Y’a le feu dans la gestion des hommes chez Renault !

Renault - suicide d'un salarié à Cléon

« Tu expliqueras ça à mes filles, Carlos.
Merci Renault. Merci pour ces années de pression, de chantage de nuit. Renault où le droit de grève n’existe pas. Ne pas protester sinon gare… La peur, l’incertitude de l’avenir sont de bonne guerre, paraît-il ? » 

Voilà les dernières lignes écrites par ce salarié de Renault, agé de 35 ans, père de deux enfants et employé chez Renault depuis 13 ans. Sans détour l’homme à bout, miné par le management mis en place par le patron de Renault et ses équipes l’homme avant de mettre fin à ses jours s’est adressé directement au patron de l’entreprise automobile.
Bien sur ce suicide n’est probablement pas imputable à la seule pression dans le travail mais peut être entre soucis personnels et soucis au boulot, l’homme n’a pas supporté d’être pris en grippe et en permanence dans le collimateur de la direction du site depuis qu’il a pris part aux grèves et réunions contre le fameux projet « couperet » d’accord compétitivité-emploi que Carlos Ghosn veut imposer à toute l’entreprise notamment en France si nous voulons garder des sites de production dans le pays.

La CGT et d’autres syndicats ont demandé la tenue en urgence d’un Comité d’hygiène et de sécurité pour montrer la responsabilité de Renault dans ce nouveau décès qui fait suite à bien d’autres (on pense à Guyancourt). De son côté, le constructeur explique qu’il à cœur de comprendre les raisons de ce suicide dans une usine du groupe. La direction de Renault se dit aussi émue et s’associe au chagrin de la famille, des salariés du site et à celui des collègues de travail du salarié. Dès hier la direction a mis en place une cellule psychologique pour le site de Cléon.

Enfin on a appris que le parquet de Rouen avait ouvert une enquête pour en savoir plus et déterminer les raisons de ce suicide sur le lieu de travail. Reste qu’une fois encore, on note les limites du management et de la gestion des hommes comme le font aujourd’hui les SRH dans les entreprises qui ne voient (à cause de la pression économique et de financière) que des numéros et ne considérent les salariés que comme des pions et des charges et non comme des hommes et partenaires à la réussite de l’entreprise ! Bien dommage.

Via LeFigaro, LeMonde.