Un joli coup de frais dans le monde des concepts cars qui ne font plus autant rêver : l’Infiniti Prototype 9.

Infiniti n’a pour ainsi dire aucun passé. Bâtie de toutes pièces il y a près de 30 ans, la branche luxe de Nissan se cherche pourtant un avenir en faisant un retour en arrière pour le moins spectaculaire. Sa source d’inspiration pour sa « Prototype 9 » est claire et évidente : les voitures de course des années 30 et 40, et au premier rang desquelles les fameuses flèches d’argent de Mercedes et Auto Union voulues par le leader moustachu et psychopathe de l’Allemagne d’alors.

Ajoutez quelques inspirations d’après guerre, voire même un peu de hot rodding à l’américaine sur base Ford Model B de 1932, et vous aboutissez à un des concepts cars les plus rafraîchissants de ces dernières années. Il est vrai que l’on frise largement l’overdose de SUV électriques profilés comme des parpaings et sans aucune âme, et qu’il serait temps de faire à nouveau rêver un peu, Rognutduju !

L’idée, toute simple : qu’est ce nous aurions réalisé si nous avions du construire une voiture de course dans les années 40 ? Si l’idée était un peu une boutade de designers au départ (dont Alfonso Abaida notamment), tout le monde chez Infiniti s’est pris au jeu et a décidé de la créer pour de vrai, au-delà de la tablette Cintiq. Seules la calandre et la mascotte de capot viennent rappeler que nous sommes devant une uchronie, une voiture qui ne devrait pas exister. Ah si, un petit détail : Project 9 est électrique. Oubliez le vrombissement du V12 ou le feulement d’un V16, Infiniti s’adapte à son époque et recycle élégamment le bloc de la prochaine Nissan Leaf sous son immense capot. Rien ne se perd… La motorisation est plutôt modeste : 148 ch et un couple de 320 Nm. Mais le poids contenu du prototype (890 kg) permet une accélération correcte avec un 0 à 100 km/h en 5,5 secondes et une vitesse maximale de 170 km/h. L’autonomie est limitée à 20 minutes en usage intensif grâce à une batterie de 30 kWh.

Si les dessous de la Prototype 9 sont modernes, la construction de sa carrosserie est totalement artisanale, à base de tôle d’acier formée au marteau à la main. Hélas, peu d’images du cockpit de la monoplace sont disponibles, mais le prototype sera exposé la semaine prochaine, nul doute que nous en verrons plus. Ah, pour ceux qui se posent la question, le nom de Prototype 9 vient de la prononciation du chiffre 9 en japonais, similaire à celle de la lettre « Q » en anglais, lettre présente dans les noms de tous les modèles de la gamme.

Merci à Infiniti pour ce joli proto. Ca fait rêver doucement d’un championnat de Formula E avec des voitures ayant ce type de dessin. Ca aurait de la gueule, non ?

Crédits photos : Inifiniti