Robert Kubica se remet progressivement de son accident lors du rallye Ronde di Andora en Italie. Il est toujours à l’hôpital Santa Corona à Pietra Ligure, près de Gênes, où il se repose avant d’entamer dans quelques semaines un travail de rééducation. Pendant ce temps, Nick Heidfeld, qui remplace le polonais au sein de Lotus Renault GP, prend de plus en plus une place de patron dans l’écurie.

La plus grosse crainte à la suite des premières opérations de sa main et jambe droite était le risque d’infection, qui aurai pu priver Robert Kubica de deux de ses membres : rappelez vous, deux équipes de chirurgiens s’étaient occupés à les reconstruire à la suite d’un terrible accident de rallye. Aujourd’hui, les craintes d’une infection est totalement écartés et il a quitté l’unité des soins intensifs pour celle qui s’occupe des liaisons nerveuses : c’est un long travail de rééducation qui s’annonce pour le vainqueur du Grand Prix du Canada 2008. Eric Boullier, le directeur de l’écurie LRGP, est venu rendre visite à son pilote, il y a une semaine, et nous apporte de bonne nouvelle : « Je l’ai vu ce matin vers 8h30. Il va plutôt bien et sa condition est très bonne si on considère ce par quoi il est passé. La bonne nouvelle c’est qu’il n’y a aucune complication suite aux opérations qu’il a dû subir« . Mais la vrai bonne nouvelle viens du docteur Rosello, qui s’était occupé de sa main lors des premières opérations, et qui continue de suivre le polonais : « Il peut déjà bouger ses doigts un petit peu et il a déjà retrouvé un peu de sensibilité dans sa main. Ce qui est très important c’est qu’il n’y a aucun signe d’infection, ce qui est notre principale préoccupation. Il n’a plus besoin d’être en soins intensifs, il a donc commencé la rééducation. Il a maintenant sa propre grande chambre afin d’être aussi bien installé que possible. Il a déjà commencé quelques exercices très légers pour sa main et d’autres pour commencer à plier légèrement ses doigts. Il n’a plus du tout de douleurs et sa condition psychologique est plutôt bonne. Il est bien sûr impatient de se lancer à fond dans le travail de rééducation. »

Malgré tout, les docteurs ne savent toujours pas quand il reviendra, et s’il pourra ou non reprendre un volant de Formule 1 en compétition : « C’est difficile à dire. Les deux prochaines semaines il restera ici pour qu’on puisse suivre sa condition. Pendant ce laps de temps, la possibilité de voir surgir une infection ou des complications demeure. Il faut donc changer régulièrement ses bandages. Dans deux semaines, on évaluera ce qu’il pourra faire. […] Il va devoir encore observer le repos au cours des deux ou trois semaines à venir. » Son manager Daniele Morelli explique qu’il est trop tôt pour spéculer sur un éventuelle retour : « Robert se remet bien mais pour le moment il est impossible de prédire quand et s’il pourra un jour retourner à la compétition. La physiothérapie passive a démarré mais il est trop tôt pour prédire un retour en F1. Il faut bien prendre garde à rester optimiste sans verser dans les hypothèses fantaisistes. A l’heure actuelle, il est tout à fait impossible de parler de délais. » Même si la rééducation a déjà commencé, Kubica et son entourage se demandent si le polonais devrait rester à l’hôpital Santa Corona à Pietra Ligure à l’entame de cette période déterminante. Pour autant, le docteur Rosello serait «  heureux de s’occuper de la rééducation de Kubica s’il le souhaite. Une décision sera prise dans deux semaines ».


D’un point de vue psychologique, Kubica semble avoir l’âme d’un guerrier puisqu’il a déjà prévenu qu’il voudrait revenir, mais encore plus fort : « Grâce à des méthodes particulières, je veux raccourcir ma période de guérison et revenir à la compétition avant la fin de l’année. Cet accident me rendra plus fort, comme cela m’était déjà arrivé par le passé. » On espère pour lui qu’il reviendra très vite, car du côté de Lotus Renault, Nick Heidfled est entrain de s’imposer en leader. Ce ne se fera pas forcément au détriment de Robert Kubica, mais surement à la place de Vitaly Petrov, qui doit bien se demander s’il sert à autre chose qu’à ramener des sponsors. L’allemand a impressionné son patron, Eric Boullier, dès ses premiers tours de roues dans la R31, aux essais privés de Jerez : « La façon dont il est arrivé dans l’équipe, son comportement à l’usine… il a été rapidement présenté aux ingénieurs et a parlé avec nous pendant une heure. Ensuite à Jerez, j’écoutais à la radio et de la façon dont il parlait aux ingénieurs, j’ai compris qu’il était déjà bien présent. Dès le matin, j’étais déjà à moitié convaincu. J’ai été surpris par le fait qu’il se positionne si tôt et si facilement en tant que leader. J’aurai compris que cela lui prenne plus de temps. Après son premier run, il demandait déjà des changements très clairs, comme s’il allait rester dans l’équipe. » Du côté de LRGP, on est donc sûr d’avoir fait le bon choix de remplacent, alors que d’autres noms, comme celui de Vitantonio Liuzzi, le troisième pilote de l’écurie Bruno Senna ou Pedro de la Rosa : « Liuzzi est bien meilleur que certains ne le pensent. Si nous avions plus de liberté d’essais privés, je me serais fait un plaisir de l’étalonner. Et d’autres aussi, volontairement laissés sur le carreau ou politiquement sacrifiés. Malheureusement, le peu de journées auxquelles nous avons droit nous interdit toute fantaisie. […] C’est lui (Nick Heidfeld, NDLR) qui remplissait le plus de cases sur le profil que nous avions établi avec nos ingénieurs. La seule interrogation concernait une éventuelle érosion de sa motivation après plusieurs années sans succès chez BMW qui l’empêcherait aujourd’hui de tout donner pour aller chercher un temps, ou d’exploiter les pneus. D’où l’exercice particulier que nous lui avait fait faire à Jerez. Et qui fut très positif. » Reste à savoir si cela ce concrétisera lors de la première course de l’année, à Melbourne en Australie, du 25 au 27 mars.

Via NextgenAuto

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