Logo-Renault-détourné-7500 suppressions d'emplois

Dans le cadre de la 6eme réunion sur la compétitivité, la direction de Renault a annoncé ce mardi aux différents syndicats présents dans l’entreprise qu’elle envisageait de réduire ses effectifs d’environ 7500 personnes d’ici à 2016.
Selon les dirigeants du constructeur français, c’est une réduction de 15% de sa masse salariale française que souhaite mettre en place l’entreprise et ce, sans envisager la moindre fermeture d’usine, le moindre plan social ou plan de départ en retraite. Pour « bien » commencer Renault compte sur près de 5700 départs naturels c’est à dire départs en retraite, fins de CDD, contrats précaires ou intérimaires. Ainsi tous ces départs que l’on peut considérer comme normaux ne seront pas remplacés ce qui évite un plan social !

Pour passer de 5700 à 7500 postes supprimés, la direction de Renault souhaiterait étendre à tous les salariés l’actuel dispositif de départs anticipés et volontaires de fin de carrière. Jusqu’à aujourd’hui, seuls les ouvriers (ETAM) exerçant un emploi pénible, agés de plus de 58 ans pouvait profiter de ce dispositif de départ de fin de carrière mais la direction du constructeur travaille ardemment à l’élargissement du champ d’application de cette mesure afin que toutes les catégorie de salariés de Renault profitent d’une dispense d’activité jusqu’à l’âge de liquidation de leur retraite et ce, avec une suspension de contrat qui sera rémunérée à hauteur de 75% du salaire.

Les dirigeants de Renault ont tenté de convaincre les représentants syndicaux qu’au moins 3000 salariés de l’entreprise étaient susceptibles de profiter de cette mesure si elle était élargie à l’ensemble des personnels de plus de 50 ans qui représente plus de 35% des effectifs du constructeur français. Selon les syndicalistes présents à la réunion du jour, tous les secteurs de l’entreprise et presque toutes les catégories salariales seraient concernées par ce projet de diminution des effectifs associé à des départs en retraite anticipés. Ainsi en plus de la production, les services tertiaires, l’ingénierie et même la R&D seraient dans le collimateur.
Cette mesure sociale qui pourrait en fait être plus importante que prévue si l’on en croit les délégués CGT qui estiment que Renault viserait la suppression de près de 8300 emplois et pas loin de 800 embauches ce qui porterait le plan non à 7500 suppressions de postes mais à 9100…

Les postes non renouvelés et les départs permettraient ainsi à Renault d’économiser au moins 400 millions d’euros sur les frais fixes de l’entreprise. Ce substantiel gain financier doit permettre de retrouver des marges de manœuvre afin de développer l’ensemble des activités, de réaliser les recrutements dont Renault  a besoin pour l’avenir mais aussi d’investir dans de nouveaux projets tout en permettant d’avoir une possible croissance de la production en France qui soit plus soutenue que celle du marché automobile européen. Reste à savoir où en sera le marché en 2016 !
Après l’affaire espagnole et l’accord signé, la direction de Renault met la pression sur les syndicats français pour qu’ils signent le nouvel accord de compétitivité et la direction d’ajouter : « Si un accord venait à être signé avec les organisations syndicales, ce redéploiement des effectifs ne nécessiterait ni fermeture de site, ni plan de sauvegarde de l’emploi, ni plan de départs volontaires. La mise en application du plan de compétitivité ouvre aussi la porte à la venue de travail pour des partenaires de Renault. » Des propos qui sont en phase avec ceux tenus par Carlos Ghosn il y a quelques semaines. Mais du coté des représentants syndicaux on est moins enthousiastes et on met en avant le fait que ce projet peut être mis en place mais il exige des contreparties de la part de Renault qui ne  peut indéfiniment exiger toujours plus et moins cher avec moins de salariés. La CGT, comme c’est presque tout le temps le cas est moins heureuse et affirme même qu’il faudra bouger car ce projet est une catastrophe pour toutes les catégories de personnel de l’entreprise. Un gros dossier à suivre avec attention dans les prochaines semaines et prochains mois si l’on veut éviter un clash à la Vilvorde.

Via LesEchos, AFP, Metro.