Alors que la crise palestino-israëlienne n’a jusqu’à présent eu aucune retombée ou incidence sur l’économie des pays alliés de l’un ou l’autre des parties, les enjeux de la crise ukrainienne sont d’une toute autre importance. L’un des premiers signes tangibles de la crise est la baisse du PIB allemand de 0.2% sur le second trimestre de cette année au travers des premières sanctions imposées par la Russie à l’Union Européenne qui suit la ligne choisie par les Etats Unis.

Poutine et Medvedev  - l'automobile dans la crise ukrainienne.1

Au début du moins d’août le premier ministre russe Dmitri Medevedv avait  indiqué que la Russie allait envisager l’instauration de mesures protectionnistes dans plusieurs secteurs de l’économie en réponse aux sanctions venues d’occident et chez les soutiens à l’actuel régime ukrainien. Ainsi il semblait il y a deux ou trois semaines que la Russie pouvait aller bien au delà des sanctions imposées aux secteurs agricoles et agro-alimentaires mises en place depuis cette période. Le premier ministre russe expliquait que la Russie était toute disposée à introduire des mesures protectionnistes dans le secteur de la construction aéronautique, navale, automobile mais aussi d’autres industries qui font une partie de leur commerce avec la Russie. A l’époque D.Medevedv laissait entendre que les sanctions pourraient être réfléchies et mesurées et qu’il était pleinement conscient des importantes collaborations qui sont établies dans ces secteurs. 
En ce début de deuxième quinzaine d’août et devant le durcissement de certaines positions, l’embargo pourrait prendre dans les prochaines semaines une toute autre tournure puisque l’état russe envisage désormais très sérieusement d’interdire l’importation de toutes les voitures venues de pays qui pratiquent des sanctions à l’égard de la Russie.
Ainsi selon les agences de presse qui relatent les faits, les voitures de tourisme importées ont représenté au cours de la période janvier-juin 2014, quelques 28% des ventes globales et respectivement les chiffres sont de 45% et 13% pour les camions et les autocars. Au bout du compte, les entreprises européennes et notamment allemandes et italiennes pourraient être fortement impactées par une telles décisions. Par contre, il semble que les entreprises européennes ou américaines qui ont des usines sur le territoire russe ne seront pas concernées par l’embargo… mais uniquement pour les autos produites sur place. Ainsi Renault serait moins durement touché tout comme Ford, Hyundai, Chevrolet, VW ou Toyota qui ont tous des unités de production en Russie.
Reste que le dossier semble avoir déjà fait son chemin au Kremlin puisqu’il aurait déjà été soumis au président Poutine et il ne suffirait que d’une signature présidentielle pour que ce projet devienne une réalité. On scrutera d’ailleurs avec attention l’ambiance du prochain salon de l’automobile de Moscou où tous les acteurs internationaux du secteur seront présents. Nous y verrons surement le président russe et son premier ministre au centre des discussions avec les grands patrons du secteur automobile, notamment ceux venus d’Allemagne qui commencent à payer la politique de la chancelière Merkel.
Si l’opposition est/ouest perdure, elle pourrait prendre de l’ampleur car du coté russe, on se dit prêt à mettre un terme au commerce avec l’industrie spatiale, aéronautique ou navale avant que cela ne touche le secteur de l’énergie ce qui serait fortement préjudiciable à l’Allemagne, la Pologne, la République Tchèque, la Slovaquie et surement quelques pays un peu plus à l’ouest !
Les pays fondateurs de la banques de BRICS en juillet derniers et les sympathisants
L’affaire est éminemment sensible et surtout politique avec des pays qui veulent imposer leurs principes (bons et mauvais) à leurs alliés mais elle est aussi économique avec notamment les BRICS et leur nouvelle banque mondiale qui veulent, 70 ans après la conférence de Bretton Woods, mettre en place un nouvel équilibre économique, politique et social mondial. 
Une chose est sure, l’EU ne pourra suivre les choix imposés par l’une des deux parties et devra, si elle veut sauver son industrie, notamment automobile, faire des choix et des arbitrages qui pourraient ne pas plaire à notre « grand allié » du moment sauf si le successeur (attendu) de Catherine Ashton à la tête des affaires étrangères de l’UE est aussi violent et efficace qu’elle l’a été depuis sa nomination en 2008.
BRICS : Brésil, Russie, Chine, Inde, Afrique du Sud + les sympathisants
Via RiaNovosti, AP, Vedomosti, Cncd.