C’est aujourd’hui vendredi qu’ouvre la Conférence Environnementale qui marque le début d’une série de réunions, de consultations et d’études pour lancer la fameuse transition écologique dont avait parlé le président dans sa campagne. Fidèle à ce qu’il avait annoncé, François Hollande consulte avant de prendre une décision. A l’image de ce que fut le Grenelle de l’environnement sous le précédent quinquennat, la conférence environnementale doit tenter de préparer le terrain pour une loi de programmation en 2013/2014. Ministres, scientifiques, ONG, syndicats, entreprises, écologistes et quelques autres c’est à dire plus de 300 personnes sont conviées pour deux jours de discussion et de débat. Reste que si les 300 invités interviennent on risque de ne pas vraiment faire avancer le débat annoncé qui pourrait ne devenir qu’une simple scène où chacun vient exposer son pont de vue. Reste qu’à la tête de l’état on précise que la Conférence Environnementale est le début d’un grand mouvement vers plus d’écologie alors que le Grenelle fut la conclusion d’études, de discussions et de travaux d’études.

Reste qu’un député parisien n’a pas attendu ce vendredi pour faire sa déclaration sur le sujet. Il s’agit du député du XIIIeme arrondissement, adjoint au maire de Paris chargé de la santé, je veux parler de Jean Marie le Guen qui est aussi, souvenons nous en, un médecin… si si ! C’est sur son site que JM Le Guen déclare la chose suivante :” Pour lutter contre les particules fines, je demande aux pouvoirs publics d’avancer très vite vers l’interdiction des véhicules diesel dans Paris.”
Le député socialiste de poursuivre : “Le danger que font peser les particules fines sur la santé de nos concitoyens n’est plus une hypothèse mais une vérité scientifique désormais avérée que nous ne saurions ignorer plus longtemps. Ce sujet doit mobiliser l’ensemble des pouvoirs publics afin que toutes les mesures nécessaires soient prises pour protéger les Français d’une catastrophe sanitaire majeure. Ces mesures ne relèvent plus du principe de précaution mais d’une politique de prévention. Mettre un terme à la situation actuelle est un impératif moral, sanitaire et politique.Paris ne peut plus attendre et doit faire de la lutte contre les particules fines une priorité. L’idée intéressante des zones d’actions prioritaires pour l’air (ZAPA) doit rapidement entrer en application. Pour ma part, je propose d’avancer vers l’interdiction de circuler aux véhicules diesel dans la capitale. Cette interdiction devrait également être étendue aux autres véhicules particulièrement polluants de tous types afin de réduire efficacement la pollution atmosphérique.” 

Le député préconise donc d’interdire dans les prochains mois ou au pire dans les deux prochaines années tous les véhicules à moteur diesel  circulant dans la capitale française. Autos, VUL, poids lourds, camionnettes, bus, autocars, taxis diesel doivent purement et simplement disparaitre de la ville pour être bien sur… rejetés au delà du périphériques ! Je ne prendrais pas position mais quand même on est dans un peu dans “l’écologie citadine et bobo” qui veut que les citadins aisés aient droit à un air propre mais pas les banlieusards ou ceux qui font l’Ile de France. Ceci est un peu grotesque et accentué par des propos “très bobo écolos” qui disent : “J’entends l’argument de ceux qui prennent prétexte de franciliens fragilisés par la crise et qui n’ont d’autres choix que de recourir à leur voiture diesel pour venir travailler. Dans ce cas très précis, je préconise une politique de soutien renforcée à la substitution en direction de cette population, au demeurant bien moins importante que ce que certains ne prétendent.” 

A croire que Jean Marie Le Guen a oublié la politique pro diesel menée par la France depuis des décennies qui fait que des millions d’automobilistes ont délaissé les moteurs essence pour des moteurs diesel qui, on le sait tous, sont émetteurs de ces fameuses particules fines nocives à la santé et directement responsables de la mort de plusieurs milliers de personnes par an en France. L’OMS, l’INVS ou encore l’Afsset ont d’ailleurs dénoncé le fort risque cancérigène que présentent ces particules. L’OMS a par ailleurs évalué l’impact de cette pollution à une perte de 8-9 mois d’espérance de vie pour les Européens vivant dans les grandes métropoles.

Dans son discours, JM Le Guen ne s’attaquent pas uniquement au diesel, il en veut aussi aux grosses voitures (luxe et sport) à moteur essence puisqu’il dit : “Cette interdiction devrait également être étendue aux autres véhicules particulièrement polluants et de tous types (grosses berlines, voitures de sport) afin de réduire encore plus efficacement la pollution atmosphérique dans Paris.” Il appelle aussi les pouvoirs publics à mettre en place un outil fiscal écologique fort de façon à réussir la transition vers une capitale sans voitures. Si on lit entre les lignes, on comprend bien que l’homme veut une belle augmentation du malus, une taxation durable et pluri-annuelle sur les autos afin de favoriser l’achat des voitures électriques ou de celles à air … mais rien pour les hybrides si l’on en croit le propos du député.

Face à ces propos, on ressortira l’étude réalisée par Airparif  ( http://www.airparif.asso.fr/_pdf/publications/synthese_particules_110914.pdf ) qui explique que si l’on supprime les diesel et une partie des autos dans Paris, la diminutions des particules fines dans l’air ne sera que de 10% environ alors que si l’on s’attaque aux industries et aux systèmes de chauffage, on va diminuer d’au moins 50% la quantités de ces éléments nocifs. Une fois encore, un politique prouve qu’il est plus facile de s’attaquer au bouc émissaire qu’est l’automobiliste plutôt que de s’en prendre aux différentes industries, entreprises ou sociétés d’économie mixte qui sont liées à de puissants lobbys armés d’avocats, de chercheurs et surtout de financiers qui aident bien certains… quoi, moi euh non j’ai rien dit !

On pourrait continuer à mettre quelques arguments en travers de ceux de monsieur Le Guen comme :

– Les fameuses ZAPA qui ont du plomb dans l’aile au point que certaines villes vont les oublier
– Le report de la norme Euro6 voté par les politique
– Les embouteillages laissés à la banlieue pour ceux qui voudront rejoindre les gares SNCF, le métro ou les bus (électriques bien sur !)
– La nécessité de créer d’immenses parking pour stocker ces voitures interdites (pollution atmosphérique, destruction de l’environnement, coût financier)
– Incidence sur l’économie du pays sachant que PSA et Renault sont deux très gros producteurs de diesel
– Un trop fort malus sur les dernières voitures essence française du segment D ne signerailt-il pas leur mort ?
– Incidence sur l’économie parisienne
– En pleine crise du pouvoir d’achat, les franciliens ont ils vraiment les moyens d’avoir deux autos (dont une électrique), un garage pour la recharge

Et j’en passe ! Difficile de savoir si ces propos étaient là pour ouvrir un débat que nous avons déjà eu ou si ils sont le signe et la confirmation de la déconnection des politiques urbains vis à vis de la réalité de 98% des français… A voir !

MAJ 13h00 :

– Les écologistes par la voix du jeune sénateur J.V Placé (EELV) ont fait savoir qu’ils voulaient très rapidement une modification de la fiscalité sur le gazoil et une hausse substantielle de son prix à la pompe afin de la rendre plus cher que le SP95 (~+20/25 centimes)… je ne vous parle pas de la grogne générale (>60% du parc auto français est dieselisé et 98% du parc VU français roule au gazoil).
– Interdiction du diesel dans les plus grandes villes françaises avant 3 ans.
– Création d’une taxe spécifique sur les véhicules diesel.

Voilà les propositions avancées en fin de matinée à la Conférence Environnementale.

Via Europe1, BlogJmlg, Le Parisien.