Il y a quelques jours, Carlos Ghosn était à Dubaï pour la présentation officielle du nouveau Nissan Patrol et il a profité de ce moment privilégié, d’un auditoir attentif et peu virulent pour annoncer qu’ à la fin de cette année 2010, la marque nippone sauvée par Renault n’aurait plus aucune dette et il a bien confirmé, comme il l’avait déjà annoncé la semaine passée, que la marque avait renoué avec les bénéfices lors du dernier trimestre et qu’il souhaitait que Nissan revienne au premier plan sur tous les marchés mondiaux. La marque a même relevé ses prévisions de ventes pour cette année malgré une conjoncture qui s’annonce encore difficile ( …surtout pour Renault, mais c’est le problème de Mr Pélata ! )

Parlant du Moyen Orient, C.Ghosn a annoncé que Nissan est très loin de son potentiel et le PDG de la marque espère bien doubler rapidement les ventes dans cette partie du monde. D’ailleurs selon Carlos Baillo, un des responsables du groupe, il pourrait facilement se vendre 20.000 véhicules Nissan dans cette partie du monde. Interrogé sur la cas Toyota,  Carlos Ghosn a assuré que cela n’allait pas changer la donne sur le marché même si quelques concurrents de la marque japonaise possédaient un léger avantage tactique à court terme mais qu’il ne faut pas surestimer les conséquences de la situation montée en épingle par divers organisme, médias ou personnes  ! Et il s’est dit confiant dans le fait que Toyota réglera au mieux ce rappel de masse .

 De bien belles paroles optimistes, consensuelles voire même apaisées qui ne masquent pas le coté obscure de « Cost Killer » lors du fameux forum de Davos et qui tenait un tout autre discours notamment vis à vis de l’industrie automobile en Europe…

Je cite :  » Il faut absolument réduire la production automobile en Europe et même il faudra continuer en réduisant fortement la production sur les quelques sites restants… tout en s’assurant de bien mieux s’implanter en Europe de l’est, au Moyen Orient ou en Afrique notamment en y implantant bon nombre d’usines »

Carlos Ghosn de continuer suite à une question posée qui concernait les réticences des constructeurs à fermer des sites de production dans l’Union Européenne:  » … il y a et il y aura plein d’opportunités et de raisons de le faire ( sous entendu, la crise, la baisse du marché nous aident bien ! ) mais personne ou presque ne le fait car il faut, hélas, « financer » élever le coût d’une fermeture en Europe !

Nissan et Dacia mis à part, on ne peut, face à de telles déclarations, qu’avoir des inquiétudes pour l’avenir de Renault en France ou en Espagne, deux pays « étrangement » mis en avant pour les fameuses 2 millions d’autos électriques/an qu’annonce Carlos Ghosn dans ses grands moments de communication démagogico-automobiles et dont plus en plus de gens doutent sérieusement et objectivement ( notamment pour les véhicules genre Zoé EV ou Fluence EV …) .

 On ne peut pas être un tueur de coût partout et surtout appliquer partout la même démarche sans tenir compte de certains impératifs sociaux, culturels ou même commerciaux et ce sans parler du design ou de la technologie des autos car depuis le départ de L. Schweitzer, il n’ y a pas eu que du bon du coté de la marque au losange !

Attention au double jeu et aux retombées si les dires de Davos se vérifient ( la Clio 2012 fut un premier test, alors …méfiance ! ).

Via Reuters, laTribune, LePoint, PlanêteRenault.