Le dernier X3, qui s’est écoulé à plus de 950 000 unités dans le monde, avait besoin d’un sacré coup de jeune. Ce fameux F25 avait, à mes yeux, pris ces dernières années un sacré coup de vieux. La nouvelle gamme de BMW qui découle de la dernière série 7, entraîne des courbes beaucoup plus voluptueuses et moins anguleuses. Ce G01 devait donc se mettre à jour pour continuer cette success-story débutée en 2003 et qui compte jusqu’à aujourd’hui 1,5 millions d’exemplaires. Il faut dire que la famille X représente en 2016 près de 32 % des ventes de la marque dans le monde. Et le X3 est le 2 ème modèle le plus vendu dans le monde après le X5, également 2ème en France mais derrière le X1. Cette dernière version sera-t-elle au niveau des précédentes ? C’est ce que nous allons voir.

Pour vérifier tout ça, nous avons été invités en Corse par la marque bavaroise pour mettre à l’épreuve ce X3 sur les merveilleuses routes de  l’Ile de Beauté. Mais vous allez me dire, un SUV sur des routes sinueuses, il y a de quoi vomir après chaque virolo. Attention spoiler : pas du tout !

Avant de parler de ce qui m’a bluffé sur ce X3, parlons de son style extérieur. Je ne peux plus vous le cacher, je suis assez fan de BMW. Et je dois avouer ne jamais avoir été emballé par le X3. Mais cette nouvelle version me réconcilie avec ce SUV du segment C. Reprenant des éléments stylistiques des dernières Série 5 et 7, comme l’Air Breather, cette ouverture derrière l’essieu avant qui permet d’avoir un coefficient de pénétration dans l’air de 0,29 (une prouesse pour un SUV). A titre de comparaison, le XC60 de Volvo atteint le score 0.32 et c’est déjà une performance !

Les optiques retravaillées et entièrement à LED sur ma version d’essai, modernisent encore plus le style du X3. On retrouve également des feux avant séparés de la calandre avant, contrairement à la dernière génération. A l’arrière, ces derniers sont 3D, même si ça n’apporte pas grand chose. Des anti-brouillard LED font aussi leur apparition sur le bouclier avant.

A l’arrière, un petit détail stylistique est fortement appréciable : quelle que soit la motorisation, les X3 de cette nouvelle génération auront une ou deux sorties d’échappement de chaque côté. Un détail certe, mais très important pour moi. Cela renforce le caractère massif du SUV et abaisse tout naturellement sa ligne de caisse.

La version MSport, que j’ai pu avoir à l’essai, dispose de spécificités stylistiques qui lui sont propres. Tout d’abord, les pare-chocs avant et arrière, plus agressifs, mais aussi des passages de roues couleur carrosserie. Nos jantes 20 pouces paraissent presque trop petite tant la finition MSport respire la sportivité. Sur les versions 30i et 30d, vous aurez le droit à des freins MSport, qui ne comprennent pas seulement des étriers bleus mais qui sont aussi endurants comme nous le verrons plus tard…

En résumé, cette nouvelle génération du X3 – nom de code G01 – est très rafraîchissant pour ce qui est du design extérieur. Il donne un coup de jeune indéniable à ce SUV. Aucune faute de goût, c’est germanique voyons. Passons à l’intérieur…

S’inspirant toujours de ses grandes sœurs Série 7 et 5, le X3 arbore un intérieur de très haute technologie. Au milieu du tableau de bord trône fièrement l’écran dorénavant flottant sur la planche de bord, mais aussi tactile. Mais si vous avez peur des traces de doigts, ne vous inquiétez pas, il reste toujours le système iDrive si cher à BMW. Sûrement un des systèmes les plus simples à utiliser du marché. Vous pourrez aussi commander l’écran avec les gestes (300€).

Les cadrans derrière le volant se transforment en tout numérique en option. Certains ne le trouveront pas assez immersif comme le Virtual Cockpit d’Audi. Pour ma part, le fait d’avoir gardé le cerclage chromé des compteurs traditionnels, amène une certaine classe. Pour avoir essayé le système d’Audi, je le trouve vraiment trop distrayant (avis personnel). Celui-ci est plus simple et change de style selon les modes de conduite choisis. L’affichage tête haute est quant à lui agrandit par rapport à la génération précédente.

Le X3 dispose enfin du système DisplayKey (600€) qui vous permet de garer la voiture de manière autonome et d’avoir accès à une multitude d’informations sur votre véhicule.

Le tableau de bord gagne en légèreté et en fluidité. Beaucoup moins mastoc que l’ancien, il gagne aussi en qualité de finition. Les matériaux et la qualité d’assemblage sont dorénavant proche de la perfection. Les ajouts de logos X3 taillés dans l’aluminium au milieu bas de la console centrale et dans les portières apportent un réel sentiment de haut de gamme.

Enfin niveau sellerie, les sièges avant disposent comme d’habitude avec BMW d’un maintient quasi-parfait aux lombaires (on voit qu’ils sont plus habitués à produire des propulsions !).

Il est tant de parler de ce qui m’a bluffé le plus sur cette nouvelle génération, la conduite. N’ayant pas essayé l’ancienne génération, il est vrai que je n’ai pas de référence benchmark. Mais j’ai pu conduire de nombreux SUV de la catégorie et je dois dire que je m’attendais à une conduite quelque peu pataude, comme un SUV quoi (excepté le Stelvio) ! Or, rien de tout cela à son volant !

Le X3, du moins dans cette version MSport, se comporte a quelques détails près comme une berline. A aucun moment, je n’ai ressenti les presque 2 tonnes de ce SUV. Que ce soit le châssis, diablement sain et rigoureux, ou bien le moteur 6 cylindres en ligne diesel de 265 ch, performant, sobre et qui dispose d’une sonorité assez envoûtante pour un diesel, rien ne déçoit au volant de cette nouvelle BMW X3.

Je m’attendais donc à une voiture bringuebalante et prenant du roulis sur les virolos des routes made in Corsica. Mais le châssis rabaissé du SUV berlinois contient au mieux le roulis et enchaîne les virages sans même que vous le ressentiez. La conduite sportive ne lui fait pas peur et on peut le brusquer, accélérer fortement, rentrer dans les freins et le poser délicatement sur ses appuis. Il ne vous prendra pas en traitre et je n’ai à aucun moment ressenti être au volant d’un véhicule en surpoids.

Et ce, grâce en particulier à ce moteur fantastique que nous avions déjà pu essayer sur la BMW Série 5 Touring qui nous a emmené à Franfort avec Thomas. Un moteur dont presque seul BMW a encore le secret. Un 6 cylindres de 3 litres de cylindrée, avec une puissance de 265 ch et un couple maximal de 620 Nm. Un moteur qui permet à cette BMW X3, de réaliser un 0 à 100 km/h en 5,8s. Oui vous avez bien lu… Et tout cela en ne consommant au cours de notre essai que 8,5 litres aux 100km. Une véritable prouesse technologique.

La répartition 50/50 du véhicule est bénéfique au comportement d’une rigueur quasi parfaite pour le segment. Le gain de poids de presque 55 kg entre cette génération et la précédente aide également.

Mais ce côté sportif de la finition MSport a un point gris (oui parce que je n’ai pas voulu l’appeler “point noir”) : la suspension DirectDrive, dont le tarage plus ferme et l’adoption de barres anti-roulis plus dures entraine une filtration moins importante des aspérités de la route. Ce serait vraiment l’une des seules critiques que je pourrais faire à ce SUV, sans oublier que les grandes jantes 20″ en option (1950€) faussent sûrement la donne.

Vous l’aurez compris, j’ai été tout simplement conquis par ce X3. Toutefois, rendre une telle copie quasi-vierge de faute se paye à prix d’or. Dans sa version 30d, il démarre à 58 650 € (plus 3 660 € de malus écologique). En MSport, il faut rajouter 8 150 €. Et notre version essayée frôle les 80 000 € ! Cependant, il démarre à 47 700 € (5810 € de malus) dans sa version Lounge avec la motorisation essence 20i, un 4 cylindres de 184ch, qui au regard de la conjoncture actuelle devrait rencontrer des amateurs en France.

Pour indication, son concurrent principal, l’Audi Q5, commence à 41 490 € (253€ de malus) mais dans sa version 150ch du 2.0 L TDI. Pour une version comparable à la version du X3 que nous avons pu essayer, il faut compter aux alentours de 80 000 € également. Pensez peut-être également à l’Alfa Romeo Stelvio dont Ancelin vous a donné un premier aperçu ici et dont Thomas vous parlera en version Diesel très prochainement.

La nouvelle génération G01, fait oublier les défauts et le dessin vieillissant du F25. Pour ma part, cette nouvelle mouture est terriblement séduisante tant à l’extérieur qu’à l’intérieur et encore plus au volant ! Le X3 devait obligatoirement se remettre en question pour faire face à un Q5 très bien né et un GLC toujours aussi agréable. BMW transforme l’essai à la perfection et dispose donc maintenant d’une arme très bien affûtée pour affronter la concurrence sur le marché à succès du SUV premium.

Merci à BMW France pour l’invitation et leur fidélité.

Crédit : Ugo Missana