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Et non ! Cette fois-ci, ce n’est pas Romain qui fera le résumé d’une épreuve sportive, puisque j’ai eu la chance d’être invité par Volkswagen pour pouvoir observer au plus près le premier (et mythique !) rallye de cette saison…

Avant de commencer, petite introduction en chiffre : 1° rallye de la saison, qui en comptera 13 au total. 82° édition. 15 spéciales. 3 jours de course. Parcours modifié à 90% par rapport à l’année précédente. 72 voitures au départ, et 28 abandons. 1 nouvelle équipe en WRC : Hyundai. Maintenant que tout cela est posé, place au jeu !

N’étant arrivé à Monaco que le vendredi en fin de soirée, je n’ai donc pas pu assister aux deux premières journées. Mais rien que pour vous (enfin, pour moi aussi du coup), voici ce qui s’est passé le jeudi et le vendredi :

Ça commence fort dès le jeudi matin, car la neige s’invite sur la troisième spéciale. Sans possibilité de revenir au service park entre deux épreuves, le choix des pneus se révèlera crucial. Si les partisans des pneus slick rouleront très vite sur les deux premières (Robert Kubika en profitera pour rafler les victoires à chacune d’entre elles), les « prudents », ayant opté pour des pneus neige, auront un avantage décisif sur la dernière étape de cette matinée. Ainsi, c’est Bryan Bouffier, sur Fiesta RS, qui finit en tête avec plus de 13 secondes d’avance sur K. Meeke (DS3 WRC) tandis que D. Sordo (Hyundai i20) occupe la troisième place du podium. Les Volkswagen sont plus à la peine, puisque S. Ogier pointe à la 9° place, A. Mikkelsen à la 11° et J.M. Latvala à la 12°, à plus de trois minutes du premier ! En tout cas, s’il y a une équipe à plaindre, c’est bien Hyundai, puisque les deux voitures (conduites par Thierry Neuville et Dani Sordo) devront toutes les deux abandonner durant la matinée. Triste début pour cette toute nouvelle écurie. F. Delecourt (Ford Fiesta) n’est pas mieux loti puisqu’il est lui aussi éliminé dès la première spéciale. L’après-midi, lors des seconds passages sur les tracés du matin, les stratégies ont été revues et les Polo arrivent en force ! Si J.M Latvala remporte la première épreuve, c’est Sébastien Ogier qui termine en tête des deux autres. Ainsi, si Bryan Bouffier conserve sa première place, il est suivi par K. Meeke à 39s puis par R. Kubica 2s derrière. S. Ogier, bien aidé par sa remontée fantastique de l’après-midi, termine cette première journée à la 4° place.

La SS04 vue par Sébastien Ogier

L’i20 de Thierry Neuville est salement amochée

Après une bonne nuit de sommeil, il est temps que les pilotes reprennent le volant pour cette deuxième journée. Nuit qui a dû être favorable à Sébastien Ogier, puisqu’il imprime dès le départ de la première (et loooongue) spéciale de 49 km un rythme très soutenu, bien décidé à gommer son avance sur la surprise du week-end, ce cher Bryan Bouffier. Et il n’y arrive…qu’à moitié, puisqu’en fin de matinée c’est toujours le pilote indépendant qui conserve la tête du classement général, avec 35 secondes d’avance. Mais l’après-midi sera fatal à cette hiérarchie, puisqu’après un judicieux choix de pneus, Sébastien Ogier s’empare de la première place ! B. Bouffier est à 51 s derrière lui (notamment dues à un malheureux tête-à-queue) et K. Meeke est troisième, avec 1:38 de retard ; malheureusement, il faut dire au revoir à Robert Kubika, victime d’un accident alors qu’il bataillait avec Meeke pour la troisième place.

A bord de la DS3 de Mats Osberg lors de la 9° spéciale

Au revoir Robert !

Mais déjà arrive le samedi. Etant sur place, je peux enfin vous donner mes ressentis et des informations plus précises… Le programme était fort alléchant. Voyez plutôt : accès au service park en pleine effervescence, puis départ en hélico pour la mythique spéciale du col de Turini pour ensuite assister à celle du col de Brouis et enfin repartir au service park, toujours en hélico. Le rêve… Mais la météo absolument immonde fera que les plans devront être chamboulés : nous ne pourrons assister qu’à la spéciale du col de Brouis et nous ne pourrons approcher le service park que lors de l’arrivée des concurrents. C’est mieux que rien ! Le transfert se fait donc en bus pour arriver au Set-Up VW installé à quelques encablures du col et où, bien au sec et en train de plonger mes rouleaux de printemps dans une petite coupe de sauce, je pensais avec émotion aux spectateurs répartis le long de la route, à moitié protégés de la pluie par une bâche suspendue à la hâte et menaçant de s’envoler à chaque instant, et qui essayaient de faire démarrer un maigre feu de bois pour tenter d’y cuire quelques merguez. Que la vie est dure lorsqu’on est invité par VW.  Et, pour nous faire passer le temps avant que les premières voitures ne déboulent devant nous, un gentil monsieur, un certain Ari Vatanen, est venu nous faire la conversation et nous raconter quelques histoires, anecdotes, et son incroyable victoire au Monte Carlo 1985, où il a dû rattraper une pénalité de… 8 minutes. Son français parfait, sa patience, son enthousiasme ont rendu le moment extrêmement agréable : un grand merci à lui ! Mais il est déjà l’heure de sortir sous un temps exécrable afin de regarder les concurrents se batailler. A l’issue de la première montée du Turini (tout enneigé), c’est Ogier qui est en tête du classement de cette dernière journée, suivi par Latvala et, bien entendu, Bryan Bouffier. L’ordre de départ étant dans le sens inverse du classement, il faudra donc attendre encore un peu avant qu’arrive le trio de tête. L’avantage des voitures de rallye, c’est qu’on les entend arriver bien avant de les voir surgir : on a donc le temps de se positionner dans une épingle, en espérant des gros travers bien spectaculaires au point de corde. Raté : malgré la pluie diluvienne, les trajectoires resteront remarquablement propres. Tant mieux pour les chronos, tant pis pour les photos.

Et niveau résultats ? Étonnamment (ou pas), c’est Sébastien Ogier qui l’emporte, précédant Kris Meeke de 3,5 s et son coéquipier Jari-Matti Latvala de 3,8 s. La suite sera plus folklo, puisque, lors de la reconnaissance du second passage du Turini, deux des Mégane RS des commissaires se retrouveront…embourbées. En cause, la bouillie causée par la pluie sur de la neige. La spéciale est donc annulée et les équipages partent directement pour revenir au col de Brouis. Cette dernière épreuve sera le siège d’une petite bataille entre Vatvala et Ogier, mais c’est le finlandais qui l’emportera de 0,2 petite seconde. Et c’est donc triomphante que nous retrouvons toute l’équipe VW au service park, où j’arrive à me faufiler pour espérer prendre 2 ou 3 photos pas trop floues/sans trop de buée sur l’objectif/où on voit autre chose que des parapluies. Mission à peu près réussie.

Car oui, c’est l’équipage Sébastien Ogier / Julien Ingrassia qui termine en tête de cette 84° édition du rallye du Monte Carlo. C’est donc rien de moins que leur cinquième victoire consécutive… La deuxième place revient bien évidemment à la performance du week-end, j’ai nommé Bryan Bouffier et Xavier Panseri. Quant à la troisième place, c’est Kris Meeke et Paul Nagle qui l’occupent. Et la suite, me direz-vous ? Et bien, rendez-vous en Suède, du 5 au 8 février prochains !

Crédit photos : Jean-Baptiste Passieux.

Un grand merci à Benoit, Bastien, Anne et toute l’équipe encadrante VW pour l’organisation au top !