Si l’on en croit les informations parues depuis hier soir, le président du directoire de PSA, Philippe Varin serait très sérieusement contesté ( ainsi que toute son équipe) suite aux mauvais résultats du groupe mais aussi à cause de l’alliance avec General Motors.

La fronde et la contestation de la gestion du groupe automobile français à la façon Varin ne vient pas de quelques salariés, de petits actionnaires ou d’un syndicat mais bel et bien de l’actionnaire principal de PSA, c’est à dire la famille Peugeot (25.2% du capital de PSA et 37.9% des droits de vote). L’actionnaire de référence de PSA fait fermement savoir qu’elle n’est pas du tout satisfaite de la situation actuelle du groupe et de la gestion globale de l’entreprise par Philippe Varin et son équipe dirigeante.

Ainsi depuis qu’il a succédé à Christian Streiff en mars 2009, la groupe automobile n’a cessé de voir sa situation se dégrader et au delà des difficultés conjoncturelles et économiques que nous connaissons tous, il semble désormais que l’alliance avec GM soit loin, très loin même de faire l’unanimité au sein des actionnaires et notamment de la famille Peugeot. Au bilan actuel de Varin, pertes de part de marché en Europe, bilan financier mitigé et allant vers le rouge, financement des futurs modèles non assuré, possible report des nouveautés et des investissements prévus, risque de clash social, fermetures d’usine, ventes des biens fonciers (tous payés depuis longtemps) du groupe et on en passe !

L’autre problème Varin vient de l’alliance avec GM qui semble ne plus du tout convaincre la famille Peugeot qui semble un peu avoir été mise devant le fait accompli sans que les dirigeants de PSA n’aient réellement chercher d’autres alliance ou partenariat notamment avec des constructeurs déjà associés à PSA. Ainsi on apprend que si le conseil de surveillance de PSA a approuvé le dossier GM, cela a été fait sans aucun enthousiasme ou autre proposition, aussi depuis quelques semaines les actionnaires, la famille Peugeot sont de plus en plus dubitatifs et divisés au sujet du rapprochement avec GM dont la branche européenne (Opel) est déficitaire et surcapacitaire depuis des années et des années. Ainsi l’éviction possible de Philippe Varin et de toute son équipe dirigeante pourrait marquer le retour aux affaires de la famille Peugeot qui ne semble avoir aujourd’hui qu’un seul frein à cette décision, qui mettre à la place de P.Varin ? On a ainsi l’impression que les Peugeot veulent désormais peser dans les décisions de l’entreprise mais aussi pour exercer un vrai contre pouvoir face à GM plutôt que de laisser l’entreprise américaine imposer ses choix chez PSA.

L’affaire GM semble en tout cas bien être au centre du problème car le rapprochement avec Opel (lui aussi pénalisé en Allemagne par cette alliance) n’est la garantie de rien ou presque. Les deux groupes automobiles jouent sur les mêmes segments, rien pour l’instant ne confirme les futures économies d’échelle annoncées et comme le dit La Tribune, la cas Opel Corsa “next gen” est presqu’un cas d’école puisqu’on a appris que la prochaine génération de la citadine de Rüsselsheim sera développée sur la plateforme de l’actuel modèle. Si l’affaire se confirme bien, ce n’est pas avant deux générations que l’on verra une citadine “commune” à Opel et PSA ce qui sous entend qu’on est pas près de faire des économies sur les autos du segment B. On attendra toutefois le dernier trimestre de cette année pour voir ce que vont dire les fameuses commissions d’évaluation et d’étude mais selon les informations actuelles, ça ne semble pas très bien engagé car on voit mal PSA abandonner la plateforme réussie de la 208 pour celle “objectivement” normale de la Corsa. La mise en commun de la logistique, la sortie (en douce) annoncée de Gefco, les fermetures annoncées d’Aulnay et les gros risques qui planent sur Rennes et Sevelnord sans parler des restructurations des autres sites ne sont pas faits pour rétablir la confiance aussi bien chez les actionnaires que chez les acheteurs et la famille Peugeot semble vouloir éviter une situation de crise à la Fiat SpA (finance et gamme) qui serait catastrophique pour Peugeot et Citroën.

Reste maintenant à attendre normalement le 25 juillet prochain et la présentation des résultats du premier semestre 2012 pour voir ce qu’il adviendra de Philippe Varin et… du site d’Aulnay sous bois ! C’est à suivre dans les premières semaines même si certains disent que la reprise en main par les Peugeot pourrait se faire plus rapidement si un remplaçant est trouvé.

Pour mémoire , Philippe Varin est agé de 59 ans, c’est un polytechnicien et un ancien des Mines qui, avant Peugeot a exercé des fonctions chez Pechiney et Corus. Il est arrivé chez PSA au printemps 2009 pour succéder à Streiff et à l’époque PSA disait : Philippe Varin a conduit le redressement de l’entreprise tant sur le plan industriel que sur le plan financier et il fera de même dans le groupe automobile français. A ce moment chez PSA, on pensait que Varin aiderait à l’accès à l’acier dans de très bonnes conditions ce qui n’est bien sur pas le cas depuis 3 ans. Enfin on n’oubliera pas qu’il a vendu Corus à Tata Steel et qu’il était encore resté deux ans à la tête du groupe sidérurgique afin de faciliter son absorption par Tata… non j’ai rien dit !

Je terminerais enfin par une remarque concernant PSA, le groupe automobile va bien quand il a des patrons salariés au long cours comme l’on été notamment Folz (qui a aidé à l’arrivée de Varin chez PSA puisqu’ils travaillaient ensemble chez Pechiney) ou Calvet.

Via LeNouvelObs, LaTribune,