Longtemps considéré comme discipline marginale, le rallycross se fait petit à petit une place dans le coeur des passionnées de sport automobile et a le droit depuis 2014 à un championnat du monde orchestré par la fédération internationale de l’automobile.
Depuis lors, de nombreux champions venus d’horizons différents (mais souvent issus du WRC, tels que Sébastien Loeb ou encore Peter Solberg) se sont penchés sur ces courses populaires et prennent maintenant part au championnat. 
Plus qu’un billet contant l’histoire de cette discipline, je vous propose une immersion totale au sein du Team Peugeot Hansen le temps d’un week-end à Lohéac. Moteur !

Chez les Hansen, bien plus qu’un Team, c’est avant tout une famille, une vraie ! (dont l’ensemble est à retrouver en détails ici).

Dans la famille Hansen, je demande donc :
Le père : Kenneth Hansen, champion de rallycross européen à 14 reprises, champion de rallycross en Suède à 10 reprises et plus de 35 ans qu’il baigne dans le monde du rallycross. C’est tout naturellement qu’il justifie sa place de patron du Team Peugeot Hansen.
La mère : Susann Hansen, apportant la joie et la chaleur nécessaires et caractéristiques de l’ambiance du Team Hansen. Plus que Team Manager, c’est avant tout elle aussi une pilote surdouée dans une discipline bien à elle, vous devinez laquelle ? Le rallycross, vous êtes forts, ça va être utile pour la suite.
Les grands-parents : Lilian et Thord Bergvall, font partie intégrante du Team à travers des tâches plus « logistiques » mais tout aussi importantes !
Les pilotes (on les attendait ceux-là) : Timmy (25 ans) et Kevin Hansen (18 ans), tous deux fils de Kenneth et Susann Hansen. Inutile de vous préciser qu’ils ont donc baigné dans le monde du rallycross depuis tous petits !

Le petit dernier de la famille ? Oh, tout simplement un alsacien pas tellement connu, du nom de Sébastien Loeb.

Depuis la création du championnat, Peugeot s’est associé à la famille Hansen pour former le Team Peugeot Hansen.
Les 3 pilotes du Team courent dans la catégorie « reine » du championnat à savoir la catégorie Supercar avec des 208 WRX, dont les moteurs (communs à toute la catégorie) développent 600 ch pour 850 Nm de couple permettant d’abattre le 0 à 100 km/h en exactement 1,9 secondes. Si ça ce ne sont pas des sensations fortes…

C’en est fini pour les présentations.
Si je vous ai amené jusqu’ici dans cet article, ce n’est comme je l’ai déjà précisé par pour vous faire un récit bête et méchant de ce qu’il s’est passé sur la piste, mais plutôt ce que j’ai vécu à l’intérieur du Team.

Premier contact…

Nous arrivons le vendredi en fin de journée au circuit de Lohéac. Il a plu et malgré un timide soleil, le temps est plutôt froid. En croisant les premiers spectateurs vêtus de capes de pluie et autres vêtements très « fonctionnels » pour le week-end, je me demande d’abord bien comment j’ai pu arriver là pour y passer mon week-end.
Arrivée sous les tentes du Team et premier contact avec les pilotes lors d’une rapide présentation. Les frères Hansen ont l’air timides, mais c’est un plaisir de voir jaillir de leurs bouches respectives des sourires si naturels lors des premières poignées de main !
Puis vient la présentation du « stand », la tente dite « hospitalisée » placée entre l’atelier et un bus. On y croise la charmante Stéphanie Val de la communication Peugeot Sport, des mécaniciens, les pilotes et plein d’autres personnes chacune arborant fièrement les couleurs de la marque au Lion et du Team. Malgré le poids qui doit peser sur les épaules de chacun en ce week-end de course, l’ambiance qui règne en ces lieux est chaleureuse apaisante et il est totalement impossible de ne pas en ressortir avec une banane grosse comme ça !

Samedi 8h30, les choses sérieuses commencent !

Après un rapide briefing de l’organisation pour les photographes, direction le stand Peugeot Hansen pour le premier café du matin. La température extérieure peine encore à dépasser les 10°C mais le ciel sans nuages et les premiers rayons de soleil plutôt chauds laissent présager une magnifique journée placée sous le signe de la convivialité !
C’est ce mot qui me vient en premier à l’esprit en observant la horde de spectateurs en tous genres chargés de parasols, glacières, casquettes et sièges de camping pour cette belle journée en famille. Pour ce qui est du « beau », la météo sera au rendez-vous.
Les mécaniciens s’activent autour des voitures et on se rend tout de suite compte que la tension vient de monter d’un cran, on rentre dans le vif du sujet !

Après une matinée d’essais libres sans encombres, nous rencontrons enfin les pilotes et je me suis arrangé pour vous concocter une interview aux petits oignons des deux frères pilotes suédois !

(Questions et traduction, Ancelin Schoenhentz, propos enregistrés et interview photographiée par Jack Stou).

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Ancelin : Bonjour à tous les deux ! Merci de m’accorder un peu de votre temps. On va commencer si vous le voulez bien par une question plutôt classique, à quel âge avez-vous commencé à courir ? Je suppose que vous avez tous deux commencé par du karting…
Timmy : J’ai commencé le karting à 5 ans et ai débuté la compétition dès mes 7 ans.
Kevin : J’ai également commencé à 4-5 ans mais n’ai débuté la compétition qu’à 10 ans.

Ancelin : Qu’y a-t-il de particulier à courir en famille, est-ce plus difficile ?
Timmy : C’est notre père qui nous donné les instructions en course. Je trouve que c’est un vrai avantage car nous nous connaissons depuis toujours. Pendant la course ce n’est pourtant plus famille, ce sont comme des collègues. Il faut savoir rester professionnel et oublier que ce sont ma mère et mon père. Ça a toujours été comme ça, ce n’est pas nouveau donc c’est tout à fait naturel pour nous.

Ancelin : Quel circuit est votre préféré durant la saison ?
Timmy : Tous les circuits sont spécifiques mais Lohéac est un circuit plutôt grand, avec un public conséquent et un tracé intéressant.
Kevin : Plutôt l’étape suédoise car très technique, mais Lohéac est un circuit très rapide et avec une ambiance si particulière !

Ancelin : Et est-ce encore plus difficile de courir en suède devant votre public, dans votre pays ?
Timmy : je pense que c’est encore plus difficile en France, l’atmosphère est vraiment unique avec tous ces fans.

Ancelin : Est-ce difficile de courir avec un champion tel que Sébastien ?
Timmy : Oui, très difficile (rires) ! C’est un excellent pilote, nous avons de très bonnes relations, j’étais très content lorsque j’ai appri que Sébastien  allait devenir pilote au sein de notre équipe. Je le regardais courir en rallye, je recherche toujours ses secrets mais maintenant je cours avec lui depuis un petit moment et le fait que Sébastien soit un pilote rapide n’est plus un secret pour personne. Nous rions et passons de bons moments ensemble.

Ancelin : Un rituel avant chaque course ?
Timmy : Je pense qu’il est important de se relaxer, penser à autre chose, essayer de laisser échapper l’adrénaline.
Kevin : Exactement pareil, ça aide à se concentrer après, à se mettre en conditions pour conduire une voiture.

Ancelin : Nous tenons un blog dont le sujet principal est bien entendu l’automobile, quelles voitures conduisez vous actuellement ?
Timmy : J’ai une Peugeot 308 GTi, très bonne voiture sportive, fun à conduire. Je vis avec ma copine et nous avons également une 208, qui me plait vraiment, c’est une chouette petite voiture.
Kevin : J’ai tout juste eu mon permis l’année dernière, je vis encore avec mes parents. 3008, 508, ce que les parents ont à la maison mais rien de bien excitant bien que je prenne plaisir à conduire le 3008

Ancelin : Et la voiture de vos rêves ?
Timmy : Conduire ces voitures (NDLR : les 208 WRX), pour moi ce n’est pas comme conduire une supercar à un prix exorbitant, ce n’est pas non plus mon intention d’en avoir une. Ces voitures sportives sont bonnes mais lourdes, ennuyeuses. Je n’achèterai surement pas de sportive, j’ai celle-ci (208 WRX). Je pense en revanche me mettre à l’électrique, je pense que c’est le futur.

Ancelin : Que comptez vous faire après le WRX ?
Timmy : Du rallycross ! Demandez à tous les pilotes de la catégorie supercar, ils vous diront rallycross ! Cette discipline est une des plus excitantes, agressives. Les voitures sont brutales, le conducteur a de grandes responsabilités. À chaque changement de revêtement et  d’adhérence, le conducteur doit s’adapter à la voiture et non l’inverse.
Kevin : J’ai commencé cette année en championnat du monde, donc je veux continuer puisque je ne conduis pas depuis longtemps. Je vais essayer d’atteindre le niveau de champion du monde et continuer de me donner à fond.

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Ce qui ressort de cette interview, vous l’avez bien sûr aperçu, c’est que le rallycross constitue une discipline vraiment à part. L’ambiance familiale et détendue ainsi que la proximité des voitures et des pilotes en dehors de la piste contribuent nettement à la recette magique !

Samedi après les qualifications, ressortent premiers Kristoffersson, Loeb et Block !

Dimanche, carton plein pour VW, Loeb et Peugeot assurent le spectacle !

Les 3 208 WRX arrivent en demies-finales ! Malheureusement, sûrement handicapé par une voiture de 2016 et surtout une concurrence expérimentée, Kevin n’attendra pas la finale tant désirée.
En revanche, Sébastien Loeb et Timmy Hansen se placent idéalement pour un dernier un de 6 tours.
Malheureusement, Timmy Hansen sera victime d’une crevaison et finira la course en dernière position tandis que Sébastien Loeb accusera les kg en trop de sa voiture par rapport à la Polo WRX de Kristoffersson et finira à une honorable 2me place.
Si les Peugeot ne sont pas ressorties victorieuses en termes de points et de classement, elles sont à coup sûr sorties vainqueur du prix du public !

Quelle ambiance, je crois que le Lion a gagné un supporter en plus en WRX…

Merci à Peugeot et au duo de choc Aurélie&Valérie pour l’organisation de ce merveilleux week-end !

Crédits Photos : Ancelin Schoenhentz & Jack Stou