Romain Grosjean en F1 : les moments forts de sa carrière.

Le 22 octobre 2020, Romain Grosjean annonçait que son aventure chez Haas se terminerait à la fin de la saison, et probablement son aventure en F1 plus largement. Le français mettait donc indéniablement fin à dix saisons dans la catégorie reine, après un passage chez Renault, Lotus, puis Haas.

Sa carrière n’a pas été un long fleuve tranquille, marquée par des hauts et des bas. L’occasion pour nous de revenir sur les moments forts de la carrière de Romain Grosjean en Formule 1.

Grand Prix d’Europe 2009 : le premier Grand Prix de sa carrière.

Romain Grosjean a démarré sa carrière en plein milieu de la saison 2009 avec Renault, alors qu’il était impliqué dans la saison de GP2 Series. Il remplace le brésilien Nelson Piquet Jr au sein d’une écurie frappée par le scandale du crashgate (à Singapour en 2008). Il roule donc aux côtés du double champion du monde Fernando Alonso, mais arrive sans réelle préparation. Il n’inscrit par conséquent aucun point lors de cette demi-saison et n’est malheureusement pas reconduit par l’écurie française la saison suivante.

Grand Prix de Bahreïn 2012 : le premier podium.

En 2012, après avoir remporté les titres de GP2 Series et de GP2 Asia Series, Romain Grosjean fait son retour en tant que titulaire chez Enstone qui est passée de Renault à Lotus entre temps. Il devient le coéquipier d’un autre champion du monde en la personne de Kimi Raïkkönen, sorti de sa retraite forcée de F1 en 2009. La voiture est plutôt compétitive et est à même de jouer des podiums régulièrement. C’est d’ailleurs avec cette monoplace que Romain Grosjean signe son premier podium lors de la quatrième manche de la saison à Bahreïn, avec une troisième place. Le français partait de la 7e place sur la grille.

Romain Grosjean signera son meilleur résultat en course de la saison lors du Grand Prix du Canada avec une deuxième place grâce à une stratégie à un arrêt et une bonne gestion des pneus.

Grand Prix de Belgique 2012 : la descente aux enfers.

La deuxième partie de la saison s’annonce difficile pour le français. Lors du retour de la trêve estivale, le français est impliqué dans un énorme carambolage au départ de la course. Alonso, Hamilton, Pérez et Grosjean sont contraints à l’abandon. Le français a été jugé coupable de l’accident. La sanction est lourde : une suspension d’une course. Romain Grosjean manquera alors le Grand Prix d’Italie. Une sanction qui n’était plus arrivée depuis … 1994 !

La réputation du français est ternie et son moral en prend un coup. Quelques autres frasques au premier virage lui valent notamment le surnom de “cinglé du premier tour”, attribué par Webber suite à leur accrochage au premier tour du Grand Prix du Japon.

Face à une mauvaise deuxième partie de saison, Romain Grosjean voit sa deuxième chance en F1 peut-être se terminer prématurément. Toutefois, le français est reconduit tardivement, compte tenu de sa première partie de saison qui fut honorable.

Saison 2013 avec Lotus : la meilleure saison de sa carrière ?

En 2013, la première moitié de saison ressemble à la fin de saison qui vient de s’achever. Romain Grosjean ne joue pas les gros points malgré un podium inscrit encore une fois à Bahreïn. Le problème est que dans le même temps, son coéquipier Raïkkönen s’est imposé dès la première manche de la saison en Australie.

Toutefois, Raïkkönen est annoncé rapidement en partance pour Ferrari la saison prochaine. Ce qui semble libérer le français qui fait une deuxième moitié de saison plus que remarquable. Romain Grosjean pense même jouer la gagne lors du Grand Prix d’Allemagne 2013, en vain. Toutefois, à partir de la Corée du Sud, le pilote français est le seul à pouvoir faire de l’ombre à Vettel. Son départ lors du Grand Prix du Japon voit Romain Grosjean dominer la première moitié de la course, mais ne peut rien faire face aux redoutables Red Bull. Il se paye néanmoins le luxe de battre la Red Bull de Webber à la régulière lors du Grand Prix des États-Unis.

Lors du Grand Prix d’Inde, Romain Grosjean opère sa plus belle remontada. Parti 17e sur la grille suite à une erreur de son équipe, le français profite d’une stratégie à un arrêt et une gestion des gommes optimale pour finir sur le podium aux côtés d’un Vettel sacré quadruple champion du monde. Avec le départ de Raïkkönen, le français devient le leader de l’écurie.

Grand Prix de Belgique 2015 : le dernier podium de Romain Grosjean.

Après une année 2014 complètement manquée, la faute à une monoplace mal conçue avec son museau asymétrique et un moteur Renault qui a manqué le coche des V6 Turbo, Lotus est motorisée la saison suivante par Mercedes. La voiture est plus performante, et est dorénavant plus à même de jouer des points régulièrement. Toutefois, à Spa-Francorchamps, Romain Grosjean bénéficie de la pleine puissance de son moteur Mercedes pour se qualifier 4e sur la grille (mais pénalisé de 5 places, il partira 9e). En course, il réalise une remontée jusqu’à la quatrième place, jusqu’à ce que, dans les tous derniers tours, Vettel voit un pneu de sa Ferrari exploser. Grosjean offre alors un dernier podium à l’écurie qui est en proie à de grandes difficultés financières. Une opportunité s’ouvre alors pour lui au sein d’une nouvelle écurie arrivante : Haas.

Grand Prix d’Australie et Grand Prix de Bahreïn 2016 : des débuts très prometteurs !

Le pari était osé pour Romain Grosjean. Mais les incertitudes face aux difficultés de Lotus et Renault qui mettait du temps à officialiser le rachat de l’entreprise ont eu raison du choix du français. Il est vrai que les dernières écuries arrivées en F1 n’ont pas connu les succès escomptés (HRT, Catheram, Marussia/Manor). Mais Haas se différencie par un business model novateur : un châssis construit par Dallara et un partenariat renforcé avec Ferrari par le biais de l’acquisition des plans et des pièces autorisés par la réglementation. Résultat, la cote de Romain Grosjean augmente après les deux premiers Grand Prix. Le pilote français signe une 6e place en course lors de la manche inaugurale en Australie, et finit 5e à Bahreïn dans la foulée. Après deux Grand Prix, Romain Grosjean est 5e du championnat des pilotes, entre les deux Ferrari. 

Néanmoins, le système montre ses limites et la Haas rentre très vite dans le rang pour ne signer des points qu’occasionnellement. Son meilleur résultat reste à ce jour une 4e place réalisée par Romain Grosjean justement, lors du Grand Prix d’Autriche 2018 (juste devant son coéquipier Magnussen). Le meilleur résultat d’ensemble de l’équipe sur une épreuve. La suite, tout le monde la connaît : des voitures mal nées, pas ou peu développées, et un partenariat manqué avec Rich Energy.

Grand Prix de Bahreïn 2020 : la fin de carrière anticipée.

C’est l’image de la saison 2020, comme nous avons pu le voir dans notre rétrospective de la saison. Romain Grosjean aurait préféré finir de la meilleure des manières sa carrière en F1. Mais avec une voiture mal née et non développée, le français est condamné à jouer en fond de grille. A trois courses de la fin de la saison, le français est victime de l’accident le plus spectaculaire de sa carrière, et même le plus spectaculaire en F1 depuis de nombreuses années. 

Suite à un contact avec Daniil Kvyat au départ de la course, après seulement quelques virages, sa Haas vient s’encastrer dans le rail et se scinde en deux, créant une boule de feu instantanée en direct. Le choc est impressionnant mais Romain Grosjean se sort miraculeusement des flammes au bout de plusieurs longues secondes. Les images ont fait le tour du monde et de nombreuses marques de sympathie, qui lui ont manqué durant toute sa carrière, ont inondé la toile. Brûlé aux mains et plus légèrement aux chevilles, mais toujours debout, il ne peut tout de même pas assurer sa présence pour les deux dernières étapes. Sa carrière en F1 se termine donc comme ça…

Crédits photos : F1, Auto-Live, Motorsport, Nextgen-Auto/XPB Images