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Cette semaine on poursuit notre entreprise de réveil des concept-cars endormis en nous arrêtant, pour le quatrième volet de cette série, sur une petite française espiègle et futée, le projet Z17, la première Renault baptisée Zoé.

Bien avant l’actuelle Renault Z.E. Zoé, la petite citadine conçue pour nous faire aimer la fée électricité, et plus loin encore que le concept Zoé Z.E. vu à Francfort en 2009,( vous suivez?), Renault exposa, à Genève en 2005, un petit véhicule urbain haut de gamme dont le destin semblait tout tracé pour annoncer la future Twingo2. Patrick Le Quément, alors Directeur du Design Industriel de Renault, présentait le projet Z17 comme la vision d’un « véhicule de charme aux prestations dynamiques. Tout en rondeurs avec son avant très humain et son regard hypnotique, Zoé est le charme incarné. »

A l’époque, la Twingo1 de 1997 fait de la résistance dans les show-rooms aux côtés de la Clio2 phase2, le Modus, la Mégane2, la Laguna2, l’Espace3 et la Vel Satis. Dans l’historique des concepts au losange, la Zoé z17 se situe entre le coupé Fluence, le roadster Wind, le SUV Egeus et le break de chasse Altica.

 

Le design général est assez sobre pour un concept-car, pas d’élucubrations de designer. Mis à part quelques détails très typés showcar de salon, comme le pare-brise bulle, Renault présentait là une réponse crédible et industrialisable à la problématique du renouvellement  de la première Twingo.

Le rouge Ribera exprime le dynamisme du concept. Renault présente une très petite voiture qui n’a pas peur de se montrer virile et de parler aux hommes. Fait rare dans la catégorie, les photos officielles montrent une petite voiture à vocation urbaine conduite par un mannequin homme. pour l’amoureux des petites voitures que je suis, il n’en fallait pas plus pour que je sois piqué par cette puce et que je lui imagine des dérivés sportifs. Il est vrai que si cette Zoé revendique avant tout des valeurs d’élégance et de raffinement, certains éléments de design chatouillent avec bonheur la fibre dynamique des plus esthètes d’entre nous. L’empattement est long, les portes à faux très courts et les voies larges.

 

A l’avant, la vivacité du concept est exprimée par les entrées d’air traitées en demi cercles concentriques. Le petit capot plat nous éloigne du parti-pris monovolume de la Twingo. Sous certains angles, notamment vue du dessus, la frimousse de la Zoé prend des airs de R5. L’éclairage est très sophistiqué pour l’époque. Les diodes luminescentes à l’avant et à l’arrière assurent des effets lumineux inédits en 2005. A l’arrière, les anneaux transparents qui illuminent les feux en forme de globes de cristal apportent une touche futuriste à un design assez timoré, caractérisé par une vitre de hayon qui se termine en « V » comme le Koleos aujourd’hui. Le gros logo central qui surmonte le patronyme du concept est conforme aux codes stylistiques des concepts au losange de ce début de nouveau millénaire.

Le concept est bâti autour du constat qu’une voiture transporte, en moyenne, 1,4 personne. Mais, dans le même temps, des études clients montrent qu’une habitabilité réduite à deux places est un frein à l’achat. Pour éviter cet écueil et répondre au mieux aux études de mobilité connues à l’époque, les ingénieurs Renault font le pari du « juste milieu » en élaborant une offre inédite de véhicule à trois places + un coffre en « L » situé derrière le conducteur! Le tout dans une architecture très compacte de 3,45m de long, 1,68m de large et 1,42m de haut, propre à répondre aux contraintes de mobilité urbaine. L’abandon de la quatrième place permet aux trois passagers de voyager avec leurs bagages ou au conducteur seul de transporter des objets longs grâce au siège passager inclinable vers l’arrière. Plus question d’hésiter devant ce grand lampadaire qui vous tente tant, la Zoé de 2005 promet de devenir la partenaire idéale des virées shopping.

L’audace architecturale du concept se retrouve aussi dans le traitement particulièrement soigné des ouvrants. Le coffre de 297 dm3 ( soit 17% de volume en plus par rapport à la Clio2) est accessible de trois façons différentes. Le hayon est conçu pour une double ouverture, la lunette seule ou le volet entier. Et, pour encore plus de praticité, la Zoé Z17 propose même une vitre arrière gauche coulissante vers le bas pour accéder rapidement à la plage arrière ou au coffre qui, rappelons-le, se situe en grande partie derrière le siège conducteur. Si vous chargez ou déchargez votre coffre dans un parking ou un garage bas de plafond, le hayon et la lunette coulissent l’un par rapport à l’autre pour limiter la hauteur utile. Quand à la hauteur du seuil de chargement, elle laisse rêveur !

 

Dans cette même optique d‘encombrement réduit, les ouvrants latéraux bénéficient de deux modes d’ouverture différents. Classique pour le conducteur et à grande ouverture à double charnière pour les passagers avant ou arrière. La porte avant droite est motorisée sur trois axes afin de garantir une accessibilité maximale dans un encombrement minimum. Comble du chic et de la sophistication, les grands gabarits apprécieront qu’à chaque montée ou descente du véhicule, la partie latérale vitrée du pavillon se soulève.

 

 

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A bord, la Zoé Z17 dévoile un intérieur spacieux par rapport au gabarit extérieur où les maîtres mots sont ergonomie et intuition. Le département Matières et Couleurs a accouché d’une œuvre soignée, harmonieuse et séduisante où l’on retrouve bien sûr le soft touch si cher à Renault. La patte Le Quément est très présente à travers l’ultra sobriété des formes, la simplification des commandes, et l’identité organique et zen de l’ensemble. Tout concoure à véhiculer une montée en gamme voulue par Renault sur un segment où la Twingo a surtout brillé par sa rusticité et sa jovialité plus que par son raffinement. La forme générale du combiné d’instrumentations se retrouve indirectement dans certaines Renault d’aujourd’hui. Si l’éclairage des informations de conduite est particulièrement réussi, il n’en va pas de même du pavillon parsemé de diodes bleues au dessin de circuit imprimé, une surcharge décorative qui sert à éclairer l’habitacle de nuit et dont ce concept aurait pu ( ou dû) se passer. Les sièges ultra-minces en cuir beige ( encore une spécificité des concepts Renault) affichent un design végétal qui invite à s’y lover. La plage arrière est de style « suspendu » avec un matériau et un dessin qui apportent une touche de fantaisie au sérieux et au luxe de l’ensemble.

 

Ce qui ressemble à nos boîtiers de clés d’aujourd’hui sur les photos ci-dessous est, en 2005 pour Renault, un Pass. C’est en fait un outil de stockage des données personnelles des utilisateurs de la voiture. A l’usage, une fois branché sous le commodo droit, il permet à trois conducteurs potentiels de retrouver spontanément, et en un seul clic, une atmosphère  individualisée grâce à leur sélection de musique mais aussi au réglage des sièges ou des rétroviseurs.

 

 

 

Du point de vue mécanique, la Zoé a été conçue pour procurer un authentique plaisir de conduite à son pilote. Alors que la Twingo était souvent perçue comme un jouet, Renault veut repositionner son offre de petite voiture en faisant de ce concept une voiture « plaisir », en plus d’être espiègle et pratique. Sous le capot, très court, Renault a installé le 1,2l 16V turbocompressé de 100ch qu’on retrouva plus tard dans la gamme de la Twingo2 en finition GT. Son excellent rendement lui permet d’allier performances, respect des normes environnementales et consommation maîtrisée. La boîte de vitesse robotisée à cinq rapports se commande via des palettes au volant. La caisse est chaussée de larges pneumatiques montés sur des jantes de 18 pouces. Pour les besoins du salon, le carénage moteur a fait l’objet d’une réflexion stylistique poussée qui éloigne le moteur du monde du cambouis auquel il est traditionnellement attaché : Renault espère peut être qu’on ouvrira désormais son capot plus pour admirer le moteur que pour se pencher sur un problème de fonctionnement …

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Projet aussi sophistiqué que parfaitement pertinent, aussi réaliste qu’un rien onirique, le concept Zoé de 2005 a finalement presque innové pour rien. Certes son nom est resté dans l’histoire de Renault et  il désigne aujourd’hui une grande citadine électrique, mais son identité formelle et architecturale n’a jamais trouvé de réelle retombée industrielle chez Renault. Si une partie de ce désaveu s’explique par des raisons techniques liées à l’usage impératif de la plate-forme de la Clio2 pour développer le remplacement de la Twingo1, on regrette quand même qu’un peu plus d’audace stylistique, à l’image de ce concept, n’ait pas été retenue. Avec la Zoé Z17, Renault détenait une ligne sexy et consensuelle; la Twingo2 de 2007 fut, elle, très fraîchement accueillie par la presse à cause de sa fadeur excessive. Heureusement le public, lui, n’a pas boudé cet opus et en a fait un best seller, plus encore que la Twingo1. Le marché a toujours raison, alors, sur ce point commercial, ne revenons pas sur le passé. Contre toute attente, Renault a réussi le remplacement si compliqué de la Star Twingo1. Qui sait ce quel aurait été le destin d’une Twingo2 inspirée du concept Z17 ? Une chose est sûre, cette Twingo/Zoé là, aurait tenu la dragée haute à la prétentieuse Fiat 500 qui a eu le champ libre pour embraser tous les cœurs d’un marché européen morose. Dans quelques semaines, la Twingo3 sera en concessions, et on retrouvera le génie créatif de Renault à tous les niveaux de son offre de citadines, du déluré Twizy au binôme Zoé électrique et Clio thermique, en passant par une Twingo à moteur arrière et diamètre de braquage record ! La Zoé Z17 est restée dans les cartons, mais l’honneur est sauf.

 

 

Sources : Renault Presse – Photos : http://www.pinterest.com/renaultdesign/

Merci à Dominique – Community Manager à la Direction de la Communication Externe RENAULT pour la réactivité et le partage de données.

 

 

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La Renault ZOE ZE Concept – Francfort 2009.