Avec seulement 1.529 voitures immatriculées au premier trimestre dans l’hexagone contre 2.248 sur la même période l’an passé, le marché des VE subit un beau revers et se replie sérieusement avec une baisse de 32% dans un marché automobile en hausse depuis 3 mois. même si quelques nuances viennent expliquer cette baisse.

Les VE en panne sur le Marché Q1 en France

Aussi sur les trois premiers mois de cette année, les VE ne représentent plus que 0.32% du marché automobile contre 0.45% une année plus tôt…

Ainsi au mois de mars 2014, seuls 709 véhicules à propulsion électriques qui ont été mis à la route contre 1350 l’année dernière ce qui représente un gros « gadin » de près de 48%. Il faut toutefois reconnaitre que le mois de mars 2013 était le mois des premières livraisons de la Zoé aux clients particuliers (son seul gros mois…) et Renault avait fait le nécessaire pour augmenter les livraisons et donc les immatriculations dans la région Alsace où une prime de 5000€ avais été instaurée pour aider à la vente des VE (au fait où en est-on un an plus tard ?).

Le groupe Bolloré vient sauver à lui seul les chiffres du naufrage en immatriculant quelques 194 voitures supplémentaires. Ce sont des Autolib’ et des Cublib’ pour l’essentiel et cela booste un peu les immatriculations pour le mois de mars.
La Renault ZOE, malgré les nouvelles offres commerciales ne fait pas pas de miracle et surtout pas les volumes que l’on est en droit d’attendre de la voiture électrique la plus vendue en France en 2013. Ainsi avec seulement 255 exemplaires livrés, on est en droit de s’attendre à du moins bien dans les prochains mois. Finalement c’est la Nissan Leaf qui semble le mieux s’en sortir, non pas dans ses volumes (146 autos livrées), mais dans une certaine constance dans ses petits chiffres de vente.
Les voitures d’origine allemande  (i3 et e-UP!) sont elles aussi présentes dans les chiffres mais leurs volumes respectifs  de quelques dizaines d’unités sont anecdotiques ou presque surtout que dans ces chiffres on ne doit pas oublier les fameux VD « imposés » aux distributeurs. Ainsi on constate que la i3, au bout de 5 mois de commercialisation, n’a pas révolutionné le marché, ni chez nous, ni ailleurs. Le prix très élevé de la voiture en est la probable cause !
Les Citroën C-Zero et Peugeot iOn réapparaissent dans les chiffres (surement des VD), Mia Electric est définitivement absent pour ne pas dire mort (nous en reparlerons …) et finalement au regard de son prix élevé, c’est Tesla qui s’en sort le mieux avec quelques 25 exemplaires de la Model S mis à la route le mois dernier.

Le marché des VE pour Q1

Une chose est sure, il y a vraiment un désamour entre les clients et les VE car l’offre progresse, les infrastructures évoluent un peu mais en milieu urbain, lieu d’évolution naturel de ces autos, il y a le vrai problème de la recharge pour séduire les clients.
On ajoutera un problème fiscal lié aux voitures louées et qui hélas ne devrait pas trouver de solution si l’on en juge la politique annoncée pour les prochaines années par le premier ministre. D’ailleurs, le CCFA et L’Argus donnaient il y a quelques jours cet exemple pour illustrer le problème :
« Le gouvernement a donné un premier coup de massue en modifiant l’attribution du bonus écologique.
Aujourd’hui, c’est au to
ur des réseaux et notamment de plusieurs concessions Renault de lui apporter, bien malgré elles, le coup de grâce. En atteste le cas d’une cliente prête, vers la mi-mars, à commander une Zoé en location de longue durée. Son concessionnaire Renault lui a alors annoncé que l’offre de location n’était plus proposée par la Diac sur les véhicules électriques, et que l’accès à cette offre n’était désormais permis que par le biais du crédit classique, simple ou avec engagement de reprise à la fin du contrat. Mais comme cette reprise doit être assurée par le concessionnaire et non le constructeur comme dans le cas d’une location, celui-ci préfère ne pas s’engager. Comment en est-on arrivé à cette situation ? Tout repose sur une petite phrase du décret de modification du bonus écologique à l’automne dernier explique un porte-parole de Renault. Le texte précise en effet que l’aide à l’acquisition d’un bonus écologique atteint 6.300€ dans la limite de 27% du prix d’acquisition si le véhicule est acheté ou dans la limite de 27% du montant des loyers si le véhicule est loué. Ainsi plus on est compétitif dans les loyers, moins on obtient de bonus poursuit-on chez le constructeur, qui a calculé que sur trois ans de location, la perte de bonus pouvait atteindre 2.100€ par rapport à un achat en crédit, représentant une perte de 6 millions d’euros sur une année complète. »

Voilà qui est donc mal engagé pour l’instant ! Reste à espérer un sursaut des clients dans les mois à venir et cet été, l’annonce de la stabilisation du bonus (ce qui n’est pas gagné du tout !) sous peine de voir le marché plonger encore plus à l’avenir et devenir aussi anecdotique que les ventes de Cadillac en France !!!

Via CCFA, L’Argus, Avem
Merci à nos confrères d’Automobile-Propre pour le tableau des chiffres. 😉