Essai Volvo XC90 D5 R-DesignAvec d’aussi belles nouveautés ces derniers mois, Volvo va bien c’est indéniable. Grâce aux 513 051 véhicules vendus sur les 11 premiers mois de 2017 le constructeur enregistre une hausse mondiale de 8,3 %. Même en France, le marché progresse de 2,4% avec 14 286 immatriculations. Et à la 3ème marche du podium on retrouve le gros XC90 (1851 exemplaires vendus en France cette année). Il plaît au public, mais aussi chez blogautomobile, c’est pourquoi après avoir vu ici-même les versions T6 et T8 (essence et hybride), il nous fallait absolument le prendre en main avec un moteur diesel sous le capot. C’est donc parti pour l’essai du Volvo XC90 D5 R-Design.

Mon expérience en direction des Pays-Bas à bord de la V90 D5 s’était tellement bien déroulée que j’attendais avec impatience de reposer mes fesses à bord d’un modèle de la gamme 90. Mais forcément, le XC90 est bien moins dynamique. Plus lourd (2050 kg contre 1830 kg), donc moins vif, il est aussi plus pataud avec un roulis peut-être un peu trop prononcé. Passée cette acclimatation, on retrouve un très bon rouleur, confortable et volontaire, et c’est bien là l’essentiel. Il offre en plus un comportement en tout terrain tout ce qu’il y a des plus honorables. Je reviendrai sur ce point un peu plus tard.

Pour un engin de ce gabarit je reste toujours surpris pas les accélérations qui sont quand même assez stupéfiantes, d’autant que les rapports de la boite automatique Geartronic 8 passent totalement inaperçus. Grâce à son 4 cylindres développant 235 ch et un couple de 480 Nm disponible très tôt, il est capable d’atteindre les 100 km/h en seulement 7,8 s. A titre de comparaison, il joue au coude à coude avec une petite 500 Abarth, pas mal pour transporter toute la petite famille non ? En revanche, le freinage demanderait à être un peu plus incisif pour une conduite plus sportive. Mais ouf il sera quand même suffisant si une famille de 6 chevreuils se décide à traverser la route, qu’un coq suicidaire se jette devant la voiture ou bien qu’un renard se promène en pleine nuit (histoires vraies !). Et même si je critiquais un peu plus haut le roulis légèrement prononcé on se sent pleinement en sécurité grâce à une tenue de route irréprochable et bien emmenée par une direction d’une précision étonnante. Je suis certain qu’en corrigeant deux petits détails qui m’ont perturbé, l’agrément de conduite du XC90 ne serait pas loin de la perfection ; à savoir des suspensions actives légèrement mieux réglées pour encore plus effacer les irrégularités de la route ou encore un travail sur l’insonorisation pour pallier à une résonance moteur bien trop présente dans l’habitacle et qui vient gâcher notre plaisir d’être au volant d’une aussi belle voiture.

Vous le savez tous, le constructeur suédois est le roi de la sécurité active pour ses véhicules. Avec tous les efforts effectués, l’objectif de zéro mort dans une voiture de la marque à l’horizon 2020 est en passe d’être atteint. Le XC90 profite ainsi de tout l’attirail nécessaire à votre sécurité : freinage d’urgence, système anticollision, lecture de l’environnement, ceinture de sécurité à resserrage automatique, sièges à absorption d’énergie, nombreux airbags,…  Et bien évidemment la conduite semi-autonome de Volvo. J’étais resté sur ma faim lors de ma dernière utilisation de l’Auto Pilot mais il m’a cette fois-ci semblé plus précis et plus doux. Comme toujours il ne faudra pas encore compter sur lui si une courbe se fait trop serrée et il a tendance à nous faire rouler trop à gauche, mais en temps normal c’est plutôt stable et très agréable pour de longs trajets, ou un régal dans les bouchons.

Ce XC90 n’est pas que bon sur la route, il l’est aussi hors des sentiers battus. Grâce aux suspensions pneumatiques (2580 €), la garde au sol en mode offroad atteint environ 27 cm. C’est moins qu’un Touareg et ses 30 cm, n’espérez donc pas réaliser de franchissement pur avec votre nouveau jouet. Mais il se montrera quand même très à l’aise sur tout type de terrain et vous laissera grimper pas mal de chose sans risquer d’écorcher votre jolie carrosserie.

Avec tout ça on a oublié d’évoquer le style extérieur. Avec cette nouvelle génération apparue en 2014, le XC90 a bien changé. Plus statutaire, il est également devenu beaucoup plus joli (à partir du moment où l’on aime cette catégorie), bien au-delà du côté pratique de ce type de voiture. On retrouve la nouvelle face avant de Volvo, bien identifiée grâce à des feux jours en forme de « marteau de Thor ». Le reste est assez classique mais l’ensemble se veut très réussi et aucun appendice en plastique ou aucune arrête inutile ne vient attaquer nos yeux. La finition R-Design ici-présente offre en plus une calandre et un bouclier revus, des canules d’échappement chromées ou encore quelques finitions en argent mat. Et évidemment ces énooormes et magnifiques jantes de 20 pouces viennent enjoliver l’ensemble et lui offrir une prestance encore plus exacerbée. Et ce ne sont pas les plus grosses, des 22‘’ sont disponibles pour la modique somme de 2370 €.

Pour l’intérieur toujours pas de fausses notes : joli, bien fini et bien pensé, il est difficile de critiquer le travail des designers. Hormis peut-être le tout tactile qui peut en rebuter certains. Moi-même d’ailleurs j’apprécierais quelques petits raccourcis notamment pour jouer avec la température. Mais la tablette de 9 pouces est hyper réactive et intuitive, digne des meilleures tablettes tactiles que l’on trouve dans le commerce.

Mais le principal dans cet habitacle nous vient du coffre où l’on y trouve une 3ème rangée de sièges. J’ai été franchement surpris par l’habitabilité, les 7 places disponibles sont totalement utilisables par des adultes. Chaque passager, constitué « normalement », y trouvera ses aises que ce soit au niveau des jambes ou de la tête. Pour ces 2 assises supplémentaires, le confort n’est en plus pas oublié avec deux vrais sièges et un porte gobelet ainsi qu’une buse d’aération personnelle.

Et enfin… cette sono Bowers & Wilkins (3400 €) et ses 19 haut-parleurs qui fera de chaque voyage une virée dans une salle de concert… il n’y a rien de plus à ajouter.

Bon bon bon… il y a quand même des choses qui fâchent, le coût et la consommation. Si cette dernière s’est avérée plutôt contenue avec le D5, oscillant de 7l/100 en roulant tranquillement sur des routes secondaires à 10l/100 en arsouillant un peu plus. Le tarif fait lui un peu plus peur. Avec un tarif de base à 59 200 € avec le très maigre D4 de 190 ch, mon D5 débute à 63 000 € et même 69 650 € en finition R-Design. Auquel vous pouvez rajouter quelques options telles qu’une jolie peinture métallisée à 1550 €, une sellerie cuir à 1260 € ou l’attelage amovible à 1200 €. C’est ainsi que le modèle sous vos yeux était affiché à 86 600 € (+ 4673 € de malus au 1er janvier 2018).

Le Volvo XC90 est une réussite en tout point, stylistique, intérieur et confort de conduite. Seul ce moteur peu noble et assez bruyant viendra gâcher la fête. Vigoureux sans être dynamique, tout en étant à l’aise en ville, sur route ou en dehors des sentiers battus il devrait pouvoir répondre aux besoins du plus grand nombre.

Essai Volvo XC90 D5 R-DesignBonus : L’attelage amovible est très pratique !

Et quelques photos supplémentaires… A vous de trouver le petit drapeau suédois qui s’y cache ! 

Merci à Volvo France pour le prêt de ce XC90.

Crédit photos : Thomas D. (Fast Auto)