Le film de McG avec Kevin Costner sort mercredi 19 mars en salles.

Si vous aimez les films très pan-pan et aussi un peu cul-cul, Three Days to Kill est fait pour vous. Produit par Luc Besson, ce long métrage d’action d’1h54 met en scène un agent de la CIA condamné par un cancer du cerveau -Kevin Costner, sous le nom d’Ethan Renner- dans une dernière mission. Celle-ci lui est confiée par sa collègue et néanmoins supérieure Amber Heard, avec comme chantage un traitement expérimental pouvant lui offrir quelques mois de plus « pour régler ses affaires ». Leur objectif est d’éliminer un réseau de trafiquants d’armes sales, incarné par « l’Albinos » (au visuel contractuel) et le « Loup » (au visuel non contractuel). Et si l’on vous en parle sur BlogAutomobile, c’est parce qu’il y a quelques voitures à l’affiche aussi. La suite de l’article vous évente le suspense, vous savez donc à quoi vous attendre si vous la lisez.

L’action du film débute en Serbie, à Belgrade, où outre un hôtel, ce sont deux Mitsubishi Pajero Sport et un Ford Explorer ’98 qui connaîtront un funeste (et fumant !) destin. Paix à l’âme des ces sublimes créations, qu’elles soient le produit du génie yougoslave, japonais ou américain. Le film prend ensuite ses quartiers d’été à Paris. Après avoir attéri à Orly, K. Costner/E. Renner a l’immense honneur de visiter (et de nous faire visiter) la capitale en taxi Renault Laguna II phase 2, lors d’un long générique aux accents clichéiques que n’aurait pas renié une autre production Bessonnienne, à savoir le film promotionnel de la candidature de Paris aux Jeux Olympiques de 2012.

On peut d’ailleurs, comme l’ont fait d’autres critiques plus expérimentés et plus acerbes envers le cinéaste français à grand spectacle, retrouver nombre de clins d’oeils à ses autres productions, notamment Taken pour l’action, et aussi la tétralogie car oui, il y en eut 4 !, Taxi donc. N’est pas Wagner qui veut, mais j’ai toujours trouvé cette chevauchée des Canebières divertissante, d’autant qu’elle rendit célèbre la Peugeot 406 de S. Nacéri au Japon, ce qui est bien dommage puisqu’elle… n’y était pas commercialisée. Dans les « Trois jours à tuer », la confrontation entre le lourd accent américain de Costner et le franglais de policiers plus intéressés par un match de Ligue 1 plutôt que par son dépot de plainte rappelera le tableau au vitriol de la Police marseillaise dressé par les 4 Taxi de 1998 à 2007.

Mais revenons à l’automobile. Peugeot, partenaire du film avec Samsung, n’a pas attendu la sortie en salles pour commencer sa campagne de communication. Par souci de transparence, sachez que c’est aussi grâce au Lion que moi, et nombre de confrères, avons pu découvrir le film en avant-première. La marque sochalienne a placé nombre de ses produits : une RCZ noir mat THP 200, une 208 GTi, un 4008 (à la toute fin) et… un vélo pour femme, violet de surcroît ! On dit que la RCZ a été imposée par Costner aux réalisateurs car, comme pour les scénaristes des « Experts-Las Vegas », elle lui avait tapé dans l’oeil. Les plans-séquence réalisés avec le coupé français sont un peu exagérés : Amber Heard roule sans regarder la route, tombe les vitesses plus souvent que nécessaire pour faire chanter le moteur, et roule à des vitesses déraisonnées et impensables dans la circulation de Paris intra-muros.

Que serait une production Besson sans une bonne course-poursuite ? On n’ose l’imaginer. En tout cas, cette fois le duel, réalisé comme toujours par la société Julienne, oppose une 208 GTi et… une Audi S8 V10. Une confrontation de David contre Goliath, qui se termine à peu près comme dans la Bible même si, soyons francs, la 208 morfle pas mal elle aussi ! L’image du constructeur allemand en prend d’ailleurs pour son grade : avec Range Rover, elle sera la marque qui convoiera tous les « méchants » du film (trafiquants, hommes de mains, et autres banquiers véreux).
Pour mon plaisir gourmand, une scène du film met en avant un fier Renault Citybus : premier autobus à plancher plat du réseau RATP, mis en service en 1995 sur les lignes 84 et 399 notamment, il fut radié ainsi que tout ses frères en 2013, dont quelques uns roulent désormais sous les cieux d’Europe de l’Est. Une autre scène a été tournée avec la bienveillance de la Régie Autonome des Transports Parisiens, dans le Métro plus précisément : Costner y affronte « l’Albinos », redoutable de sadisme, sur les quais d’une pseudo station « Ségur ».

Pseudo station ? Oui, car la RATP dispose d’un studio de cinéma pour les réalisateurs souhaitant tourner en ses murs. Il s’agit de la station « Porte des Lilas », troisième du nom après celle des lignes 3bis et 11, et fermée au public. Elle n’a même jamais vraiment été ouverte, hormis entre 1951 et 1955, lors du court usage d’une navette prototype sur pneumatique (développé en partie par l’autre Régie, Renault) entre Porte-des-Lilas et Pré-Saint-Gervais. Cette portion de ligne, inutilisée en service commercial, est partagée entre deux voies : la « voie Navette » qui était donc celle entre les deux stations sus-citées, mais aussi la « voie des Fêtes » qui rejoint la Place-des-Fêtes (lignes 7bis et 11), en passant par une autre « station fantôme » jamais ouverte au public, Haxo. Simple quai sans accès depuis l’extérieur, cette station n’a concrètement servi qu’une fois, lors de la présentation à la presse de la rame MF 88, le 1er janvier 1993. Elle en conserve encore aujourd’hui, sous les tags, la décoration d’accueil, 20 ans après.

Ce point de culture ferrovipathe expurgé -nous ne sommes pas sur BlogMétro, à mon grand désarroi !-, vous savez maintenant où ont été tournées les scènes de Métro des films Moulin Rouge (station Pigalle), Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain (station Abbesses), ou même celle en station et en tunnel du dernier -et très très très (…) très bon « Diplomatie » de Volker Schlöndorff (station Concorde).

Si ces « trois jours à tuer » sont meurtriers pour la plupart des voitures du casting, le vélo et la RCZ sont épargnés. Kevin Costner rassemble, ou plutôt assemble sa famille, notamment sa rebelle de fille, qui trouve l’âme soeur à la fin du film lors d’une scène que les dramaturges grecs n’auraient pas renié : un mélange d’Eros pour les amoureux, et de Thanatos pour Costner qui liquide un grand nombre d’ennemis. Reste que si la famille Renner est réunie pour Noël, on ignore si le traitement médical qu’il suit lui permettra de surmonter son cancer du cerveau généralisé aux poumons. Et le film s’achève sur les courbes du toit bombé de la RCZ de miss Heard…

Three Days to Kill est donc un film d’action assumé, avec un pathos parfois longuet qui humanise K. Costner mais qui permet de voir Paris sous son versant touristique par l’oeil de ces expatriés. Le scénario, on ne peut plus manichéen et machiavélique, est un classique du genre, et facile à comprendre. Nombre de scènes sont agréables à regarder (celles détaillées ci-dessus notamment), ce qui en fait un divertissement efficace. Vous savez donc quelle séance cocher si vous avez « deux heures à tuer »…

Crédit photographique : Google Images