Sans exagérer, cela doit bien faire deux ans qu’on l’attend cette version R.S de la Mégane 4. Le teasing a été proprement insupportable, mais est-ce que l’attente en valait la peine ?

Si la Mégane en est déjà à sa quatrième génération, ce n’est que la troisième version R.S., qui a la lourde tâche de succéder aux idolâtrées R26.R ou RS275 Trophy-R. Limeuses d’asphalte, bêtes à record, elles ont détenues toutes les deux le record du tour du Nordschleife dans la catégorie traction. Ça c’est de l’héritage !

Et la M4RS, qu’est ce qu’elle a dans le ventre ? On va commencer par ce qui semble fâcher pas mal de monde : deux portes en trop. La gamme Mégane, c’est 5 portes ou break. C’est tout, pas de coupé. La RS sera donc une 5P. Fini l’aspect coupé râblé bas du toit, bienvenue à la familiale. J’ai envie de dire : et alors ? On s’en fiche, non ? Personne n’a jamais râlé sur l’existence d’une Golf GTI ou R en 5 portes, ou sur une 308 GTI ou une Civic R ou sur une Focus RS… bref, la liste est longue. C’est comme ça : les 3 portes ne se vendent plus, il faut faire avec car il n’y aura jamais de Mégane 4 en 3 portes.

Mais Renault ne s’est pas contenté de revêtir sa berline de cette jolie teinte Orange Tonic, il a aussi un peu secoué la bouteille en ajoutant des boucliers avant et arrières spécifiques, un gros diffuseur, des jantes de 19″, des ailes élargies avec extracteurs, des phares R.S Vision (avec un joli effet damier sur le bouclier) ou un échappement central. Indéniablement différente d’une placide dCi 110, elle reste néanmoins sobre. Imaginez la en gris, et elle passe quasi inaperçu dans la circulation, loin de l’exubérance goldorakienne d’une Civic.

Le moteur est le 4 cylindres 1,8 l de 280 ch et 390 Nm de couple, quasiment identique à celui de l’Alpine A110 (ou de l’Espace TCe 225…). La Mégane perd donc son 2 litres. Et oui, 280 ch « seulement », là où la concurrence propose plus. Golf R : 310 ch, Civic Type R  : 310 ch, Leon Cupra : 310 ch Focus RS : 350 ch. Seule la 308 GTI reste en dessous avec 270 ch. MAIS, nous avons sous les yeux la version Sport de la M4RS. Renault prévoit d’ores et déjà pour fin 2018 une version Cup qui devrait vous satisfaire : 300 ch et 400 Nm. Ca devrait aller mieux non ? Et puis, si ça se trouve, 280 ch c’est déjà bien assez pour claquer un record ?

Pour seconder cette cavalerie, Renault a la bonne idée de proposer une boîte à double embrayage EDC ou, au choix, une boîte manuelle 6 rapports. De quoi faire plaisir aux amoureux du manche. La boîte EDC dispose d’un mode Launch Control et permet de rétrogader rapidement plusieurs rapports à la volée.

Côté châssis, la R.S. reçoit le très efficace système 4Control de la GT. La version Sport disposera d’amortisseurs à butées hydrauliques et d’un train avant à pivot indépendant. Quant à la version Cup, elle bénéficiera d’un différentiel à glissement limité, de disques de frein bimatières (fonte, aluminium) et de suspensions plus fermes. Reste le poids, qui n’a pas été communiquée officiellement par Renault, mais que l’on peut estimer à environ 1500 kg

Dernier point : l’habitacle, plutôt tristoune et peu distinctif. C’est bien simple, on a l’impression d’avoir un habitacle de Mégane GT dont les surpiqûres sont devenues rouges au lieu de bleu. Seul point intéressant : le R.S. Monitor qui affiche et enregistre les données télémétriques de vos runs sauvages.

La Mégane R.S. Sport sera disponible à la commande en décembre prochain pour un prix de base d’environ 34 000 €. Pour la version Cup, on en reparle dans un an. Et d’ici là, Renault communiquera sans doute sur les performances de son dernier bébé sur les circuits d’Outre Rhin.

Crédits photos : Renault