Essai Alfa Romeo - Stelvio 180 Diesel AT8

Nous attendions tous avec impatience le renouveau d’Alfa Romeo. Quand il est enfin arrivé grâce à la Giulia apparue en 2015 et plus récemment le Stelvio en 2016 j’étais très impatient de prendre enfin en main un modèle au Biscione. Après le luxueux et puissant Stelvio 280 Q4 essayé par Ancelin j’ai demandé de mon côté au constructeur un modèle plus entrée de gamme. La réponse : un Stelvio 180 Diesel en finition Super. Start engine !

Essai Alfa Romeo Stelvio 180 Diesel AT8

Ça nous met dans l’ambiance italienne…

Et je ne pouvais pas rêver mieux que ce rouge competizione (2500 €) pour m’accompagner pendant 7 jours. La face avant est une pure réussite, pour moi une nouvelle référence dans la catégorie des SUV. Et tout l’ensemble est très fluide, puissant et sportif. Hormis la hauteur, les lignes ne donnent pas l’impression de faire face à un SUV. Et à l’arrière, la double sortie d’échappement (non factice !!!) fait sensation. Là où le bât blesse, c’est en regardant les jantes, en plus de ne pas être particulièrement jolies, en 18 pouces elles paraissent bien trop petites et inadaptées. Si vous le pouvez, optez pour les First Edition 20’’ à 1 800 €, cela donnera une allure assez incroyable à votre Stelvio.

Au volant, je fais rapidement un premier constat. En vrac. Le Stelvio se conduit avec deux doigts, grâce à une précision hallucinante de la direction le toucher de route devient assez exceptionnel. Et avec le mode dynamique sélectionné, le roulis est aux abonnés absents. La boîte ZF 8 est une vraie révélation, elle est totalement invisible dans toutes les situations et le frein moteur est très bon pour une boite auto : un régal ! La pédale de frein sera en revanche votre moins bonne alliée, elle demandera beaucoup d’effort pour freiner les 1604 kg du SUV italien.

Plus tard, en haussant le rythme, je constate que le Stelvio n’est quand même pas aussi bien posé sur des rails qu’un 3008 par exemple mais la tenue de route est plutôt très bonne, sur sol sec. Sur chaussée humide ça pêche un peu plus, les 4 roues motrices seraient là, les bienvenues. Mais au moins si vous aimez vous amuser, grâce à une cinématique en propulsion il devient parfois joueur du train arrière. Ce n’est d’ailleurs peut-être pas à mettre entre toutes les mains, mais c’est assez fun.

Pour la vie de tous les jours, son confort et son agilité en font une très bonne voiture. On se trouve vite une position de conduite optimale, assez basse et sportive. Bien dans l’esprit de la voiture. L’amortissement est agréable quoiqu’il s’écrase un peu trop en mode normal, et l’onctuosité du moteur permet d’être à l’aise dans toutes les situations.  En plus, même si un bloc diesel ne sonne jamais bien, le 2.2 ici présent ne clac pas comme un camion, il sait se faire oublier à chaud et à vitesse stabilisée. Étonnamment, avec un échappement plus travaillé il me semble qu’il pourrait presque être agréable une fois le mode dynamique enclenché.

En plus, pour épargner un peu votre compte en banque, il tente de ne pas trop boire de carburant. Avec une conso d’environ 6,5 l sans trop faire attention sur des routes secondaires, et entre 7 à 8 litres dans les bouchons parisiens, ce n’est pas si mal pour un SUV de 180 ch. Malheureusement le tarif d’achat se fait lui un peu plus piquant. A un tarif de base de 39 300 € avec le 2.2 Diesel 150 ch et 41 700 € avec ce moteur 180 AT8 il n’est pas vraiment donné. Avec la finition Super, l’infodivertissement 8.8’’ à 1200 €, la caméra de recul à 750 € ou le pack Sound Theatre (perfectible…) à 600 € il peut vite grimper comme ici à 52 480 €. Et à ce prix, il vous manque encore les 4 roues motrices pour 2400 € de plus et un petit malus de 90 €.

Sinon en grimpant à bord on est vite satisfait d’être reçu par une jolie planche de bord. Quelques finitions sont encore perfectibles mais pour de nombreux acheteurs novices cela fera totalement illusion, l’austérité de certains modèles allemands en moins. Même si mon habitacle manquait clairement de couleur, et aurait mérité un petit toit panoramique (1600 €), l’ensemble est agréable à l’œil. On attend cependant rapidement une petite mise à jour pour améliorer l’utilisation de quelques plastiques assez disgracieux.

Enfin, je redoutais l’épreuve des places arrière mais j’ai été agréablement surpris. La place est largement suffisante pour mon mètre 85 au niveau de la tête et même plus que convenable aux jambes. Par contre la 5ème place est à oublier : étroite, dossier droit et dur et présence d’un gros tunnel de transmission.  Mais pour emmener tout ce beau monde, il propose un coffre de 525 l sous tablette, ce qui le situe dans la moyenne de la catégorie (Audi Q5 : 550 l, BMW X4 : 500 l).

Essai Alfa Romeo Stelvio 180 Diesel AT8

Et ça, quel plaisir…

Malgré ses quelques défauts de jeunesse ce premier SUV de la marque s’avère être une belle réussite tant stylistique que au volant. Le charme italien fera vite oublier ces faiblesses aux quelques passionnés de la marque et les non-initiés n’y verront que du feu. Surtout qu’il peut bénéficier d’un petit cocktail SUV + propulsion qui lui apporte une touche d’originalité et beaucoup de fun, de quoi convaincre bon nombre de clients potentiels.

Crédit photos : Thomas D. (Fast Auto)