Au commencement il y avait la grande carrosserie Heuliez, aujourd’hui il n’y a plus rien ou presque. Après la fin d’Heuliez, celle de Mia Electric, c’est au tour du constructeur de voitures sans permis (VSP) JDM de disparaitre définitivement du tissu économico-industriel du nord des Deux Sèvres.

Cerizay Heuliez, Mia, JDM  la fin

L’entreprise avrillaise (la ville d’Avrillé est située dans la banlieue nord ouest d’Angers) fut créée au milieu des années 70 sous le nom de Simpa-JDM et se fit connaitre par ses voiturettes sans permis qui furent vendues un peu partout en France durant près d’une trentaine années et sans problème particulier. La seconde moitié de la décennie 2000-2010, fut moins facile pour une PME qui subit de plein fouet le resserrement du marché mais aussi la concurrence de « géants » comme l’entreprise savoyarde Aixam, leader du marché. Au total, JDM aura produit durant son existence un peu plus de 40.000 autos et exporté environ 45% de ses véhicules vers d’autres marchés.
Il y a quatre ans, la société BGI (Baelen Gaillard Industrie) reprend une partie d’Heuliez mais aussi JDM la société du Maine et Loire cependant elle ne reste pas à Angers notamment pour des raisons de coûts financiers et de rationalisation de l’appareil de production. Ainsi BGI se sépare d’une partie des salariés et déménage JDM à Cerizay sur le site industriel d’Heuliez. A l’époque on se dit que le constructeur va retrouver un second souffle et se relancer. L’affaire sera pénible et l’entreprise peine à progresser et trouver des clients.
L’an passé, lorsque BGI annonce la fermeture définitive de Heuliez, il se sépare aussi de JDM qui est revendu au groupe @l’1fini situé à Limoges et son objet principal est la gestion des activités des sociétés holding. @l’1fini s’occupe plus de la gestion de biens fonciers et immobiliers que de production automobile. Toujours est il qu’à l’hiver 2013, JDM change de mains mais surement faute de moyens, de compétences et d’hommes, le constructeur automobile ne va pas bien et après un semestre passé sous l’égide du « groupe » limougeot, c ‘est la mise en redressement judiciaire.

A la rentrée dernière, le Tribunal de commerce de Niort prononce la mise en liquidation de JDM avec poursuite de l’activité durant 30 jours afin d’aider à la recherche d’un possible repreneur. Mais rien n’y fera et après deux mois de chômage technique, les 32 salariés de l’entreprise reçoivent cette semaine leur lettre de licenciement avec effet immédiat.

Le patron du groupe @l’1fini déplore de ne pas avoir été entendu par le tribunal et de n’avoir pas reçu à temps de l’Etat une lettre de créances d’impôts qui aurait, selon lui, permis de régler les fournisseurs et sous traitants puis de relancer la production automobile. Du côté des représentants des salariés, on se dit amer, aigri, déçu et on dénonce sans se cacher un vrai gâchis industiel, financier et humain. On dénonce aussi les errements et l’incompétence des différents dirigeants qui se sont succédés depuis quelques années à la tête de JDM.

Le site industriel de Cerizay se meurt et avec lui la ville, autrefois active, qui perd avec la fin annoncée du lieu, ses perspectives de développement et un projet d’avenir pour ses habitants.
Pour découvrir le site, ci dessous une vue du ciel et le parc de stockage du temps de l’Opel Tigra (vue partielle).

Comme certains nous reprochent de ne plus être passionnés et/ou complets comme auparavant nous avons été sur place pour proposer des images du lieu qui semble hésiter entre endormissement et état moribond. Voici un diaporama réalisé par votre serviteur il y a peu qui vous permet de découvrir le site tel qu’il est aujourd’hui.

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Via AFP, La République,L’Express, AP.
Crédits photos : Frédéric Euvrard pour Blogautomobile.