Dans la courte histoire de DS, marque statutaire de PSA, il n’a jamais existé de berline classique, carrosserie pourtant emblématique du haut de gamme. En tous cas en Europe, car le marché chinois avait déjà eu droit à une DS5 LS, version à coffre de la DS5. C’est avant tout en ayant à l’esprit l’Empire du milieu que DS nous propose, enfin, une vraie berline : la DS9.

Balayons d’un revers adroit de la main votre remarque acerbe : oui, la DS9 ressemble bougrement à une 508 et, je dirais même plus, à une 508 L son dérivé à empattement long. C’est bien normal : la plateforme (EMP2) est strictement la même, ce qui induit fatalement une certaine similarité des traits, notamment sur le ¾ arrière. Certains y verraient également des ressemblances avec une BMW Série 8, ou avec une Lexus. Toujours est-il que l’arrière fait nettement « déjà vu », y compris les jolies optiques à facettes fortement inspirées de celles du SUV DS7 Crossback.

Pour ce qui est de la proue, elle a été totalement renouvelée en usant des codes stylistiques propres à la marque : grande calandre en trapèze constellée de chromes, et bouclier largement échancré. On retrouve également les optiques multiples de la DS7 et la signature lumineuse en fanons. L’ensemble fait solide, et n’est pas sans rappeler certaines productions d’Audi, notamment dans la forme de la calandre. On aura vu pire comme références.

Le profil est plutôt élégant et statutaire, l’empattement long aidant nettement à « asseoir » la silhouette de la voiture qui s’étire sur 4,93 m. Et contrairement à la 508, la DS9 est une véritable tricorps à coffre, sans hayon, la seule voiture française du genre si je ne m’abuse ! Petit détail qui à son importance à ce niveau de gamme : les poignées de porte fixes sont remplacées par des palettes rétractables, jugées plus élégantes et premium.

Premium, justement, tel semble être le leitmotiv de DS qui a hélas jugé bon d’ajouter du chrome à outrance. On en retrouve ainsi sur les feux arrière, la custode et surtout sous la forme d’une vilaine baguette en plein milieu du capot. Espérons que ce dernier ajout soit optionnel, ou réservé aux marchés asiatiques ! Petit détail que les plus jeunes ne comprendront pas forcément : les rappels de feux de position sur l’arrière du pavillon, comme sur l’illustre devancière DS. Il ne s’agit pas ici de clignotants, probablement pour raisons d’homologation.

Dans l’habitacle, DS a réutilisé une grande partie des éléments de la plutôt réussie DS7 Crossback. L’instrumentation numérique et la console centrale sont intégralement repris, au détail près des aérateurs, légèrement modifiés. La montre BRM fait également partie du voyage, selon les versions.

Les places arrières seront particulièrement chouchoutées : l’empattement de 2,90 est très généreux pour ses occupants et les sièges peuvent chauffants, ventilés et à réglages électriques. Nul doute que la DS9 saura trouver sa place prochainement dans les cours des ministères, et ça aura bien plus d’allure qu’un SUV, non ?

Mais un haut de gamme, c’est aussi un motorisation performante. Et là, DS a bien été obligé de se débrouiller avec la banque d’organes du groupe, qui ne compte plus de blocs dits “nobles” tels que des V6. C’est donc le bon vieux 1.6 THP, rebaptisé PureTech, qui reprend du service, moyennant une sévère cure de vitamines électriques. Le haut de gamme sera ainsi doté d’un bloc hybride E-Tense développant 360 ch, doté d’une transmission intégrale. Il s’agira d’ailleurs là de la française la plus puissante du marché à l’heure actuelle. La gamme se déclinera également en 225 ch E-Tense (dotée d’un électromoteur de 110 ch), en 250 ch E-Tense (dotée d’une importante autonomie en électrique seul) et d’un bloc essence 225 ch, non hybride. Pas de diesel au programme.

Les tarifs de la DS9 ne sont pas encore connus, sa commercialisation intervenant au second semestre. Elle sera exclusivement fabriquée en Chine, qui sera probablement son marché principal.

DS ose enfin sortir un véhicule haut de gamme statutaire classique, je dirai presque “à l’ancienne”. Le marché français est hélas devenu peu friand de ce genre de voitures, mais il est pour autant indispensable pour avoir une certaine légitimité et être une alternative crédible face au trio germanique. Jaguar ou Alfa Romeo ont bien du mal à être présents sur ce marché, souhaitons bien plus de chance à DS.

Crédits photos : DS