Retour en quelques réflexions personnelles sur l’année 2017 qui s’achève : pur parti pris, entre coups de coeur et coups de gueule.

L’événement de l’année

Année après année, Rétromobile n’a jamais réussi à me décevoir. Pourtant, tous ceux qui couvrent régulièrement de grands événements ont un jour eu cette petite déception au fond de la tête : moins bien que l’an dernier, plateau répétitif, ambiance trop formatée… plus de 10 ans après ma première visite, la Car Week parisienne s’est toujours avérée un grand moment. RM Sotheby’s et son catalogue toujours spectaculaire, Bonhams dans le cadre enchanteur du Grand Palais, Artcurial et ses autos briseuses de record et bien sûr le salon lui-même, devenu au fil des ans un rendez-vous majeur de la vie automobile mondiale. Entre gloires sans prix et anciennes citadines attachantes, les youngtimers pointent le bout de leur calandre : il y en a pour tous les goûts. L’âge faisant, les voitures de mon adolescence commencent doucement à garnir les allées du Parc des Expositions pour un délicieux plaisir régressif.

2018 s’annonce à nouveau comme un grand cru : Ferrari 275P ex-Bardinon, 275 GTB alu, prototype de l’EB110 SS, Diablo SE30, P1 MSO… et les surprises ne manqueront pas au détour des petits stands. Faites le voyage si vous le pouvez, vous ne serez pas déçus, même si vous ne jurez que par les modernes.

Ma photo de l’année

Ok, il y en a deux mais je n’ai pas pu me résoudre à choisir. Au moins le sujet est le même. Artistiquement, ces deux clichés sont très académiques, avec une règle des tiers plutôt respectée, du travail assez propre sans qu’on ne puisse crier au génie, loin s’en faut. Je les ai choisies pour la voiture qu’elles mettent en valeur : la mythique McLaren F1 GTR Long Tail. Si vous avez pu profiter d’un article sur Spa Classic cette année, c’est parce que j’ai fait 1000km en 36 heures pour l’admirer. Avoir pu sortir deux beaux clichés sans un imprudent dans le cadre aura été ma récompense : la LT n’a rien gagné mais a offert à la 650S le nom de sa version vitaminée. Bel hommage.

La polémique de l’année

Les choix de la Mairie de Paris sont parfois discutables et souvent discutés. Citez Anne Hidalgo dans un dîner ou mieux sur Facebook : débat sans fin assuré, entre insultes gratuites, arguments fallacieux et sujet de fond. La lutte contre la pollution, c’est bien. Le faire en considérant que la voiture est le mal absolu, objet inutile de représentation sociale, c’est idiot. J’aime les voitures et pourtant, je vais au travail tous les jours en RER. J’ai fait par nécessité mon trajet une fois en voiture : ce fut un enfer. J’en déduis, peut-être à tort, que la plupart de ceux qui le font tous les jours n’ont pas trop le choix. Alors fermer 3km de routes dans Paris en criant sur tous les toits que cela va sauver des vies et la Planète, c’est au mieux hypocrite, au pire totalement irresponsable. Quand on nie les immenses (et toujours à venir) progrès des constructeurs en matière d’efficience énergétique, on ment aux Franciliens. Alors tentons un virage moins démago sur ce sujet majeur. Madame la maire, les banlieusards qui font vivre Paris et les amateurs d’automobiles méritent mieux que le relatif mépris que vous leur adressez.

Le fail de l’année : les nouvelles Supercars

C’est une tendance de fond, lourde, que les constructeurs nous offrirent en 2017 : celles des supercars sans design. Le design, c’est quand l’usage dicte la forme et que la forme guide l’usage, une subtile alchimie. McLaren, Aston Martin, Ariel, Mercedes et dans une moindre mesure Lamborghini ont clairement oublié la second partie de la définition. Tout pour la performance sur circuit, rien pour la beauté du trait de crayon. Moi qui ne suis pas un grand fan de la LaFerrari à cause d’un dessin que je juge discutable, j’en viens à la trouver franchement belle à côté de ce que 2018 nous promet. Chatouiller une LMP1 sur le papier c’est sûrement bon pour l’ego des acquéreurs mais à peine 1% d’entre eux ira le tenter dans la vraie vie. En revanche, ils seront plus nombreux à la faire tourner de spot en spot entre Londres, Cannes et Marbella pour le simple plaisir de se faire admirer. Les supercars sont un produit d’appel pour la plupart des marques, la capacité d’identification vient beaucoup de l’identité visuelle. Je ne suis pas certain que cette fuite en avant soit, de fait, si pertinente…  Porsche et Ferrari travaillent actuellement sur leurs propositions et McLaren aura une session de rattrapage avec la très attendue remplaçante de la F1. Prions pour que les dessinateurs aient retrouvé l’oreille attentive du management !

La voiture de l’année (que l’on peut se payer si on travaille pas trop mal et qu’on a pas d’enfant)

12 ans (2 cycles et demi chez Ferrari) que l’on attendait la remplaçante de la très sexy V8 Vantage ! Aston Martin nous gratifie de la… Vantage (on leur dira que le recyclage ad nauseam des noms n’apporte rien à la Planète ?). Hormis ce point de sémantique, la petite dernière a tout du best seller en puissance : gros V8 AMG (référence son), châssis de la DB11 raccourci (référence agilité), dessin dérivé de la DB10 de 007 (référence style) et livrée jaune pétard (référence image jeune). Pour une fois, la couleur de présentation ne devrait pas trop influencer les acheteurs! Je ne vais pas vous refaire le couplet de la voiture la plus importante de l’histoire de la marque, c’est un peu éculé, mais l’ère Aston/AMG prend réellement son envol avec cette voiture dont la diffusion sera nettement plus importante que celle de la DB11 et qui viendra titiller la 911. Vaste tâche mais noble tâche.

La voiture de l’année (que l’on peut se payer sans être trader)

Autant 2016 avait été facile pour cette rubrique avec un 3008 survolant le débat (les chiffres de ventes me donnent raison et remplissent d’aise les comptables de PSA), autant 2017 ne m’a pas offert de voiture marquante. Nous avons eu droit à un défilé assez insipide de SUV et de moteurs  électriques, entre mainstream et politiquement correct. Alors je suspends mon choix, faute de voiture « normale » qui ait su me séduire cette année. J’attends 2018 et une remplaçante à la RCZ ou une jolie berline qui ne tombera pas dans la facilité du faux 4×4.

To be continued…

Crédit Photos : Lamborghini, McLaren, Ariel, Mercedes, Aston Martin, Pierre Clémence