Eiji Toyoda fit conquérir le monde à la marque automobile Toyota. Il est décédé le mardi 17 septembre.

Eiji Toyoda

Toyota vient de perdre l’une de ses plus grandes figures. Eiji Toyoda n’a pas fait que diriger le constructeur pendant un quart de siècle : il était celui qui avait permis à Toyota de sortir de son marché national pour s’étendre sur toute la surface du globe. «Il fut le promoteur de l’expansion de la production de Toyota à l’étranger», déclare l’un des porte-parole du groupe japonais à la presse.

Eiji Toyoda était tout juste centenaire. Né le 12 septembre 1913, il prit les rênes du constructeur en devenant Président Exécutif (de 1967 à 1982) puis Président du Conseil d’Administration (de 1982 à 1992). Ces 25 années de pouvoir, il les consacra à faire de Toyota le futur monstre de l’automobile mondiale. «Avant qu’Eiji Toyoda ne prenne les rênes, Toyota dépendait quasi exclusivement de ses exportations depuis le Japon pour vendre à l’étranger. Sous sa conduite, l’entreprise a commencé à fabriquer dans d’autres pays développés», poursuit la communication de la marque. 

Dans sa stratégie de conquête du monde, Toyota s’installe aux Etats-Unis, en devenant partenaire du n°1 de l’époque, General Motors. De cette alliance sortit de terre une usine, en 1984 en Californie. Il accentua son effet l’année suivante avec d’autres unités, entièrement à lui cette fois, au Canada et dans le Kentucky. En effet, tout comme aujourd’hui les constructeurs automobiles font une véritable ruée vers la Chine, l’objectif de Toyota était de contourner les frais de douane américaine, d’aucun ne jugera le pays du libéralisme d’être un grand protectionniste. Sitôt l’offensive américaine débutée, Toyota pose un pied en Europe avec une usine au Royaume-Uni. En près de trente ans, l’action d’Eiji Toyoda fit montre de son efficacité : de 800.000 véhicules produits chaque année dans le seul Japon en 1967, le groupe devenu mondial faisait sortir d’usine en 1994 4,6 millions d’unités, parmi lesquelles plus de 700.000 dans les pays du tout récent ALENA ainsi que près de 100.000 modèles « made in Europa ».

De cette volonté mondiale, Eiji Toyoda fut l’artisan principal de la prise de pouvoir de Toyota sur le podium du Premier constructeur mondial : devenu n°1 en 2008 face un GM agonisant, le groupe a temporairement rendu le siège à l’américain en 2011 pour mieux revenir en 2012. Malgré de nouveaux rappels de fiabilité cet été, Toyota est en course pour conserver son titre sur l’exercice 2013.

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Via Toyota, Libération, Le Monde