C’est à l’occasion du DPC (Diesel Powertrain Congress) qui se tenait à l’INSA de Rouen que la nouvelle est tombée. Les responsables de Renault ont fait savoir à l’assistance, et même un peu plus, que le constructeur se lançait dans le développement de la technologie hybride pour certains de ses futurs modèles.

Au sein de l’Alliance, Renault aura un autre positionnement que celui d’Infiniti l’autre marque du groupe qui produit un modèle hybride, la M35h. Ainsi Infiniti est chargé de ce que l’on appelle le “full hybrid” et Renault aura la charge du “mild hybrid”, une technologie plus légère qui est développée autour d’un groupe propulseur composé d’un moteur thermique avec une petite batterie, un alterno-démarreur et bien sur un petit moteur électrique. L’ensemble sera associé à un système Start & Stop et une récupération de l’énergie au freinage. Chez Renault, on parle d’un super S&S et pour l’instant on envisage d’associer cette technologie aux nouveaux moteurs 1.2 L TCe 115 et 1.5 L dCi Energy. Le constructeur français semble vouloir réserver cette technologie au véhicules des segments B et C. Par contre, avant de retrouver cette technologie “mild hybrid” sur une Renault il nous faudra patienter environ quatre bonnes années ce qui parait tout de même très long pour une technologie qui apparait comme une évolution du système dit “micro hybride” de PSA ou du S&S de dernière génération de Valéo.

On est tout surpris de cette annonce alors que nous sommes en pleine période ZE chez Renault puisqu’entre l’automne 2011 et l’automne 2012, le constructeur aura mis sur le marché trois voitures (Kangoo, Fluence, Zoé) et un quadricycle (Twizy) électriques ce qui n’est pas rien. Alors est ce un revirement de la politique industrielle et commerciale qui s’annonce chez Renault ou bien est ce une nouvelle perception du marché des VE en Europe et dans le monde qui fait dire à la direction du constructeur qu’il vaut mieux ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. Il faut tout de même reconnaitre objectivement que le commerce des voitures électriques est pour l’instant et pour encore assez longtemps voué à rester une simple niche du marché tant que la technologie ne sera pas parvenue à proposer des voitures électriques viables au quotidien (il n’y a que Tesla qui semble aujourd’hui posséder une technologie capable d’assurer des prestations normales et vivables mais c’est encore à un prix très élevé).

Aujourd’hui et pour encore pas mal d’années, l’hybridation, le downsizing ont encore un bel avenir assuré et si la voie “full electric” choisie par Renault a au moins le mérite du courage à défaut de celui de la réussite,  il est bon de noter que l’élargissement des technologies utilisées par le constructeur lui permettra d’assurer des positions plus confortables sur le marché et donc sa pérennité à moyens et longs termes. C’est une affaire à suivre dans le futur et on espère qu’il ne faudra pas attendre le second semestre 2016 ou le début 2017 pour découvrir des Renault hybrides.

Via L’Usine Nouvelle.