Parce qu’un badge « Presse » ne sert pas qu’à récupérer gracieusement des coupes de champagne, Blog Automobile s’en est allé poser quelques questions au président de Lumeneo, constructeur français de véhicules électriques. L’occasion pour nous de constater l’avancement des projets depuis notre dernière visite en 2010. Et contrairement à Renault-Nissan qui « se contente » de nous envoyer vers le numéro 2 du groupe, chez Lumeneo, c’est le président en personne, Daniel Moulène, qui nous reçoit. Promis, on ne prendra pas la grosse tête.

Eric E. : La première question concerne la Neoma, ici exposée : s’agit-il du véhicule de série ? Quel est son positionnement, quelles sont vos ambitions sur le marché en année pleine ?

Daniel Moulène : En effet, il s’agit du véhicule de série, la ligne de production monte  ses premiers véhicules en ce moment. Son positionnement est celui d’une voiture très courte : 2.70 m de long, comme une Smart mais avec 4 places. Le principe étant que l’on est presque toujours seul dans sa voiture, pour autant, on a occasionnellement envie d’emmener des gens ou des bagages. On peut ainsi replier les sièges arrière, également amovibles pour aboutir à 400 litres de volume utile. Quant au positionnement tarifaire, la voiture est à 14 000 € auxquels il faut ajouter 11 000 € de batteries. Nous étudions aussi une possibilité de location de batteries. Nous ambitionnons 500 véhicules pour 2013 avec pour marchés principaux la France, le Royaume-Uni, ainsi que les pays d’Europe du Nord comme la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne. Nous avons un showroom à Paris et le réseau se met en place avec des distributeurs indépendants, pas des concessionnaires.

E ² : A ces tarifs là, quelle sera la clientèle visée par rapport à celle des Renault Zoé ou Nissan Leaf, respectivement moins chères et au même prix que la Neoma ?

D.M. : On pense effectivement au prix s’agissant de véhicules électriques mais l’on parle ici de véhicules faits pour la ville : Leaf est une compacte et Zoé fait 1,40 mètres de plus que la Neoma, pour se garer, c’est radicalement différent. Pour l’utiliser au quotidien, je peux vous l’assurer. Nous sommes sur un marché de niche, Neoma est sans équivalent.

 

 

 

 

 

E² : En ce qui concerne la Smera, où en êtes-vous vis-à-vis de son lancement sur le marché ?

D.M. : C’est un véhicule de moins d’un mètre de large, que d’aucun compareront à Twizy même si nous l’avons présenté avant, des véhicules dans l’air du temps, en somme. La différence fondamentale est que Smera est fermée, avec un vrai chauffage, elle roule à 110 km/h et se conduit avec un permis B. Elle va sur l’autoroute, elle offre la sécurité d’une voiture dans le gabarit d’un gros scooter. Dans la mesure où notre site de fabrication a changé, nous commercialiserons Smera courant 2013, après Neoma devenue prioritaire, donc.

 

 

 

 

 

E² : Y a-t-il beaucoup de commonalités techniques entre ces deux produits ?

D.M. : C‘était l’objectif, un objectif industriel du fait des faibles volumes, nous avons augmenté le nombre de pièces communes pour diminuer les coûts. Nous estimons le seuil de rentabilité à 500 véhicules par an et par modèle. Bien évidemment, s’il s’en vend plus, nous serons heureux.

E² : Evoquons maintenant le concept Neoma-Roadster que vous présentez à cette année à Paris.

D.M. : Nous sortons ce concept pour montrer qu’un véhicule électrique peut aussi être fun. Elle reprend l’architecture de Neoma mais avec 2 places, c’est un roadster avec un poids réduit et des performances sympathiques. Nous pensons la produire d’ici  un an et demi. Elle ne sert pas seulement à tester la clientèle, elle attire aussi les gens sur le stand ! Nous avons eu de très bons retours lors de la première journée du salon notamment.

 

 

 

 

 

E² : Quelques mots, enfin, sur le site de production de vos modèles ?

D.M. : Nous avions initialement prévu de fabriquer dans les Yvelines lorsque nous n’avions qu’une seule voiture en projet (Smera). Nous avons changé de stratégie et avons opté pour un site de production Faurecia dans les Vosges, près de Saint Dié (Nompatelize), cette usine est capable de produire les 3 voitures.

Au nom de Blog Automobile, je vous remercie.

Photos : Ugo Missana