de salut pour la comptabilité de GM puisqu’elle permettrait de déconsolider Opel des comptes généraux du groupe américain ce qui ne serait pas une mince affaire quand on sait que le constructeur de Rüsselsheim et sa branche anglaise Vauxhall sont déficitaires depuis 2000.
Chez  PSA, le projet est vu comme intéressant puisqu’il mettrait en place d’importantes synergies industrielles et productives mais selon plusieurs sources cela se fera probablement au prix d’un second plan industriel et social qui sera très difficile à gérer par la direction du groupe français alors qu’elle est déjà en pleines négociations et discussions autour du plan social annoncé en juillet dernier.

Une chose est certaine, il n’est plus possible d’envisager un renforcement des liens qui unissent PSA et GM avant 2014 ? L’année 2013 sera encore une année de difficultés pour PSA mais ce sera aussi une année qui permettra de mettre un peu d’ordre dans les affaires, les alliances, les aides et les restructurations.
Les négociations pour le plan social ont débuté il y a une huitaine de jours et certains représentants syndicaux assure que le directeur industriel du groupe, Denis Martin, a annoncé qu’aucune Opel ne serait produite dans les usines PSA en France… alors qu’on reparle à mots couverts de la production de certaines autos françaises en Allemagne. Une situation peu claire et il faudra donc patienter plusieurs semaines ou même plusieurs mois avant d’y voir un peu plus clair surtout que d’un point de vue français (différent du point de vue américain de l’ami François !), on a pour l’instant l’impression que GM veut refiler le bébé Opel/Vauxhall à PSA pour qu’il le jette avec l’eau du bain (et avec lui ?).

Etrangement ces différents dans l’alliance PSA/GM ont refait surface au moment où Chevrolet qui monte en puissance annonçait que la prochaine génération de Cruze ne sera plus produite en Corée du sud mais en Europe…

Via AP, LeMonde, Reuters.