Encore une énième supercar électrique bardée de chevaux et d’ailerons avec des performances irréalistes ? Non, pas vraiment. La Piëch Mark Zero présente deux différences : elle est plutôt sobre esthétiquement, et ses performances sont pour une fois plutôt réalistes.

A la tête de Piëch Automotive, un grand nom, qui cherche à se faire un prénom : Anton Piëch. Son arbre généalogique a de quoi donner le tournis et un certaine pression : arrière petit-fils de Ferdinand Porsche, et fils de Ferdinand Piëch. Il s’est associé avec Rea Stark Rajcic pour créer la petite société suisse Piëch Automotive, forte d’une vingtaine de collaborateurs.

Esthétiquement, la Mark Zero est un joli coupé 2 portes, 2 places, dont l’inspiration se situe visiblement outre-Manche, à Gaydon pour être précis. On ne peut en effet s’empêcher de lui trouver de faux airs d’Aston Martin Vantage ou DB9. Pas de copie parfaite, mais un air de famille net pour le profil ou la face avant. L’arrière quant à lui s’écarte un peu du style Aston pour devenir plus incisif, plus tranchant malgré une certaine lourdeur du bouclier. Elle est quand même plutôt réussie, et s’affranchit des disgracieux appendices aérodynamiques qui sont hélas la norme pour les supercars actuelles.

Forcément électrique, la Piëch Mark Zero veut innover sur deux points. Tout d’abord, le placement des batteries, volontairement installées dans le tunnel central et sur le train arrière, là où les concurrents préfèrent une implantation uniforme dans le plancher. L’idée est d’aboutir à un comportement routier équivalent à celui d’un voiture à moteur thermique. Autre innovation : les batteries, développées par un sous-traitant chinois, seraient d’un nouveau type, chauffant nettement moins, et surtout permettant une recharge à 80% en 4 minutes et 40 secondes (précises !). Le poids reste l’ennemi numéro un de l’électrique, n’attendez pas de grand miracle avec 1,8 tonne sur la balance.

Les autres caractéristiques sont plus classiques, avec la présence d’un moteur de 150 kW sur le train avant, et de deux équipements de même puissance sur le train arrière, pour un total de 450 kW, environ 600 ch. Les performances sont, elles aussi plutôt dans la norme : autonomie de 500 km, vitesse limitée à 250 km/h et 0 à 100 en 3,2 s. Très gros astérisque dans la fiche technique : ces chiffres sont “une cible à atteindre”. Autrement dit, rien de prouvé, de mesuré ou de validé.

Piëch promet que la plate forme utilisée est totalement modulable, tant d’un point de vue matériel que logiciel, et que d’autres projets sont déjà envisagés : un coupé de production, une 4 places, un indispensable SUV, voire même un pick-up ou un cabriolet. Piëch Automotive envisage de vendre sa plate-forme à d’autres constructeurs, ce qui s’avère un pari plutôt risqué au moment où tous les acteurs principaux du segment travaillent déjà d’arrache pied sur le sujet. Il reste à voir comment le projet va évoluer et, surtout, si des modèles de série seront produits un jour.

Crédits photos : Piëch Automotive