Difficile fin de semaine pour l’Administrateur Délégué qui a du faire face ce vendredi ( et jeudi à Bologne ) à une première grande grève au sein du groupe Fiat et à de nombreuses manifestations dans tout le pays afin de dénoncer l’accord de Mirafiori (accepté par réferendum par 54% des salariés du site de Mirafiori ) qui permet au grande site industriel turinois d’être en dehors de la convention collective nationale pour les conditions de travail durcies. Mais il n’y a pas que Mirafiori puisque Sergio Marchionne veut imposer sa méthode et sa convention interne à tous les sites italiens du groupe.

Plusieurs dizaines de milliers de métallos et salariés du syndicat FIOM étaient donc en grève ce vendredi et ont manifesté contre  le chantage fait par le groupe Fiat après l’adoption « presque contrainte » de l’accord durcissant les conditions de travail dans l’usine turinoise il y a deux semaines. Maurizio Landini, secrétaire général de la FIOM, lors de la manifestation milanaise faisait savoir que les susines se sont arrêtées car les salariés ne veulent pas que le plan turinois soit étendu et qu’en manisfestant, ils veulent défendre l’emploi dans la dignité et le respect des droits liés à la convention collective nationale.

Outre les manifs’ de Milan et Bologne, une vingtaine d’autres rassemblements étaient organisés ce vendredi notamment à Turin mais aussi dans le sud du pays de coté de Pomigliano ( Naples ) et dans toutes les villes où Fiat a des usines. Le syndicat organisateur a affirmé la grande réussite de cette journée de manifestation qui concernait Fiat mais aussi toute la métallurgie liée de près ou de loin à l’automobile et à ses dérivés  ( camions, machines industrielles et agricoles ). Ainsi le syndicat avant le chiffre de 70% d’adhésion au mouvement alors que du coté du syndicat du patronat lié à la métallurgie on parlait de 18% environ, la direction de Fiat enfonçant le clou en faisant savoir que seulement 15% des salariés du groupe avait participé à cette journée.

Cette journée de grève et de manifestation a été critiquée, plus ou moins fortement par les syndicats signataires de l’accord fin décembre ( désormais un peu muselé par la direction de Fiat ) et le très berlusconien ministre du travail Maurizio Sacconi a estimé que cette journée d’action était une grave erreur de la part du syndicat FIOM, estimant d’ailleurs que c’était une grève politique, non syndicale et sociale ! Pour rappel cet appel à al grève ne date pas de la semaine passée mais du mois de décembre 2010 au moment où les autres syndicats ont paraphé l’accord avant le référendum du 14 janvier dernier. La FIOM, section métallurgique de la CGIL est donc désormais exclu du site de Mirafiori et n’a donc plus le droit de citer à Mirafiori  ( cf accord  ) mais cette puissante branche du grand syndicat italien pousse désormais la nouvelle patronne de la confédération syndicale, Susanna Camusso, à mettre en place une journée de grève générale mais celle ci s’y oppose pour l’instant ce qui lui a valu d’être sifflée et huée jeudi lors de la manifestation bolognaise. Ce refus pourrait déjà lui valoir d’être mise en difficulté dès la grande assemblée de printemps de la CGIL .

Désormais considéré comme un tournant dans la vie sociale et salariale italienne, l’accord de Mirafiori qui prévoit une très grande flexibilité de l’emploi, une moins grande influence et une plus faible représentation des syndicats ( la FIOM n’aura plus de délégué à Mirafiori faute de signature de l’accord ), une forte hausse des heures supplémentaires au détriment de l’embauche de nouveaux salariés pourrait bien se voir étendu à toutes les usines italiennes du groupe Fiat dans les mois qui viennent à cause du  » fameux chantage à la Marchionne « . Mais les syndicats craignent aussi une contagion des autres secteurs de l’économie italienne qui eux aussi mettraient en place des accords d’entreprise au seul bon vouloir du patronnat et de la rentabilité maximum. Mais avant de toucher les autres secteurs, ce sont les sous traitants de Fiat qui pourraient eux aussi mettre en place un tel système qui pourrait au final conduire à un bocage dans l’industrie automobile italienne dans les mois qui viennent. Une affaire à suivre d’autant que pour l’instant Seugio Marchionne a le soutien du patronat italien, du gouvernement de Berlusconi. Prochaine étape pour l’Administrateur délégué, après les sites de Pomigliano et de Mirafiori, toutes les usines du groupe sur le sol italien encore en dehors de ce fameux accord qui est la condition sine qua non pour la mise en place d’investissements en Italie par le groupe Fiat.

Via LaRepubblica, AFP, RomandieNews.