Le weekend du 8 au 10 juin avait lieu la 52ème édition du Grand Prix de l’Age d’Or sur le circuit de Dijon-Prenois. Nous étions sur place lors de la première journée, le vendredi. Retour en images et récit sur une belle journée sous le soleil de Bourgogne, à quelques jours du plus grand événement français de la catégorie, Le Mans Classic.

Le circuit de Dijon-Prenois est une petite boucle de 3,8 km, très rapide (222 km/h de moyenne pour le record détenu par Alain Prost depuis… 1982) et vallonné (des pentes à 14%). Sa variété en fait un tracé apprécié des pilotes. Il a connu des Grand Prix de France et de Suisse de Formule 1 avec quelques faits d’armes, toujours dans les mémoires : première victoire du jeune Alain Prost en F1 en 1981, première victoire du moteur turbo Renault en 1979 presque effacé par le duel légendaire pour la deuxième place entre Gilles Villeneuve et René Arnoux. Il a également accueilli le FIA GT ou encore le DTM. Ce sont 7 plateaux de course et un de démonstration qui étaient programmés tout au long des 3 journées de l’événement : Classic Endurance 1 & 2, Heritage Touring Cup, Euro F2 Classic, Sixties’ endurance, The Greatest’s Trophy et le tout nouveau plateau 2,0L Cup, réservé au Porsche 911 pré-1966 châssis court. Ce dernier a d’ailleurs connu un vif succès puisque 30 autos étaient engagées.

Le programme est le même pour tous : des essais, des qualifications et une course de 40 minutes à 2 heures selon les catégories. On a pu noter plusieurs AC Cobra par Shelby ou encore quelques BMW 3,0 CSL parmi la meute de 911 de diverses versions et de Jaguar Type E. Les deux BMW M1 étaient également fort impressionnantes. La Ferrari 512S était entourée des traditionnelles Lola T70 venues en nombre.

La présence d’une Shelby Cobra Daytona nous a largement fait causer tout au long de la journée mais il s’est avéré qu’il s’agissait d’une réplique sur base d’authentique Cobra 289 de 1965. On comprend mieux pourquoi elle a été engagée en Sixties Endurance plutôt qu’ailleurs. Regrettons après coup que la nuance n’ait pas été plus claire de la part des organisateurs, un petit “replica” sur la liste des engagés aurait été honnête et apprécié.

Penchons-nous donc sur le plateau du “Greatest’s Trophy” qui regroupe les machines les plus exclusives, rares ou notables dans des courses aux règles adaptées à la valeur marchande des voitures engagées.

Nous y avons retrouvé deux Bizzarrini 5300 GT, la supercar italienne au coeur américain, concurrente des Ferrari et Lamborghini dans les années 60-70. Fort rare, sa ligne en fait aujourd’hui l’une des voitures les plus recherchée de l’époque. Seuls 133 exemplaires de la version Strada auraient été produits. Fort peu d’exemplaires également pour la Porsche 718 RSK, petite barquette de course de Stuttgart..

Italie toujours avec une série très hétérogène : Ferrari 250 GT SWB, Maserati Tipo 61 Birdcage et Alfa Romeo Giulia TZ. Trois propositions très différentes de la voiture de sport des années 60, entre GT taillée pour la course, barquette radicale et carrosserie Zagato sur châssis inédit malgré le nom partagé avec la petite berline italienne.

La quatrième n’est pas totalement italienne puisqu’il s’agit d’une Aston Martin DB2/4 Bertone Competizione Spider. Il existerait 5 exemplaires de cette voiture, 2 civilisées et 3 dédiées à la course. Son origine, comme bien souvent à cette époque, remonte à une demande particulière d’un importateur américain.

Les deux automobiles les plus notables à mon goût dans cette catégorie étaient la Ferrari 250GT carrossée par Drogo et la Jaguar Type E Lightweight. Si la seconde nous est familière de part la diffusion conséquente de la Type E plus classique, la première est unique. Il s’agit d’une classique 250 GT Pinin Farina au châssis raccourci après un accident et coiffé de cette carrosserie Drogo dont le style général se rapproche assez de la 250 GTO, notamment à l’avant. Très fluide, longue et basse, la voiture est d’une élégance rare. Quant à la Lightweight, on ne la présente plus vraiment : la version très affutée de la déjà séduisante Type E, produite à 12 petits exemplaires plus de très nombreuses semi-lightweight qui dominent bien souvent les courses historiques. Carlos Monteverde remporte d’ailleurs la seconde course du weekend à son volant, la première revenant à la Maserati Birdcage.

L’autre gros morceau du weekend était bien évidemment la présence du Global Endurance Legends avec une dizaine de voitures : F430 GT3, Dodge Viper GTS-R, Chevrolet Corvette C6R, Ferrari 333SP, Porsche 993 GT… A seul but de démonstration et de plaisir simple, ce plateau ne fait l’objet d’aucun chronométrage ni classement. Le seul plaisir de voir évoluer ces machines fantastiques dans leur élément naturel vaut le déplacement.

Le nombre d’engagés était modeste mais en fermant un peu les yeux, on se retrouvait dans l’ambiance des années 90, entre BPR, FIA GT et 24h du Mans.

Le rythme en moins, les pilotes restant fort sages avec leurs montures, même si la Viper s’est fait une petite frayeur et nous a gratifié de quelques flammes, on l’espère, sans dommage majeur.

Un mois avant Le Mans Classic, Le Grand Prix de l’Age d’Or aura été une jolie répétition en mode mineur. Rendez-vous est donc pris pour le weekend du 6-8 juillet sur le grand circuit manceau. Soyez assuré que l’équipe de Blogautomobile est impatiente de partager l’événement avec vous !

Crédit photos : Régis Krol, Pierre Clémence