En faisant le tour des blogs de nos confères ou même en parcourant régulièrement nos pages, vous aurez sûrement remarqué que malgré sa faible diffusion dans l’Hexagone, l’Abarth 124 Spider dispose d’une cote d’amour étonnante. Un roadster dans sa plus pure définition affublé d’une ligne d’échappement digne de ce nom et d’une base japonaise légendaire qui a su conquérir encore tout récemment le coeur de l’un de nos rédacteurs qui la qualifiait de “meilleure des MX-5”. La marque au scorpion a profité de l’année 2018 pour repenser son offre et ses tarifs et propose maintenant une version GT à hard-top, inédite sur le segment ! Assez de la 124 ? Pas nous !

L’Abarth 124 se décline maintenant en 3 finitions : Spider, Spider Turismo et GT. Jugée trop chère lors de sa sortie (un ticket d’entrée à 40 000 €), l’entrée de gamme s’affiche désormais à 34 500 €. Même si la motorization reste identique quelque soit le niveau de finition, la dotation de série devient plus sommaire au premier échelon. Bien que les amortisseurs Bilstein et le différentiel à glissement limité Torsen perdurent, impasse est faite sur les freins Brembo et la ligne d’échappement Monza au son pourtant si caractéristique et selon moi incontournable. La Turismo, facturée 37 000 € ajoute la climatisation automatique, la sellerie cuir, l’écran 7 pouces, l’audio Bose, ainsi que bien évidemment, les freins Brembo et la ligne d’échappement qui manquaient à l’appel. Rien que du réassortiment de gamme en somme. La véritable nouveauté se situe dans ………. un toit. Mais quel toit ! La 124 GT propose à partir de 40 900 € propose donc un accessoire inédit sur le segment que Mazda proposait pourtant sur son roadster MX-5 sur les 3 generations precedents. Le principe reste identique, le hard-top vient donc prendre une fois la capote repliée (pas besoin de la démonter) le rôle de toit et se fixe à deux endroits entre le lunette arrière et la malle et se vérouille au milieu en haut du pare-brise devant le rétroviseur central, exactement comme avec la capote en toile. Ce hard-top est d’ailleurs le meme que celui  qui équipe la 124 Rally R-GT du Team Milano Racing, distributeur exclusif et pour lequel Nicolas Ciamin, jeune espoir du rallye français court cette année, sur une 124 évidemment. Et c’est justement sur les routes du Rallye du Rouergue, quelques jours avant que les pilotes ne s’élancent que nous allons découvrir cette 124 GT. C’est aussi sur ces mêmes routes que le pilote de 20 ans (!!!) a terminé 5ème au classement général et 1er des catégories Deux Roues Motrices et GT+, un bel exploit.

Arrivé dans la matinée à l’aéroport international de Rodez (rien que ça), notre petit groupe se réjouit en découvrant sur le parking 3 Abarth 124 GT (2 dans la teinte exclusive GT “Gris Alpi Orientali” et un dernier en “Bleu Hessen”) mais surtout les 32°C affichés au thermomètre. On ne regrettera sûrement pas le hard-top et un peu de climatisation par cette chaleur étouffante, et vous pouvez me croire, pratiquant le roadster au quotidien. Le gris, étincelant au soleil, laissant peu à peu apparaitre ses multiples paillettes et facettes en fonction de la lumière aura mes faveurs pour les deux prochains jours. Pas grand chose à ajouter avant d’en prendre le volant, je connais déjà la voiture et m’élance rapidement sur le tracé indiqué par le GPS qui nous fera découvrir une bonne partie des routes qui seront empruntées dès le lendemain par les ouvreurs du rallye du Rouergue. Dès les premiers kilomètres parcourus, je découvre avec plaisir les nombreux virages qui arpentent la région en suivant l’Aveyron vers l’ouest. Je retrouve également avec plaisir la simplicité jouissive de la voiture plaisir dans son plus simple appareil : un roadster 2 places frisant la tonne, une sonorité rauque et expressive, un 1.4 turbo pétillant et juste ce qu’il faut de touches sportives ça et là. Outre le toit carbone, la 124 GT se pare également de coques de rétroviseurs et d’une lame avant assorties. Enfin, pour contrebalancer la prise de poids dû à l’adjonction du hard top (16 kg), la 124 GT opte pour des jantes spécifiques OZ Superlegerra qui permettent chacune de gagner 3 kg sur la balance, le tout bien évidemment en masses non suspendues ! Je n’irai pas jusqu’à dire que le comportement s’en trouve transfiguré, ce serait techniquement totalement faux et objectivement encore plus faux puisque je n’ai sans aucun doute pas les compétences pour ressentir une réelle différence par rapport à une Abarth 124 Spider classique. Toujours est-il que le style de la 124 à travers ces différents éléments mais également à travers une nouvelle gamme repensée et harmonisée trouve pour moi enfin sa place sur ce segment restraint.

Le soleil prend ses aises et se fait nettement plus présent après le déjeuner, accompagné d’une bière artisanale locale, à déguster avec modération bien entendu. Déjeuner qui fut également l’occasion d’échanger avec Nicolas Ciamin et son copilote de l’épreuve. Je retrouve avec une certaine joie non dissimulée l’ambiance des essais Yaris GRMN à l’occasion du Tour de Corse, expérience que je vous avais partagée il y a quelques mois seulement. Consommer local et profiter d’une petite auto nerveuse parfaitement adaptée aux étroites routes Aveyronnaises entre deux pauses bucoliques, voilà l’esprit rallye d’antan. Nombreuses sont les épingles à l’aveugle et les passages recouverts de gravillons, caractéristiques de l’épreuve et redoutés des concurrents. Je fais donc prevue de retenue en reprenant le volant, notamment après un freinage optimiste qui m’a entre autres permis de redécouvrir l’aisance de la 124 en survirage avec une intervention on ne peut plus discrète mais efficace de l’ESP pour que l’on puisse se faire plaisir quel que soit son niveau. Le pédalier alu est parfaitement positionné pour retrouver mes reflexes avant l’été et m’exercer en prévision d’un long road-trip à travers les Alpes notamment. Je profite d’une rare portion de ligne droite pour pousser l’aiguille du compte-tours dans ses derniers retranchements. La zone fatidique débute dès 6500 trs/min mais le 1.4 L s’essoufle malheureusment bien avant, sans pour autant que l’effet “coup de pied au fessier” normalement procuré par le turbo vienne me faire oublier cette petite tache sur la copie. Heureusement, quelque soit votre humeur du moment, le Monza enchantera inévitablement votre journée, laissant échapper une légère déflagration de temps à autre et ronronnant sans s’arrêter, rompant avec le bruit monotone mais ô combien jouissif en de début d’été des cigales qui elles aussi l’ont attendu bien trop longtemps.

Nous continuons notre progression en direction de l’Auvergne, bien au nord de Rodez pour atteindre le charmant village de Sébrazac chargé d’histoire. Je ne peux m’empêcher de marquer l’arrêt sur le superbe pont en pierre reliant au dessus du Lot les deux parties du village, ce pont même où Nicolas Ciamin passera deux jours après. L’occasion également de se rendre compte en photos du peu de différences esthétiques entre la 124 GT et son homologue R-GT, qui a fait l’impasse sur les appendices aérodynamiques à outrance ainsi qu’à la collection d’ailerons sur la malle arrière. La voiture fait sensation au milieu des étroites ruelles aux murs clairs interminables, propices à la résonance du Monza pour la plus grande surprise des touristes qui se demandent bien d’où peuvent provenir ces déflagrations aléatoires résultant d’un léger lâcher de pédale de droite à l’accélération (contenue en milieu urbain bien évidemment). La 124 GT impressionne par son bruit et interroge par son look mais également son logo qui reste méconnu de nombre de personnes.

La nouvelle nomenclature de gamme et l’adjonction de cette finition GT apporte un véritable vent de fraicheur à la 124 qui se cherchait encore. Elle trouve enfin à travers son positionnement tarifaire revu à la baisse une légitimité face à une Mazda MX-5 qui rafle la plus grande part du gâteau. Et ce serait bien dommage de devoir se passer de l’une des deux sur le marché…

Un grand merci à Abarth France et Christophe pour l’invitation.

Crédits Photos : Abarth Press & Ancelin Schoenhentz