On ne traîne pas chez Ferrari, au point de déployer un plan produit digne d’un grand généraliste. En présentant la Roma, nous découvrons rien de moins que le quatrième nouveau modèle de 2019 : attendue F8 Spider, largement sujet à la rumeur 812 GTS, nouveau segment de la SF90 Stradale et désormais Roma.

La rumeur faisait état d’une Portofino coupé. On ne vous le cache pas, on trouvait ça un peu saugrenu de lancer une voiture qui existe déjà… Il semble que nos doutes étaient légitimes puisque bien que de proportions similaires, la Roma n’est pas juste une Portofino qui ne s’ouvre pas.

Pourtant la silhouette est familière, avec ce long capot plongeant et cet arrière fastback. Mais à y regarder de plus près, aucun trait ne semble commun. Pour cause, la Roma est une stricte 2 places. C’est d’abord cette proue qui attire les regards : fine comme un bec d’oiseau, elle surmonte une grille qui n’a pas fini de faire parler. Couleur carrosserie sur les modèles de présentation, son dessin interpelle, intrigue, tant il est rarement vu. Les phares sont quant à eux largement inspirés de la Monza avec cette bande lumineuse qui vient le couper en deux parties horizontales. Le capot est surmonté d’une grosse nervure, probablement plus esthétique que pratique, seul trait marqué sur tout le 3/4 avant de la Roma. Les flancs sont très lisses, seule une ligne près du bas de caisse remonte légèrement vers la roue pour donner un peu de dynamisme. Nulle prise d’air et encore moins d’appendice ne viennent troubler la pureté du dessin. Les hanches rebondies s’achèvent sur les 4 feux qui s’aplatissent très nettement. De quoi faire passer les rectangles de la SF90 pour de simples variations ! Les 4 traits viennent en rappel des 4 sorties d’échappement qui encadrent le diffuseur, relativement discret.

Chacun y verra ce qu’il souhaite y voir, il paraît que c’est une caractéristique du cerveau humain : cette voiture est donc stylistiquement une cousine de la Portofino, avec des touches de AMG GT, de F-Type ou encore de DB10.

Et c’est finalement assez logique : Ferrari, à défaut, pour l’instant, de petit modèle V6, vient ici chercher des clients de ces 3 marques mais aussi de BMW avec la M8. Une véritable GT donc, pensée pour voyager loin (mais à 2) et non pas pour gagner un dixième à chaque passage en courbe. Cela explique le dessin bien sûr mais aussi les probables réglages des liaisons au sol et du châssis. La Roma ira vite mais pas très vite.

Ceci étant dit, son V8 biturbo de 620 chevaux, issu du bloc monté sur la F8 Tributo, la GTC4 LussoT ou la Portofino offrira des performances bien suffisantes pour le commun des mortels (9.3 sec pour atteindre 200 km/h). Je parie d’ailleurs qu’elles sont largement supérieures à celle effectivement pratiquées par 90% des possesseurs de F8, mais ceci est une autre histoire.

L’intérieur nous offre une grosse évolution avec un habitable littéralement scindé en 2 espaces symétriques, que Ferrari appelle tout simplement “cockpit”, tout un programme. L’idée est de donner au passager la sensation d’être pleinement investi dans la conduite. Le tunnel central, largement ajouré vient marqué l’espace de chacun.

Il bénéficie pour cela des désormais habituels écrans annexes mais la disposition donne l’impression qu’il ne manque que le volant pour qu’il prenne les commandes de la Roma. Cette nouvelle proposition semble faire l’unanimité.

La Roma est un hommage à la Dolce Vita des année 50 et 60, époque où la frontière entre les automobiles de course et sportives était poreuse, pendant laquelle Ferrari a construit une grande partie de sa légende. Si la Roma n’est sans aucun doute pas une pistarde, sa conception “allegée” (à l’italienne certes…) devrait lui assurer de belles prestations dynamiques, probablement un cran au dessus de la grande GTC4LussoT et et de la Portofino. Le prix n’a pas été dévoilé à ce jour et la concurrence ne sera donc pas qu’externe (Aston Martin Vantage, 911 Turbo, F-Type, M8) mais aussi interne. Gageons que les stratèges de Ferrari en ont tenu compte et que la cannibalisation potentielle est jugée limitée.

Crédit photos : Ferrari