Après Paris, Lyon, et bientôt Bordeaux, la petite citadine BlueCar de Vincent Bolloré va franchir l’Océan Atlantique. Inutile de demander si ce sera à la nage ou à la voile comme Francis Joyon, car c’est sur la terre ferme du Nouveau Monde que la puce électrique va tenter de faire son trou, plus précisément à Indianapolis.

Autolib' BlueCar Bolloré (4)

Autolib’ à Indianapolis

Dans la capitale de l’Etat d’Indiana, temple de la passion automobile, le groupe industriel Français Bolloré va déployer à partir de 2014 un service d’auto-partage de véhicules électriques, du même type que celui qu’il a mis en place à Paris depuis la fin de l’année 2011 et qui va bientôt couvrir la région Lyonnaise. Le contrat, qui est le premier d’exportation pour cette technologie, est un partenariat public-privé, c’est-à-dire que Bolloré va créer les infrastructures dont il sera propriétaire et mettre à disposition ses véhicules à ses frais, puis sera remboursé par les loyers annuels payés par la municipalité d’Indianapolis sur un bail de longue durée. Le projet se chiffre à 35 millions de Dollars : il prévoit au total 500 Leaf (la Bluecar n’étant pas homologuée aux USA), 200 stations de rechargement/location, et 1200 bornes électriques accessibles pour tous les véhicules électriques y compris de propriétaires privés de Tesla et autres Nissan Leaf locales.

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L’auto-partage essaime aux Etats-Unis

Au pays de l’Oncle Sam, les réseaux d’auto-partage sont en plein boom : San Francisco sur la côte ouest, New York et Chicago à l’est sont déjà équipées de tels systèmes. Pour Indianapolis, c’est une première salutaire qui se produit dans une ville en plein développement urbain, et surtout dans un Midwest qui adule les SUV, tout-terrains gloutons et autres pick-up « Super Duty ». Cela ne présage nullement d’un rejet de la greffe électrique, selon le directeur général de Bolloré IER Hervé Muller, pour qui Indianapolis est peuplée par beaucoup d’étudiants et de jeunes adultes urbains, prêts à ne pas faire perdurer le dogme de l’automobile individuelle et polluante. M. Muller ajoute que ce projet « fait partie d’une stratégie pour développer notre présence aux Etats-Unis. » et que « d’autres villes suivront », car le groupe Bolloré a été en discussion « ces six derniers mois avec un certain nombre de villes grandes et moyennes » des Etats-Unis.

Après avoir vu le Grand Prix Formule 1 quitter son fameux ovale en 2007, l’une des villes américaines les plus célèbres de la culture automobile accueille de nouveau des véhicules européens. Plus de vingt ans après les départs successifs de Renault et de Peugeot du continent, Bolloré reprend le flambeau de l’aventure américaine. En France, on n’a pas de pétrole et on n’exploite heureusement pas (encore…) de gaz de shiste, mais on a des idées… électriques ! Reste à en prouver la pertinence et la durabilité, après notamment les révélations sur la conservation de la charge électrique faites par nos confrères du BlogAuto.

Source : Mobilicités.com

Crédit photographique : François M.