Il y a peu l’administrateur délégué qui est aussi le président de l’ACEA tenait meeting pour parler de la situation automobile en Europe et des surcapacités de production des constructeurs sur le vieux continent. Selon Sergio Marchionne et les experts, celles ci sont de l’ordre de 20 à 25% selon les pays et les marques. Aussi selon lui il faut agir vite pour remettre les choses dans le bon ordre afin de permettre aux entreprises de perdurer dans de bonnes conditions industrielles et financières.

L’homme a aussi abordé le cas PSA-GM en ne voyant que du positif dans ce possible accord même s’il estime que si le partenariat devait se renforcer dans le temps, il faudrait envisager de fermer au moins un site chez chacun des protagonistes. Une fois sa casquette de président de l’ACEA posée, Sergio Marchionne a pris le temps de discuter et il a repris sa place de chef d’entreprise pour aborder le cas du groupe qu’il dirige. Après avoir très rapidement commenté les bons résultats de Chrysler, il a abordé le cas Fiat et il a bien confirmé que le constructeur turinois était à la recherche d’un partenaire industriel et d’aborder quelques hypothèses. Il est revenu sur les fameuses concentrations d’entreprises qui sont un peu sa marotte depuis quelques années et de dire que Fiat devait grossir si il voulait avoir un vrai poids sur le marché automobile mondial dans les prochaines années. Au chapitre des partenaires possibles le patron de Fiat a parlé de Mazda (à la recherche de fonds et d’un partenaire) et surtout de Suzuki qui est un des partenaires actuels du groupe italien notamment dans les échanges technologiques et techniques.

Sergio Marchionne a poursuivi en « emmenant » tout le monde en Russie où Fiat va investir un milliard d’euros au moins dans les prochains mois. De parler d’abord de la nouvelle usine de St Petersbourg et d’expliquer que dès 2014, le site russe produira le successeur de l’actuelle Jeep Cherokee au rythme de 120.000 exemplaires par an. Des Jeep produite en Russie, ce sont les « camarades » Brejnev ou Kroutchev que l’on fait mourir une seconde fois… Sergio Marchionne justifie cette décision en expliquant qu’en Russie et les pays voisins, l’offre actuelle en matière de SUV et de 4×4 est nettement inférieure à la demande, aussi cette nouvelle production Jeep aidera à satisfaire plus largement le marché. En 2011, Jeep a vendu en Russie seulement 2000 véhicules alors que l’on peut estimer le potentiel de la marque au moins à 10 fois plus dans les 3 prochaines années. Alors bientôt sur le marché des Jeep « imported from St Petersburg » !

Sergio Marchionne poursuit ses explications en annonçant que Fiat vient de signer un accord avec le constructeur russe Zil. Le vieux constructeur russe qui est aujourd’hui spécialisé dans les camions et véhicules lourd et de chantier va ainsi profiter des plateforme Jeep et RAM pour développer des SUV et des VU adaptés au marché local russe. La production commencera dans le courant de l’année 2013. Pour les programmes à venir, Fiat et Zil pourraient partager certains coûts de R&D afin de plus vite rentabiliser les investissements.

Enfin on n’oubliera pas que Fiat s’est aussi trouvé un puissant partenaire financier en Russie avec la banque Sberbank qui participera au financement de certains des projets de Fiat en Russie. Certains pourront trouver à redire dans ce développement vers l’est mais il n’a rien de choquant puisqu’historiquement Fiat est présent dans le secteur automobile de la Russie (ex URSS) depuis près d’une cinquantaine d’années, c’est avec Avtovaz (Lada) qui est depuis quelques temps entrée dans le giron de l’Alliance Renault-Nissan.

L’administrateur n’a pas abordé sur le fond les cas Alfa Romeo, Mirafiori et il n’a fait aucun commentaire au sujet de la condamnation du groupe en Italie pour ce que la justice italienne a qualifié « d’anti-syndicalisme » dans l’affaire des trois délégués syndicaux (FIOM-CGIL) virés  de l’usine de Melfi dans le sud du pays après qu’ils eurent participé au blocage de l’usine il y a deux ans. En appel, Fiat vient de voir sa sanction confirmée et doit réintégrer les salariés licenciés à cause de leur engagement syndical.

Et pour ce qui des différentes affaires et projets en cour qui nous font tous beaucoup parler, attendons la semaine prochaine et l’ouverture du salon genevois au cas où !

Via ACEA, Autoblog, AP.