Alors qu’on parle d’une possible réforme du permis de conduire pour les prochains mois ou avant la fin de l’année, une nouvelle disposition législative pourrait venir modifier son obtention dès cet été ou à la rentrée.

Permis de conduire et brevet de secourisme

Sur proposition de Jean-Pierre Leuleux, sénateur UMP des Alpes Maritime, le sénat a adopté mercredi dernier à l’unanimité, un texte de loi d’un seul et unique article qui stipule que les candidats à l’examen du permis de conduire seront formés aux notions élémentaires de premier secours en cas d’accident de la circulation. Cette formation sera sanctionnée dans le cadre de l’examen du permis de conduire. 

Si l’on en croit les propos du sénateur, cette nouvelle disposition légale pourrait permettre de sauver environ 250 à 350 vies par an si les témoins d’un accident étaient en mesure de donner les premiers soins vitaux aux blessés dans les premiers instants qui suivent le dit accident de la circulation. Cette formation aux premiers soins devrait enseigner aux candidats les bases du secourisme en milieu « routier » comme savoir alerter les secours, baliser les lieux de l’accident, ventiler un blessé, comprimer une hémorragie ou mettre une personne accidentée en PLS (position latérale de sécurité) afin d’augmenter ses chances de survie. 

Adopté par le Sénat ce projet de loi doit maintenant passer devant les députés. Ce devrait être chose faite dans quelques semaines et comme au Sénat, l’unité devrait se faire autour de ce projet qui mettra la France au même niveau que certains pays de Scandinavie ou les USA. Pour faire même un peu de zèle, certains députés envisagent d’ajouter au dispositif une mise à niveau obligatoire tous les 5 ans.

Reste que si l’idée de fond est louable, plusieurs questions méritent d’être soulevées, à commencer par le fait de savoir qui va dispenser cette formation aux personnes en formation au permis de conduire. Auto Ecole ? Centre Croix Rouge ? Ecole ? Formations privées diverses et variées ? La question doit être posée car on ne sait toujours pas si le prix de cette formation au secourisme sera inclus dans le prix du permis ou si cela sera en supplément et obligatoire. On ne perdra pas de vue que les collèges (et/ou lycées) proposent déjà une formation (facultative) au BSR, ce qui fait doublon…
On ne sait pas qui va contrôler les connaissances et les réelles compétences de l’élève au moment de l’examen. Est ce le rôle des inspecteurs du permis de conduire ? Faudra t-il faire appel à une personne supplémentaire (infirmier, pompier ou secouriste de la Croix Rouge) et qui va la payer ?
Enfin, on ne perdra pas de vue le fait qu’une personne en état de choc face à un ou plusieurs blessés dans un accident de la circulation ne sera pas forcément apte à intervenir (phobie, choc traumatique ou psychologique, peur du sang, stress, etc…). On peut aussi voir la possibilité d’un geste mal fait et de ses conséquences et dans ce cas qui sera responsable d’un décès ou d’une incapacité ? Les assurances ne vont elles pas finir par se retourner contre une personne qui sera intervenue sans succès ?

Il semble que dans ce débat politicien, nous n’avons pas l’avis des spécialistes des secours que sont les pompiers, les forces de l’ordre (Gendarmerie et Police), des médecins et infirmiers des SMUR ou SAMU. Etrange attitude sauf si le sénateur de la Cote d’Azur rassemble à lui seul toutes ces compétences…

Beaucoup de flou et d’interrogations autour de cette disposition qui, une fois encore, semble avoir été prise sous le coup de l’émotion et de la « puissance » des chiffres officiels de la Sécurité Routière. A suivre et à revoir notamment au moment du passage devant la représentation nationale de l’article L.221-3.

Via Gouv.fr (Sénat).