Et quel coup de tonnerre que celui qui vient de frapper Renault, puisqu’on a appris ce jeudi que la co-entreprise lancée à grand coup de com’ par le ministre de l’industrie en place en 2009, un certain Christian Estrosi, ne verra jamais le jour.
On sait donc que Renault va devoir oeuvrer seul pour sa future usine de batteries de nouvelle génération qui doit être installer à Flins en 2014 ou 2015, si les fonds sont là car le FSI ( Fond Stratégique d’Investissement ), le CEA et l’état français se retirent définitivement du projet .
Au final, ce sont les 125 millions d’euros que le FSI devait amener qui passe à la trappe, les 5 millions du CEA et le prêt de 100 millions d’euros que l’état devait faire qui partent en fumée. L’état français via le CEA et le FSI devait investir à hauteur des 2/3 du projet ( ~ 225 millions d’euros ) et Renault amenait les 125 millions restants. Las, le constructeur automobile se retrouve désormais seul pour la construction de sa nouvelle unité de production mais aussi pour le développement de batteries de nouvelle génération.
Officiellement, et probablement avec une belle langue de bois, on affirme tant du coté de l’état français que de Renault, que le constructeur voulait être plus indépendant car le dossier est d’une grande complexité tant juridique qu’industrielle et devant le nombre important d’intervenants, il semble officiellement encore que Renault a voulu simplifier les choses.
Renault voulant maintenant s’affirmer comme seul maitre du projet, le prêt de 100 millions destiné au projet Zoé est lui aussi abandonné. Renault va donc devoir tout investir sur ses propres deniers ou avec ses propres financements. Carlos Ghosn, en visite ce jeudi matin chez le ministre de l’industrie Eric Besson a bien confirmé que s’il était reporté de deux bonnes années au moins, le projet destiné à Flins n’était pas abandonné ( pour le moment ?? ). Le constructeur a par ailleurs assuré au ministre que Flins assemblerait bien des packs de batteries avec des produits en provenance du Japon et fabriqués par Nec et Nissan. Ainsi les Renault ZE disposeront dès 2014 des batteries les plus évoluées destinées à la Leaf.
Du coté de l’état français, on explique à qui veut l’entendre qu’il était difficile pour l’état via le FSI , d’investir dans un projet complexe et retardé à priori pour des problèmes technologiques. Reste que le problème de l’obsolescence des batteries actuelles oblige Renault à faire de gros efforts dans les bureaux de R&D afin de pouvoir produire dans quelques années des produits plus performants que les actuelles batteries lithium-ion qui risquent bien de prendre très vite un vrai coup de vieux en matière de performance énergétique. Du coté de Renault, on refuse ce discours et on préfère mettre en avant la qualité des batteries NEC qui équiperont les Renault ZE dès la fin de cette année.
Reste que cet évènement qu’il ne faut pas négliger vient s’ajouter à la rude période que les voitures électriques traversent en Europe mais pas seulement. Pour mémoire, on n’oubliera pas les petits niveaux de ventes des Leaf et des Volt, la faillite de Th!nk ( peut être racheté par un entrepreneur turque qui délocalisera la production en Turquie si le « deal » se fait ), le projet Autolib’ qui a du plomb dans l’aile avant même de débuter ( retard chez Bolloré et principe non rentable selon les dernières études qui font que la mairie de Paris se retranche dérrière une clause du contrat qui prévoit que Bolloré assumera seul les pertes… et là il semble que tout ne soit pas rose ! ), l’absence de réels investissements des collectivités locales dans le domaine des VE, de moins en moins de VE annoncés par les constructeurs automobiles et le retour sur le devant de la scène des hybrides, l’absence de soutien des écologistes raisonnés et j’en oublie.
Une situation générale et un climat qui marquent peut être la fin d’une sorte de pseudo miracle vert promis par la fée électricité au profit d’une certaine lucidité et d’un pragmatisme lié aux marchés.
Un dossier Renault à suivre dans les prochains mois et notamment lors de la livraison des premières ZE qui nous donneront une tendance pour le marché français… qui ne devrait pas être bien différent des autres marchés de l’UE.
Via Latribune, L’UsineNouvelle, AFP.