Aujourd’hui se réunissait le Comité interministériel sur l’air qui a décidé de remettre au goût du jour… non pas la célèbre pastille Valda mais la fameuse pastille verte née il y a 15 ans puis supprimée en 2003 (sous un gouvernement socialiste) puis envisagée de nouveau puis… rien jusqu’à ce 18 décembre 2013. On est toutefois surpris du retour quasi officiel de ce principe car on a tous en mémoire que c’est l’actuel gouvernement qui a mis fin aux ZAPA il y a tout juste 18 mois…

2014 - le retour de la pastille verte

Après les derniers pics de pollution recensés dans certaines grandes villes françaises ces derniers mois, le comité interministériel sur la qualité de l’air décide de durcir la réglementation applicable en cas de retour de pareils phénomènes dans les mois et années à venir. Et pour ce faire, il propose un nouveau dispositif façon pastille verte qui permettra d’identifier les véhicules les plus vertueux en termes d’émissions de particules. Ainsi durant les jours de grande pollution, seuls les véhicules « vertement pastillés » seraient autorisés à circuler dans les villes concernées.

Le énième retour de cette pastille ne doit pas surprendre car ce comité sur l’air avait déjà évoqué le retour de la pastille verte lors de la réunion de février 2013 où une quarantaine de mesures avaient été étudiées et débattues par les membres de cette assemblée.

L’objectif  de ce système est de mieux anticiper les pics de pollution et de tripler le nombre de jours soumis à une procédure d’alerte en les faisant passer d’une dizaine actuellement chaque année à une 30 en moyenne dans un avenir proche.

En France, ce sont environ une quinzaine de villes et leur agglomération qui sont concernées par cette pastille verte millésime 2014. La France pourrait d’ailleurs très vite avancer sur le sujet car elle est sous la menace de sanctions européennes pour cause de dépassement des seuils de concentration de particules fines. Le ministère de l’écologie ajoute sa pierre à l’édifice en ajoutant : « Nous devons réduire le fléau de la pollution de l’air. C’est un problème environnemental crucial. C’est un enjeu de santé publique, avec plusieurs dizaines de milliers de décès prématurés chaque année, c’est aussi un coût économique pour la collectivité nationale, que l’on peut évaluer à 20 à 30 milliards d’euros par an dont un milliard d’euros directement supportés par le système de soins français. »

Par ailleurs, on a appris que les poids lourds polluants pourraient être interdits à Paris les jours de pollution globale ou lors des pics d’émission de particules fines. Ce n’est pas tout puisque le comité suggère que les tarifs des horodateurs pourraient alors être modulé selon le niveau de pollution des véhicules et la couleur ou le numéro marqué sur la dite pastille, enfin le stationnement gratuit pour les véhicules électriques est aussi envisagé.

Le système risque une fois de plus de n’être quasiment pas efficace quand on a à l’esprit que bon nombre de foyers possèdent deux voitures, qu’il sera très très difficile d’empêcher (toutes) les voitures de société de circuler tous les jours de pollution, que rien est fait pour imposer des contraintes aux industries polluantes ou pour faire évoluer les très polluants systèmes de chauffage collectif et qu’aucune mesure de rééquilibrage fiscal entre diesel et essence n’est envisagée par ce comité qui semble avoir agi une fois de plus et comme bien d’autres dans l’urgence.

Tout cela est bien beau mais devrait avoir fort peu d’influence sur les embouteillages dans les grandes agglomérations tant que les services de transport en commun ne seront pas plus adaptés aux besoins de chacun. Il faut savoir que ceux ci coûtent près de 6 milliards par an à la France (carburant gaspillé + temps perdu pour les entreprises) pour 13 grandes villes du pays qui étaient concernées par l’étude réalisée par le cabinet de conseil Centre for Economics and Business Research. 

Voilà encore une mesure contraignante de plus que devront supporter l’an prochain les automobilistes français. Une mesure qui viendra s’ajouter l’an prochain à la hausse de la TVA, du malus écolo, des tarifs d’autoroutes et des montants des primes d’assurance, la mise en service de nouveaux radars et à l’absence de baisse des prix des pièces détachées… Voilà qui commence à faire vraiment beaucoup avant l’arrivée en fin d’année prochaine du surcoût des normes Euro6 sur les voitures neuves !

NDLA : Les 13 villes prises en compte par le cabinet CEBR sont : Bordeaux, Caen, Clermont Ferrand, Grenoble, Lyon, Nancy, Nantes, Paris, Rennes, Strasbourg, Toulouse, Toulon, Tours. Un automobiliste français passe en moyenne 47 heures dans les embouteillages chaque année c’est à dire près de deux jours.

Via RTL, AFP, CCFA, Ministère de l’écologie.