Jusqu’à la fin du mois d’août, la Mercedes-Benz Gallery de l’Avenue des Champs Élysées rend hommage à AMG, le préparateur officiel des voitures à l’Étoile. Farouche adversaire des BMW Motorsport et des Audi RS, pour ne citer que les premium allemands, les trois lettres d’AMG font aujourd’hui partie de l’Histoire de l’Automobile grâce à leurs succès en course, à leurs innovations techniques, et à la constante alchimie mêlant luxe et sportivité dans leurs productions, qui relèvent de la perfection. AMG suit les mêmes principes que Mercedes : « The best or nothing » (le meilleur sinon rien, actuel slogan de la marque à l’Étoile).

AMG signifie Aufrecht Melcher Grossaspach. C’est la réunion des noms d’Hans-Werner Aufrecht et de Erhard Melcher, qui finance l’aventure industrielle, avec la ville de Grossaspach, lieu de naissance d’H.W. Aufrecht. Créé en 1967, le préparateur se fait d’abord remarquer en compétition, notamment en 1971 aux 24 Heures de Spa-Francorchamps. Puis, en 1993 est lancée la première Mercedes-Benz AMG, une C36 AMG. Enfin, l’année 2005 voit le rachat entier d’AMG par le groupe Daimler-Chrysler, maison-mère de Mercedes-Benz. Depuis, la gamme AMG ne cesse de s’étoffer. Au fil de l’été, la Mercedes Gallery des Champs Elysées en montre un aperçu.

Mercedes-Benz C63 AMG

Commençons par la « petite » berline AMG de la gamme Mercedes, la Classe C 63. C’est le plus petit format disponible en version AMG, si l’on exclut bien-sûr le roadster SLK 55, déjà mis à l’honneur lors de la précédente exposition consacrée à la SL. En 19 ans, Mercedes a inversé les valeurs de la cylindrée, passant de C36 à C63, mais le résultat n’en reste pas moins efficace. Face aux rivales de toujours, les BMW M3 et Audi S4, ainsi qu’à l’outsider Volvo S60 Polestar, la Mercedes C63 ne lâche rien ! Son V8 de 6208 cm3 délivre 457 chevaux pour un couple 600 Nm. La vitesse est « bien-sûr » limitée électroniquement, à 250 km/h ; le 0 à 100 est avalé en 4,5 secondes. C’est mieux que la M3 (420 ch, pour un 0 à 100 en 4,8 sec), et même si Audi dégaine la RS4, la C63 AMG garde la main puisque la protagoniste d’Ingolstadt s’arrête à 450 ch. Le ton est donné : AMG se donne les moyens de dominer tous les segments.

Mercedes-Benz ML63 AMG

On retrouve des versions AMG dans à peu près toutes les gammes Mercedes, dont le Sport Utility Vehicle (SUV) Classe M. Ce tout chemin bon à « escalader les trottoirs » a été lancé par l’Étoile en 1997, qui tient ainsi à séduire le marché américain. Mercedes s’élance la première, mais très vite suivent BMW et son X5 ; plus tardivement, Audi dévoile en 2008 avec le Q5. Renouvelé en 2011, le ML (son autre nom) en est à sa troisième génération. AMG se penche bien évidemment sous son capot : si la précédente version du ML63 développait 510 ch, le nouveau venu en propose 525. Toutefois, il ne s’agit pas du même V8. Jusqu’en 2010, c’était à partir du même V8 que celui de la C63 que le ML arrivait à 510 ch ; aujourd’hui, c’est avec une nouvelle mécanique, toujours un V8, mais de 5461 cm3 cette fois, qu’AMG parvient à 525 ch. Dès lors, pourquoi ne pas l’appeler ML 55 AMG ? Tout simplement pour ne pas donner l’impression d’une régression entre les deux versions. Les apparences sont plus fortes que la réalité, même avec l’option désiglage gratuit. C’est dommage car cela occulte une partie du travail d’AMG, qui fut d’obtenir une puissance supérieure à partir d’une cylindrée inférieure. Un ML 55 n’aurait d’ailleurs pas été si étrange, puisque le premier ML transfiguré par le préparateur était déjà un ML 55 (mais de 347 ch « seulement »).

Mercedes-Benz CL63 & CL 65 AMG

Même moteur, mais carrosserie totalement différente : voici le CL63 AMG, dans une teinte exclusive blanc mat. Il est équipé du V8 de 5,5 l, mais cette fois la puissance grimpe à 544 chevaux. Si cela ne vous suffisait pas, AMG a pensé à tout en proposant une autre mécanique surpuissante à la gamme : il s’agit du CL65 qui atteint 630 ch. L’on remarque au passage que pour ce dernier le trucage des chiffres continue : le CL65 n’a en effet « qu » ‘un V12 de 5980 cm3. Si entre les deux votre cœur balance, faites en sorte que vos économies aussi, car passer du CL63 au CL65 c’est faire un bond de 179 400 € à 240 400 €, ce qui ramène le cheval supplémentaire à 709 euros. Le gain au 0 à 100 n’est pour sa part que d’un dixième de seconde (4,4 sec contre 4,5). Reste qu’au volant de n’importe quel CL vous roulez déjà dans une rareté, écoulée en France à quelques dizaines d’exemplaires chaque année. Lancée en 2006 et restylée en 2010, l’actuelle version vit sa dernière année pleine puisque l’imminent renouvellement de la Classe S verra obligatoirement un changement de génération du CL en 2013.

Mercedes-Benz SLS 63 AMG Coupé

Tournant dans l’histoire de la collaboration entre les deux marques, la SLS. Pour la première fois, Mercedes a entièrement confié la conception d’un de ses modèles à AMG. Le préparateur devient concepteur et part d’une feuille blanche. Sa mission : donner à la gamme Mercedes une remplaçante à la supercar SLR qui puisse être moins chère que cette dernière, aussi efficace et plus polyvalente, tout en étant fabriquée sans avoir recours à McLaren. Après de longs mois de tests avec des mulets à l’apparence de Dodge Viper, Mercedes dévoile la SLS au salon de Francfort 2009. Gorden Wagener et Hartmut Sinkwitz  signent la digne descendante de la 300 SL de 1954 : calandre à simple barrette, larges prises d’air latérale chromées, long capot et surtout des portes papillon. Ces portes font de cette Mercedes un modèle à nul autre pareil, même si cette fois un tel choix d’ouverture « Gullwing » n’est pas dû à la particularité du châssis (tubulaire en 1954) mais à une évidente volonté de distinguer la SLS du reste de la production automobile mondiale.

Mercedes-Benz SLS 63 AMG Roadster

La SLS perd ses portes papillon en version roadster, mais n’en reste pas moins exclusive. Sous son long capot, la même mécanique que le coupé : le même V8 de 6208 cm3 que dans la C63, mais qui développe cette fois 571 chevaux. Chose rare parmi les productions AMG, la vitesse n’est autolimitée à 250 km/h, ce qui permet à la SLS de promettre une pointe de vitesse à 317 km/h, pour un 0 à 100 en 3,8 secondes. On attend d’elle une version électrique pour l’année prochaine. Le roadster ne demande que 11 secondes pour être décapoté -une manœuvre possible jusqu’à 50km/h- et la surcharge due à cette transformation est plutôt limitée (40 kg seulement, ce qui n’influe pas sur les performances).

A l’automne viendra une nouvelle version de la SLS : la SLS AMG GT. La modification principale réside dans sa puissance, qui gagne 20 chevaux pour atteindre 591 ch, tandis que la vitesse maximale grimpe à 320 km/h. Le 0 à 100 gagne un dixième de seconde (3,7 sec) et le 0 à 200 se réalise en 11,2 sec. Esthétiquement, les feux sont fumés, et des monogrammes « GT » rouges sont ajoutés à l’arrière. De quoi attendre patiemment la version Black Series, attendue pour sa part à la fin de l’année 2013.

Mercedes-Benz SLS Safety Car F1

L’année 2010 voit le retour des « Flèches d’Argent » sur les circuits des Grands Prix de Formule 1. Il s’agit d’une part de l’écurie de course Mercedes Grand Prix, qui reprend l’écurie Brawn Grand Prix, victorieuse des titres pilote et constructeur en 2009, et dont nous reparlerons plus tard. Mais il s’agit d’autre part de la SLS 63 AMG, encore elle, qui devient la voiture de sécurité de la F1. Ce choix n’étonne personne : elle remplace à ce poste une autre Mercedes AMG, la SL63. La Safety Car a pour responsabilité l’intervention rapide en cas d’accident ou de danger majeur sur le circuit, afin de prévenir les pilotes et de neutraliser la course le temps que la situation redevienne normale. Lors d’incidents graves, elle est alliée à la voiture médicale, une C63 AMG break.

Mercedes-Benz SLS Safety Car F1

Cette SLS Safety Car se distingue de ses sœurs de série par des gyrophares profilés, à diodes oranges et caméras embarquées, qui sont posés sur le toit, ainsi que par ses nombreux autocollants. La plaque arrière est composée de 700 Diodes afin qu’elle soit visible même sous la pluie la plus forte ou dans le brouillard. A son bord prennent place Bernd Mayländer (le pilote, filmé par une caméra intérieure) et Pete Tibbetts (le représentant de la FIA). Quatre boutons permettent de contrôler l’allumage des diodes, deux écrans dont un retransmet une vue filmée de l’arrière sur le peloton de course, ainsi qu’une radio permettent de régler les interventions. Les différents drapeaux en vigueur, annoncés par Charlie Whiting, sont répercutés sur la boîte à gant (chez les pilotes, c’est directement sur leur volant). Cette Safety Car et la Medical Car sont des réalisations du AMG Performance Studio, situé à Affalterbach.

A ce jour, la SLS AMG est la plus puissante Safety Car jamais utilisée sur les Grands Prix.

Mercedes-Benz SLS GT3 AMG

La Merecedes-Benz SLS AMG GT3 est la déclinaison de la SLS répondant au règlement du Championnat FIA GT3. Elle ne peut donc pas rouler sur route ouverte, contrairement à la Porsche 911 du même nom. Par rapport à la version de « Monsieur tout-le-monde », la GT3 s’équipe d’un immense aileron arrière en fibre de carbone, d’un extracteur, ainsi que de très larges prises d’air latérales. Le moteur est le même V8 de 571 chevaux que la SLS de série, mais la boîte à double embrayage est remplacée par une simple boîte séquentielle à 6 rapports. L’intérieur est protégé par une structure tubulaire, et malgré toutes ces transformations, le poids est en baisse de 300 kg (1320 kg au total). C’est Bernd Shneider qui en a réalisé les tests, une valeur sûre puisqu’il est le pilote le plus titré en DTM.

Mercedes-Benz SLS GT3 AMG

Courses d’endurance, ou simples sprints, la SLS GT3 est homologuée à toutes les séries répondant au règlement FIA GT3, dont le Championnat Européen GT3 mais aussi l’ADAC GT-Masters et le Super Taikyu ST-X class au Japon.Remarquez que cette version est numérotée 35, comme la 300 SEL 6,8 de 1971 que nous allons bientôt découvrir.

A 334 000 € hors taxe pièce, cette SLS GT3 s’adresse aux équipes privées, qui en retour bénéficient de l’expertise d’AMG et d’un soutien matériel pour les réparations légères d’usures ou lourdes consécutives à d’éventuels accidents.

Mercedes-Benz 300 SEL AMG

Dans son hommage à AMG, la Mercedes Gallery n’en oublie pas le passé. Or l’histoire d’AMG et de Mercedes commence réellement en 1971, lorsque la Mercedes-Benz 300 SEL au moteur 6,8 litres préparée par AMG termine deuxième des 24 Heures de Spa-Francorchamps, derrière une Ford Capri. Cet exploit de prestige permet à AMG de se faire connaître et d’engranger des commandes auprès d’une clientèle internationale. A l’origine une berline plutôt sage, la Mercedes 300 SEL est totalement transfigurée par les sorciers d’AMG : le V8 passe de 6,3l à 6,8 l, développe 428 chevaux transmis à une boîte automatique à 3 vitesse, et affiche une vitesse de pointe de 265 km/h. Ne pesant que 1350 kg, cette berline à propulsion pas comme les autres efface le 0 à 100 en 4,2 secondes, et le 0 à 200 en 12 sec. Le 400 m Départ arrêté est oublié en 14 sec. Encore aujourd’hui, ces performances sont d’actualité.

Mercedes-Benz 300 SEL AMG

Enfin, terminons cette visite de la saison estivale de la Mercedes Gallery des Champs Elysées telle que vous la commencerez si vous vous y rendez : par la rencontre dès l’entrée avec la Formule 1 AMG Petronas de Michael Schumacher et de Nico Rosberg.

Mercedes-Benz W03 F1

Mercedes est engagée en Formule 1 depuis 2010, avec une écurie bâtie sur la victorieuse Brawn GP de 2009. Confiées aux mains de pilotes expérimentés comme Nico Rosberg et le septuple Champion du monde Michael Schumacher, ces Flèches d’Argent modernes n’arrivent pourtant guère à convaincre, à tel point que les rumeurs sur un possible désengagement des circuits de Mercedes sont de plus en plus nombreuses. La F1 coûte cher, Mercedes comptait y faire un retour tonitruant grâce aux prouesses de Ross Brawn et au talent de ses pilotes allemands, mais malgré l’un des plus gros budgets du plateau l’Etoile n’est arrivée à rien d’autre qu’une unique victoire, acquise cette saison au Grand Prix de Chine, par N. Rosberg. Espérons que Mercedes persévèrera ; la monoplace, même si elle n’appartient par à l’univers AMG, impressionne dans l’entrée de la Mercedes Gallery.

Mercedes-Benz W03 F1

Mercedes-Benz W03 F1

Pour voir toutes ces merveilles, rendez-vous au 118 de l’Avenue des Champs Elysées à Paris, à la Mercedes Gallery (M° Ligne 1, station « George V »). Vous trouverez également la boutique officielle Mercedes, qui vend toutes les références du catalogue, que ce soient les miniatures, la maroquinerie, l’habillement, les bijoux, ou même les fragrances. L’espace est ouvert tous les jours, de 10h30 à 22 h, voire jusqu’à 23 h les vendredi et samedi (et 20h seulement le dimanche). L’exposition se termine le 31 août.

Crédit photographique : François M.

En bonus, une dernière photo de l’impressionnante 300 SEL 6,8 l de 1971 :