639 millions d’euros en 2011 mais près de 700 millions d’euros en 2012 selon l’ANTAI (Agence Nationale du Traitement Automatisé des Infractions). En 5 ans le montant rapporté par les radars aura quasiment doublé puisqu’en 2007 ce sont 360 millions qui rentraient dans les caisses de l’état. Et si l’on en croit le porte parole du ministère de l’intérieur Pierre Yves Brandet, cette augmentation des gains des radars est simple et mécanique, plus de radars donc plus de PV ! En 2011, il y avait 3700 radars sur nos routes, en fin d’année 2012 ils seront par loin de 4100. Et si l’on croit certaines sources le mouvement n’est pas prêt de s’arrêter.

Pour rappel, l’objectif du fameux Comité Interministériel de 2009 était de parvenir à un parc installé et fonctionnel de 4.500 radars et autres dispositifs de contrôle automatisés des vitesses de circulation. Cet objectif était raccord avec l’annonce du chef de l’état de l’époque qui voulait moins de 3000 morts sur les routes fin 2012 ! Pour aller à 4500, il va donc manquer une nouvelle livraison de près de 500 radars et certaines sources venues du ministère rappellent que Mais on sait déjà qu’un certain rapport déposé en conclusion des travaux d’une mission d’information relative à l’analyse des causes des accidents prévoit la poursuite du déploiement jusqu’à un objectif de 5000 radars automatisés tous modèles confondus sur nos routes dont les nouveaux radars tronçon et les radars dits discriminants qui peuvent sélectionner leurs cibles (voiture, camion, moto). En l’état nous devons donc nous attendre dans les deux ou trois prochaines années à l’arrivée d’un millier de nouveaux radars !

Le porte parole ministériel explique aussi qu’avec l’évolution des technologies, le nombre de PV non traitables a considérablement diminué. Il y a 4 ans, environ 30% des flashs n’étaient pas exploitables et donc verbalisables, aujourd’hui ce nombre a quasiment diminué de moitié et il y a plus de radars… Par ailleurs, l’état poursuit la mise au point de tous les systèmes embarqués dans des voitures (nous en parlions il y a peu !)  qui permettrons de prendre les contrevenants (ou les délinquants ?) en toute discrétion sur la route et cela dans les deux sens de circulation.

Ces systèmes dits traditionnels sont désormais complétés par les radars de feux qui sont passés de 430 en 2010 à 630 un an plus tard. Ils ont relevé l’an passé plus de 1.3 millions d’infractions soit près du double de ce qui avait constaté une année plus tôt et il semble que la tendance ne soit pas à la baisse puisque l’on constate de plus en plus souvent le non respect des feux de signalisation. Et là on ne peut qu’estimer normale la sanction pécunière et en points sur le permis. Par ailleurs, la France a mis en place une coopération avec les services belges, luxembourgeois et suisses pour retrouver et poursuivre les contrevenants. Cette fin d’année ou début 2012, ce partenariat sera effectif avec l’Allemagne ce qui devrait permettre la sanction des automobilistes d’outre Rhin qui sont coutumiers des excès de vitesse sur nos autoroutes. Les automobilistes espagnols devraient eux aussi être au même régime. Certains (les amis de Mme Perrichon !) notent aussi un certain relâchement des automobilistes et une légère augmentation de la vitesse moyenne et le porte parole du ministère de nous dire : « On note une augmentation de 20% en avis de contravention pour excès de vitesse depuis le début de l’année sur l’ensemble du réseau routier français ».

Du coté des associations d’automobilistes, on grogne car il s’agit là de la mise en place d’un système répressif excessif à l’encontre des usagers de la route. Des projections démontrent que s’il y a une augmentation constante du nombre d’automobilistes flashés c’est essentiellement parce que la politique de sécurité routière est axée (trop facilement) sur la vitesse or il est désormais certain que la vitesse n’est pas première cause de mortalité sur les routes contrairement à ce que certains lobbys veulent nous faire croire ! ». Le représentant de 40 millions d’Automobilistes d’expliquer : « Vous trouvez en moyenne un radar tous les 1.015 km sur les routes départementales mais un tous les 42 km sur les autoroutes. Or seulement 5 % des tués le sont sur autoroutes. Où est la logique si ce n’est celle de la rentabilité et du tiroir caisse ? ».

Enfin le porte parole du ministère de l’intérieur de poursuivre en disant que la quasi intégralité des recettes sont reversées à l’insécurité routière qui coûte tout de même chaque années près de 23 milliards d’euros à la collectivité !

Via AFP, Ministère de l’Intérieur, ANTAI.