Après douze années de bons et loyaux services, l’actuel Espace attend on ne peut plus impatiemment l’âge de la retraite. Qu’à cela ne tienne, son remplaçant prépare activement son arrivée, et compte bien amener avec lui son lot de nouveautés, si bien que pour ce nouvel opus, le nom d’Espace pourrait être mis au placard. Décryptage.

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Commercialisé depuis l’automne 2002, le Renault Espace, quatrième du nom, a connu deux restylages en 2006 et 2012 et, tel un vieux meuble, a vu défiler deux générations de Mégane et de Clio, assisté à l’arrivée des Koléos et Captur, mais aussi vu disparaître des modèles plus confidentiels comme l’Avantime, le Kangoo Be Bop ou la Wind.
Et l’air de rien, l’avènement des crossovers ainsi que la chasse au CO2 ont eu raison du segment des grands monospaces, qui est en petite forme depuis de nombreuses années déjà : ainsi, les Peugeot 807 et Citroën C8, dévoilés la même année que leur concurrent au losange, ont été retiré du catalogue voici quelques mois et ne seront pas remplacés.
Mais malgré cela, le monospace au losange sera quant à lui bel et bien reconduit : sans cesse reporté, c’est finalement en cette année 2014 que la nouvelle génération pointera le bout de son capot.

Un capot qui nous sera familier, puisque le nouvel Espace (qui sera fabriqué à Douai, dans le Nord de la France) s’inspirera très fortement du concept-car Initiale Paris, présenté au dernier salon de Francfort, en septembre 2013 : ces spyshots, que l’on doit à nos confrères d’Autoevolution et d’Autoweek, en attestent. La grande calandre, signature visuelle des nouvelles Renault, sera ainsi de la partie, tout comme les phares (pouvant être entièrement à LED de série ou en option selon les versions) au dessin très travaillé, et les feux verticaux.
Surtout, le modèle au losange semble céder aux sirènes des SUV. Jantes de gros diamètre, ceinture de caisse relativement haute, et pavillon de toit abaissé : le nouvel Espace a quand même plus d’allure.

Plus d’allure, mais aussi moins d’embonpoint : grâce à l’emploi de la nouvelle plate-forme CMF commune à Renault-Nissan, et qui équipe déjà les nouveaux Qashqai et X-Trail, le nouveau venu devrait afficher environ 200 kilos de moins sur la balance par rapport au modèle actuel. Une baisse de poids qui ne pourra qu’être profitable au comportement routier, et qui conduira par ailleurs ce nouvel Espace à diminuer les cylindrées de ses moteurs (qui pourront tous bénéficier, en option ou de série, de la boîte robotisée EDC) : en diesel, le modèle ne serait équipé que d’un seul bloc, à savoir le nouveau quatre cylindres 1.6 DCI,  disponible en plusieurs niveaux de puissance. L’offre devrait ainsi débuter à 120 ch, pour culminer aux environs des 200 ch, grâce à l’emploi de deux turbos (baptisée « Twin Turbo », cette technologie débarquera dès cet été sous le capot du nouveau Renault Trafic).
En essence, on devrait retrouver le nouveau moteur quatre cylindre 1.6 de 150 ch, découvert cette année sur les nouveaux Nissan Qashqai et X-Trail.
Outre ces moteurs à cylindrée diminuée, Autoevolution annonce que la voiture disposerait de quatre roues directrices, un système connu depuis 2008 chez Renault sur la Laguna : il s’agit, pour les roues arrières, de braquer (très légèrement – environ 5° sur la Laguna) dans le sens inverse des roues avant, pour faciliter la maniabilité et les manœuvres.

Ci-dessus, le concept-car Initiale Paris, présenté en 2013, et qui inspirera fortement le remplaçant de l’Espace. On en parle ici.

Plus dynamique, plus écologique, le remplaçant de l’Espace s’affichera comme le porte-étendard de la gamme Renault : à ce titre, il est fort probable qu’il soit le premier modèle du constructeur français à écoper de la nouvelle griffe Initiale Paris, annoncée depuis quelques mois par Renault et confirmée hier par Dominique Thormann :

« Nous avons travaillé afin de redonner une image plus premium à certains véhicules, notamment en matière de technologies et sur des segments que nous contrôlons et pouvons comprendre. Vous en aurez un bel exemple lors du Mondial de Paris en octobre » a déclaré le directeur financier de Renault, Dominique Thormann à nos confrères d’Automotive News.

« Nous nous sommes attelés à reconstruire une sensation premium dans un certain nombre de véhicules produits en quantités limitées »

Cependant, nous ne savons pas encore si Initiale Paris sera simplement un niveau -aussi haut soit-il- de finition, ou bien un véritable label qui sera agrégé à certains modèles de la marque.

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En fait, le design de ce nouvel opus n’est doublement pas une surprise : si le véhicule parachève ses tests routiers camouflé, un dépôt de brevet avait déjà révélé son design définitif au mois de Mars. Blog Automobile avait par ailleurs abordé le sujet.

Long d’environ 4 mètres 85, le remplaçant de l’Espace, qui ne sera par ailleurs disponible qu’en une seule longueur contrairement à aujourd’hui, et qui devrait abandonner les sièges individuels de l’Espace IV, au profit de sièges escamotables sous le plancher, suscite encore quelques interrogations, même si son design, qui lorgne sérieusement du côté des crossovers, est connu dans ses grandes lignes. De nouvelles orientations (moins…d’espace, plus de dynamisme) qui conduisent même certains médias à affirmer que ce nouvel opus troquerait le nom d’Espace pour celui d’X-Space, une décision qui susciterait l’étonnement tant l’Espace (qui fête ses trente ans de présence dans la gamme Renault cette année !) est devenu une institution, au fil des ans, chez le constructeur au losange.
Fin du suspense annoncée pour le mois d’octobre, date à laquelle celui que nous appellerons Espace V sera présenté au public à l’occasion du Mondial de l’Automobile de Paris, pour une commercialisation début 2015.

Douze ans que la quatrième génération de Renault Espace est présente au catalogue ! Ci-dessus, vous pouvez voir l’Espace IV Phase 3 de 2012, héritant de la nouvelle calandre de Renault.

Sources : Renault, l’Automobile Magazine, Caradisiac.
Crédits photos : Autoevolution, Autoweek.nl.