C’est de tradition, la berlinette Ferrari est déclinée en version hard core pour achever dignement sa carrière depuis la Challenge Stradale issue de la 360 Modena. Se sont succédées ensuite les 430 Scuderia et 458 Speciale. La recette est toujours la même : moins de poids, plus de chevaux et de couple, une définition plus radicale de l’intérieur et de l’extérieur.

Quand la recette fonctionne, il n’est pas nécessaire d’en changer. Les différentes versions ont été systématiquement encensées par la critique, il est donc hautement probable qu’il en soit de même pour la dernière du nom, la 488 Pista.

Petit aparté sur le petit nom que Ferrari lui a choisi, parce que pour une fois, tout le monde s’est bien fait avoir. De manière volontaire ou non, je ne suis pas en mesure de le dire. Depuis plusieurs mois, la toile nous parle de « GTO », l’affaire était entendue. Puis, d’autres rumeurs se sont propagées, notamment après la fuite d’une photo volée lors d’une présentation aux concessionnaires de la marque qui laissait apparaître un « Sport Speciale » ou « Super Series » sur le mur du fond. Après coup, il est facile d’affirmer qu’il s’agit probablement de la dénomination de gamme interne au constructeur mais tout le monde s’est rué sur l’info. Et bien finalement, ce sera donc « Pista ». On pourra gloser éternellement sur la qualité esthétique du nom mais il faudra convenir de la légitimité de ce patronyme. La 488 Pista est dédiée aux amateurs de sorties sur circuit avant tout. On sait que certains l’utiliseront aussi sur les pavés parisiens faisant ainsi la fortune de leur kiné.

Ferrari a donc appliqué une nouvelle fois sa poudre magique sur une auto qui ne manquait déjà pas de qualités. 90 kg de gagnés à vide avec 1280 kg (soit probablement 1400 kg pour une auto en mesure de rouler), 720 chevaux soit un bond de 50 pur-sang extraits du 3,9 litres turbo. 185 ch au litre, même pour un moteur turbo, ça commence à faire beaucoup… Le couple passe à 770 Nm (+10 Nm). Ça risque de bien pousser tout cela ? Oui, plutôt… 2,8 secondes annoncées pour toucher les 100 km/h, on est presque dans le claquement de doigt. Plus de 340 km/h en pointe, c’est du niveau de l’anecdote.

Le gain de poids devrait rendre la voiture plus agile et plus vive, le tout aidé par les transformations extérieures. On nous parle de 20% d’appuis supplémentaires grâce au nouveau bouclier, nouvel extracteur et une aéro globale largement revue. Le tout inspiré par l’expérience accumulée par la 488 GTE qui écume les circuits du monde entier avec un certain succès (vainqueur de classe aux 24h du Mans 2017 notamment). Quoi qu’il en soit la voiture en impose, laissant aucun doute possible sur ses capacités sportives.

Une fois l’obstacle du budget et du commercial Ferrari (et donc de ses critères d’attribution) passés, quelle auto pourrait faire hésiter notre acheteur ? On se tourne bien sûr d’abord vers le rival historique Porsche et sa 911 GT2 RS sans oublier la GT3 RS mk2 dont la révélation a été quasiment simultanée (cette nuit peu après minuit). Philosophies proches, budgets comparables (grosso modo hein !), c’est une question de goût. En Italie, la Lamborghini Huracán Performante saura faire les yeux doux à l’acheteur hésitant. Un V10 atmosphérique, c’est tentant…

N’oublions pas toutefois la McLaren 720S à puissance identique : pas encore déclinée en version LT, elle garde de solides arguments à faire valoir dont une direction hors du commun et un compromis confort-efficacité remarquable.

Rendez-vous au Salon de Genève du 08 au 18 mars 2018 pour faire votre marché et dites-nous laquelle aura vos faveurs en commentaires !