A l’occasion d’une invitation de Pirelli, nous sommes allés au centre de recherche et développement de Bosh, à Juvincourt. Nous en avons appris un peu plus sur ce leader mondial des pneumatiques. Laissons donc de côté notre chauvinisme (Pirelli est italien, si jamais) et laissez moi vous présenter quelques informations intéressantes que j’ai pu y glaner.

Tout d’abord, Pirelli revendique équiper majoritairement des voitures premium. C’est aujourd’hui le leader sur ce segment. Accessoirement, ils équipent les Formules 1 depuis 2011. Mais là où je n’attendais pas Pirelli, c’est ce qu’ils nomment le “perfect fit”.

Le perfect fit Pirelli et les critères de performance

Pirelli travaille en lien avec les marques pour développer ses pneus et les adapter spécifiquement aux modèles de véhicule et selon le cahier des charges des constructeurs. Pirelli a commencé à travailler ainsi avec trois critères dans les années 80 : le temps au tour, la tenue sur sol sec et la tenue sur sol mouillé. Ainsi, à l’époque, un pneu performant sur une Ferrari F40 se devait d’avoir de la tenue de route sur sol sec et faire de bons chronos. Une fois sur sol mouillé, je ne vous fais pas de dessin.

Ensuite, au fur et à mesure, des critères se sont additionnés selon la volonté des constructeurs, les exigences des clients ou encore les normes environnementales. On sous-estime bien souvent l’impact des pneus mais leur évolution considérable joue une part énorme dans l’amélioration de nos voitures actuelles. Ainsi, nous avons vu apparaitre d’autres critères comme le bruit, le kilométrage, le poids, le freinage sur sol mouillé… Pour au final obtenir aujourd’hui, chez Pirelli, une liste de 12 critères interdépendants les uns des autres. Ces critères vont plus loin encore que les étiquettes énergétiques.

Comme on vient de le dire, Pirelli met en avant son perfect fit et sa capacité à adapter un même modèle de pneu à différentes marques et modèles de véhicules. Mais dans les faits, comment cela se matérialise-t-il ? Il s’agit d’une procédure de 2 à 3 ans durant laquelle Pirelli co-développe le pneu avec le constructeur (2 à 3 mois). Puis, débute une longue phase de prototypage et de tests (2-3 ans) et enfin l’industrialisation (2 à 6 mois).

Le marquage pneumatique par les constructeurs

Mais comment savoir que tel modèle de pneu est celui qui correspond à votre voiture ? De plus en plus de marques apposent un logo sur le pneu. Les premiers à avoir initié cette tendance sont Porsche avec leur logo N0. Désormais, cette dénomination s’est développée en même temps que leur gamme avec N1, N2 etc. Ils ont récemment travaillé un nouveau marquage avec Pirelli pour la Porsche Taycan. En effet, les contraintes de l’électrique sont différentes, notamment à cause du poids des batteries.

Je n’ai malheureusement pas de visuel sur cette donnée. Mais une image très intéressante montrait différents Pirelli P Zero en 305/30R20. Pas deux n’étaient totalement identiques. Il s’agissait notamment d’une Lamborghini Huracan, d’une Ferrari 488 GTB et d’une Audi R8 V10. Non seulement, le dessin du pneu différait légèrement mais surtout le flanc. Le flanc du pneu de l’Audi R8 V10 disposait d’une lèvre supplémentaire probablement destinée à protéger la jante des trottoirs.

Un même pneu Pirelli s’adaptant à différents véhicules

Cela étant, en parlant du Pirelli P Zero, nous avons pu tester ce même pneu sur différents véhicules. L’intérêt était de pouvoir tester un modèle de pneu identique sur des véhicules très différents et de trouver des similitudes entre une BMW 850i et une Porsche 992 Carrera S, en passant par une Jaguar F-Type SVR. Croyez-moi, ce n’était pas une mince affaire. J’ai pourtant pu en retirer une constante. Le Pirelli P Zero est un pneu très progressif, qui met en confiance un pilote peu expérimenté. Pourtant, il est aussi capable de rouler très vite et de satisfaire des pilotes plus rapides et exigeants. Un baptême avec un pilote en Porsche 992 Carrera 4S aura eu presque raison de mon petit déjeuner.

De toute évidence, ce pneu a été développé d’une façon différente pour chaque constructeur. Le comportement typé GT d’une BMW 850i n’a rien à voir avec la très dynamique Porsche 992. Malgré tout, il conserve ses propres caractéristiques qui font sa force. Comme sa sportivité, sa progressivité et sa polyvalence. Le magazine Evo ne l’a donc pas placé premier pour rien lors de son test pneumatiques de 2019.

Conclusion : choisir le bon pneu

Que retenir alors ? Sans faire de la publicité gratuite pour Pirelli (nous ne faisons pas de placement de produit), il faut avouer que la marque est pleinement impliquée dans le développement poussé des pneumatiques. Bien au delà de l’aspect générique de certains de ses concurrents. Des marques comme McLaren ou Pagani lui font exclusivement confiance. Dans tous les cas, il est très important de veiller à ne pas choisir uniquement la bonne dimension de pneus. La prochaine fois, vérifiez au besoin que votre pneu a bien été développé pour votre marque de véhicule. Surtout si c’est une marque premium. Pour cela, aidez vous du tableau ci-dessus ou tournez vous vers votre revendeur. Ensuite, Pirelli ou non, je vous laisse faire votre propre choix.