Une tradition prend forme chez McLaren avec cette seconde déclinaison LT. La 600LT vient d’être révélée ce 28 juin avant sa présentation physique lors du prochain Festival of Speed de Goodwood. Il s’agit tout simplement et fort logiquement d’une évolution radicale de la 570S, représentante principale des Sport Series du constructeur britannique. En 7 ans de vie à peine, McLaren est bien installée dans le paysage des automobiles de prestige à tendance sportive.

Si Porsche a ses GT3, Ferrari ses Pista, Scuderia et autres TdF, McLaren impose désormais la lignée des LT. Le sigle apparu sur la version hardcore de la 650S, 1000 exemplaires produits en coupés et spiders, est une référence à l’évolution ultime de la mythique F1, produite à 13 exemplaires (10 GTR et 3 GT). Son arrière allongé pour des raisons d’efficacité aérodynamique lui avait valu le surnom de Long Tail. 

La 600LT gagne donc 30 chevaux par rapport à la version de base, c’est peu mais bien suffisant. L’ambition de la LT est avant tout la précision de conduite, la réactivité et l’efficacité sur circuit. La course à la plus grosse cavalerie, c’est bien trop vulgaire pour nos distingués Lords britanniques (la Senna ne fait “que” 800ch d’ailleurs, aviez-vous noté ?). Le système de refroidissement a été optimisé et les modifications de l’échappement semblent avoir suffit à obtenir ce résultat.

Extérieurement, les évolutions sont assez légères à l’avant avec un spoiler un peu plus marqué, en carbone apparent. Le profil est allongé de 74 mm par la présence de l’aileron à l’arrière, effet longue queue oblige, sur le même modèle que la 675LT. Le logo 600LT migre juste derrière la roue avant au lieu de se placer devant la roue arrière. C’est anecdotique mais amusant à écrire. C’est à l’arrière que se concentrent les modifications les plus visibles, impressionnantes peut-on même dire. La 600LT se pare d’un diffuseur double étage particulièrement imposant et débarrassé de ses échappements qui migrent sur le capot moteur, un peu comme une 918 Spyder. McLaren évoque un gain de poids de 12 kg et une efficacité renforcée de l’extracteur. Il se murmure également que la sonorité y gagnerait…

Du poids, parlons en un peu plus : la 570S est déjà considérée comme une voiture légère dans sa catégorie : elle pèse une bonne cinquantaine de kilos de moins que la déjà légère Porsche 911, sa concurrente directe. Alors qu’on se serait contentés de 35 kg de grappillés, McLaren nous annonce 96 kg de moins ! Tout y est passé : climatisation, sono et sièges baquets à la garniture plus symbolique que confortable. Gageons que les clients piocheront parmi les options s’ils souhaitent faire quitter la piste à leur monture. Il existe toutefois aussi des options MSO avec plein de carbone pour en gagner par ailleurs. A son poids à vide minimal, la 600LT pèse 1 247 kg.

L’intérieur est encore plus sobre et dépouillé que celui déjà plutôt minimaliste de la 570S. Les baquets sont ceux de la supercar hybride P1. Le message est clair : la voiture n’est pas faite pour enchaîner les weekends au long cours avec Madame (ou Monsieur) mais pour limer le bitume lisse des circuits du monde entier lors de trackdays brûlants. Pour cela, les trains roulants ont également été revus en profondeur. Le système de freins, étriers et disques, ets repris de la 720S. La direction a été rendue plus précise que sur la 570S. Sur ce denier point, elle ne m’avait pas semblé floue lors de mon contact avec la belle et tous les essayeurs louent la qualité et le toucher de la direction des McLaren… cela promet !

McLaren vise directement la 911 GT2 RS ou la Lamborghini Huracan Performante avec cette voiture. Elle s’annonce diabolique et sera disponible à l’automne 2018 avec une production limitée à 12 mois. Pas de série limitée annoncée donc mais le même sytème que Porsche avec la GT3 RS et la GT2 RS. Les capacités de la ligne de production font le reste. Il faudra signer un chèque de 185 000 £, soit grosso modo 200 000 €.

Elle forme un parfait hors d’oeuvre, tout à fait crédible, avant que la 7xx LT ne déboule bientôt sur nos routes. On l’a déjà dit, mais McLaren n’a que 7 ans et a pourtant gagné toute légitimité aux côtés des constructeurs de référence que sont Porsche, Ferrari et Lamborghini. L’exploit industriel ne peut être que salué. Où donc s’arrêtera-t-elle ?

Crédit photos : McLaren