La situation autour du constructeur malaisien Proton se clarifie puisque le gouvernement s’est mis d’accord avec DRB-Hicom pour céder sa participation de 42.7% dans le constructeur automobile Proton. Cette transaction représente un montant de 410 millions de dollars. Ainsi le groupe industriel malais, partenaire de Mercedes Benz, Volkswagen, Honda et Suzuki va, au terme d’une procédure codifiée par le droit de la Malaysie, prendre le contrôle du constructeur automobile n°2 dans le pays.

N’étant pas totalement majoritaire, DRB-Hicom va devoir dans un second temps devoir faire une offre de rachat des actions détenues par les petits porteurs aux mêmes conditions financières que pour l’état malais. Ces actions représentent 7.7% du capital de Proton. Ces deux offres d’achat vont désormais devoir être soumises à l’approbation des actionnaires de DRB-Hicom mais ces derniers ayant déjà un accord de principe cela ne devrait être qu’une formalité par les dirigeants du groupe industriel qui sont essentiellement interessés par les capacités des production de Proton et ses gammes courantes plutôt que par Lotus Group qui n’est toujours pas profitable depuis le milieu des années 90, période du rachat de la firme d’Hethel par Proton.

Toujours au chapitre des conditions du contrat Etat malais/DRB-Hicom, on notera que le groupe industriel ne pourra prendre plus de parts dans Proton avant deux années tout comme il s’engage à garder tous les salariés durant une année au moins. Il ne devra pas se désengager de ses filiales diverses et variées et c’est là qu »on porte le regard sur le cas Lotus Group. Comme l’accord a été définitivement approuvé cette fin de journée, le milliardaire Syed Mokhtar Al Bulkhary est désomais majoritaire avec 50.4% de Proton dans les mains. Désormais les choses vont bouger, aussi dans un premier temps la direction de DRB veut rencontrer Dany Bahar et son équipe pour parler du cas Lotus et des projets à venir. Si l’on se fie aux dernières informations, il faudrait quelques 500 à 750 millions pour mener à bien l’ensemble des projets « bahariens » ce qui est un peu beaucoup pour un constructeur qui livre entre 1500 et 2500 voitures par an.

Aussi DRB-Hicom va lancer dans les prochains jour un audit complet de Lotus Group et la nouvelle direction prendra sa décision en fonction des résultats de l’audit. Il semble quand même que Dany Bahar (reconduit dans ses fonctions à l’automne 2011) va avoir des sueurs car il n’a pas été capable de rendre Lotus rentable ces dernières années et passe son temps (en dehors des pipolités) à réclamer de l’argent par centaines de millions pour développer sa gamme totalement irréaliste.

DRB-Hicom étant avant tout un grand groupe industriel partenaire de grands constructeurs, il y a fort à parier que Lotus Group sera rapidement mis en vente par la faute de ne jamais avoir été rentable depuis plusieurs décennies. D’ailleurs pour DRB-Hicom, la F1 est un luxe quasi inutile qui coûte très cher, trop cher et il se pourrait bien que les programmes Formule 1 et Indycar (où des problèmes d’approvisionnement en pièces de rechange perturbent déjà les essais qui ont lieu à Sebring – je rappelle que Lotus s’est engagé à fournir 43% des autos du plateau d’Indy et rien ne va pour Lotus et EDL alors que les voitures équipées de moteurs Honda et Chevrolet tournent depuis longtemps et comme des horloge- ) soient stoppés dès la fin d’année 2012 et au plus tard en 2013 si Lotus reste dans le giron de DRB. Le rap, la F1, les filles dévêtues, les bains au champagne et les discothèques ne sont pas dans la culture Lotus mais cela D.Bahar ne semble toujours pas l’avoir assimilé. Dommage. Reste que si Lotus Group est à vendre, il ne faudra pas oublier en fin d’année d’avoir un oeil sur le puissant et riche patron de Caterham qui a toujours un oeil sur la firme d’Hethel.

Via DRB-Hicom, NP, Eurocarblog, Autoblog.

Crédit photo : Outie.net.