Véritable institution, le Festival Automobile International est accompagné d’une traditionnelle exposition de concept cars au pied du dôme des Invalides. Petite visite guidée en images.

Des concept cars, oui, mais pas seulement. Car le programme strictement dédié à cette catégorie avait un petit air de déjà vu avec 3 concepts qui ont été révélés au Mondial de Paris de l’année dernière (la Renault TREZOR, la Citroën CXperience, l’Opel GT Concept) tandis que la DS E-Tense était présente dès le salon de Genève 2016 et la Citroën Aircross à Francfort en 2015. Heureusement, deux concepts étaient inédits en Europe et c’est sur ceux là que nous allons nous concentrer.

Le Jaguar I-Pace a fait ses débuts à Détroit en janvier (relire ici). Totalement représentatif de la tendance de fond du moment, il s’agit d’un SUV électrique. Il s’écarte quelque peu des dernières tendance du design de la marque avec des arêtes nettement plus marquées, venant remplacer les courbes de son équivalent thermique F-Pace dont un exemplaire était présent sur place. Ce point est particulièrement frappant sur la vue arrière : des hanches très larges, des arêtes, et même un embryon de coffre. Grâce à une découpe particulière des vitrages, la visibilité latérale ne devrait pas être trop mauvaise, au contraire du 3/4 arrière qui a l’air absolument catastrophique. Le concept I-Pace est très proche du modèle de série, prévu pour une sortie en 2018. sensiblement plus compact que la F-Pace, il trouvera sur son chemin les Tesla X, Mercedes EQC (?) et autres Audi e-Tron. Ca va se bousculer dans le SUV premium électrique !

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Spectaculaire et pourtant si caricaturale, l’Aston Martin RB-001 est développée en partenariat avec RedBull (pas la boisson, l’écurie de Formule 1, même si c’est un peu pareil en fait). Nous en avions déjà parlé ici, mais c’est, sauf erreur, la première sortie publique de la maquette en plastique. Voiture de piste pour la route ou voiture de route pour la piste ? Un peu des deux, mais admirer cette maquette me laisse un peu dubitatif. Certes, cela annonce le grand retour aux affaires d’Aston Martin avec sa première vraie supercar de route (la Vulcan est une voiture de circuit), mais l’allure générale fait définitivement « faux ». Ce n’est qu’une maquette, certes, mais la hauteur du fond de la carrosserie me semble très élevée, et très éloignée de ce que l’on voit sur les autres voitures à haute performance, bardées de fond plat à ras du sol et d’extracteurs monumentaux. Même la hauteur du spoiler avant semble excessive (une Citroën C3 WRC posée quelques mètres plus loin permettait de juger de la différence). Je ne suis pas expert en aérodynamique, et j’imagine que le tout a été savamment calculé, mais j’attends de voir la version définitive. Rappelons par ailleurs que la RB-001 est prévue pour être équipée d’un moteur V12 atmosphérique d’une puissance d’environ 1000 ch, le poids étant limité à environ 1000 kg. Rapport poids/puissance de 1/1…. I want to believe comme dirait l’agent Mulder.

A côté des concept cars, une autre exposition très intéressante présentait les évolutions de l’aérodynamique au cours du 20ème siècle. L’histoire commence avec les voitures de l’avionneur Gabriel Voisin, dont on peut admirer deux modèles : un véhicule de record de 1928 et une sublime C28 Aérosport, un des deux seuls exemplaires existants. La carrosserie n’est pourtant plus celle d’origine, l’exemplaire ayant été sérieusement endommagé durant la seconde guerre mondiale. Cela vous permettra à défaut d’admirer une splendide restauration.

L’après guerre est représentée par deux bolides de course : une très profilée Jaguar D-Type, modèle plusieurs fois vainqueur au Mans, et une Maserati 420M/58 « Eldorado », monture du grand Sir Stirling Moss. Aspects totalement différents pour une époque où les études en souffleries ne sont pas encore généralisées et où les designers cherchent les meilleures solutions de manière empirique.

Les années 70 voient le triomphe de l’aérodynamique calculée. Crise de l’énergie oblige, on recherche l’efficacité. En compétition, représentée ici par une splendide Porsche 917K reprenant la décoration de la voiture vainqueur des 24h du Mans 1970. Et en série avec la petite Opel GT, dont l’évocation moderne (la GT Concept) figure dans le hall d’à côté.

Et enfin pour finir l’expo aérodynamique, une Porche 919 Hybrid, vainqueur du Mans 2016.

Une corner dédiée au designer Leonardo Fioravanti permet de redécouvrir deux anciens concepts car. Tout d’abord l’Alfa Romeo Vola. Son concept de toit rotatif fut repris plus tard en petite série sur la Ferrari Superamerica. Quant à son intérieur en fibre de coco, c’est peut être préférable qu’il n’ait pas été repris. Plus intéressante est la F100R, créée en 2000 pour le centenaire de la naissance d’Enzo Ferrari. Se voulant une alternative au style traditionnel de Pininfarina pour la marque, la F100R innove indubitablement. La face avant est peut être la partie la moins réussie, mais les flancs nervurés font indubitablement « Ferrari » et rappellent même les F40 ou F50. Les feux arrière ronds sont modernisés avec des anneaux en LED recouvert de plexiglas. L’habitacle est quant à lui kitchissime à souhait ! Le moteur prévu était un V10 en position centrale.

Enfin, la balade ne serait pas complète sans admirer les concepts déjà connus. Pas inédits, certes, mais toujours agréables à contempler, d’autant plus si ils sont disposés de manière très rapprochée, afin de comparer leurs designs respectifs (et de se rendre compte que l’Opel GT est vraiment toute petite…). Et pour veiller sur tout ce petit monde c’est l’Alfa Romeo Giulia, toute auréolée de son prix de plus belle voiture de l’année 2016.

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Crédits photos : Thomas D., Régis Krol