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Apparu en 1984, l’Espace fut une révolution dans le monde de l’automobile : il ne faut pas oublier que c’est lui, avec le Chrysler Voyager, qui est à la base du segment des monospaces. On se rappelle tous que Renault le développa avec Matra pour ses trois premières générations avant de développer le quatrième en solo.

Après 1 245 000 exemplaires vendus en 30 ans, Renault repart d’une page blanche pour concevoir cette nouvelle génération. La quatrième génération cède en effet sa place après 12 ans de bons et loyaux services. Le constructeur au losange a souhaité pour sa sortie et sa promotion inviter votre site favori à une séance d’essais à Nîmes et c’est 335 kilomètres plus tard que je peux partager avec vous mes impressions sur ce nouveau Renault Espace, aux dents (très) longues.

La découverte: un Espace sauce Van Den Acker

Renault m’a donc convié à Nîmes (j’aime me répéter) pour prendre le volant de l’Espace en deux versions : Intens Dci 160 EDC6 et Initiale Paris Energy Tce 200 EDC7. Présenté par le biais du concept « Initiale Paris » en 2012, le nouvel Espace de série a conservé ce look aviation, mais toujours très moderne. L’Espace rentre d’ailleurs dans la catégorie des « Crossover » (c’est dans l’air du temps) : les roues enflent (jantes de 17 à 20″) et l’allure délaisse le côté monospace et « camionnette » pour tendre plus sur le SUV et le break de chasse. On retrouve toutefois rapidement la marque de fabrique de l’Espace, avec le pare-brise avant en trois parties, un grand vitrage latéral et l’arrière vertical, mais c’est le coup de crayon de Laurens Van Den Acker qui caractérise vraiment cet Espace new gen. On retrouve en effet le nouveau style qu’a imposé la marque pour ses dernières sorties de véhicules avec la Clio, Captur et pour son Kadjar à venir.

Il gagne un bas de caisse en plastique brut et des sabots façon aluminium à l’avant et à l’arrière. A l’avant, le losange grossit, le chrome est quand même très présent mais sans jamais faire racoleur. Côté carrosserie,  l’Espace bénéficie d’un véritable aspect sculpté: passages de roues proéminents, portières creusées, le vitrage étiré, le chrome sectionnant le toit du reste de la voiture, les feux arrière subtilement travaillés, etc…

Les Renault n’ont jamais brillé par leur signature lumineuse, et la marque commençait à prendre du retard sur ce secteur. Il est donc plaisant de découvrir ce joli trait de LED dans les phares formant un « C ». Quand les feux sont éteints, j’ai pu remarquer la barrette de chrome qui rejoint le filament de LED de nos phares avant afin de former une extension des barres de chrome de la calandre: plutôt réussi!

Revenons sur les feux arrière. Ils sont très imposants et facilitent la reconnaissance de la marque la nuit par l’éclairage en LED et leur forme en virgule (oui, un peu comme sur un Scenic, mais en mieux). L‘intérêt principal des feux réside dans le travail aérodynamique qui permet une véritable économie d’énergie.

Je clos ce chapitre en vous parlant des dimensions de la bête: vous devez savoir (pour les plus avertis) que Renault n’a conservé qu’une seule longueur: celui du Grand Espace, qui s’étend tout de même sur 4.86 m de long et 1.89 m de large (+3cm) pour culminer à une hauteur de 1.68 m (-7cm). Maintenant qu’on a fait le tour de la carrosserie et de son nouveau look « aéro », le moment est venu de monter à bord de l’habitacle!!!

Un intérieur 2 point 0

A l’intérieur, l’Espace est bourré de technologie moderne. Fini les compteurs centraux : l’Espace fait passer ses compteurs, toujours entièrement digitaux, derrière le volant. On est immédiatement plongé dans une ambiance contemporaine accentuée notamment par l’immense écran central (9 pouces) à faire pâlir un iPad. C’est parti pour un petit inventaire des technos dispo dans l’auto :

  • On retrouve le système tête haute projeté sur tablette (à la façon 3008 sauf qu’ajustable!)  avec évidemment la vitesse, un avertisseur de limitation de vitesse, un report du GPS plutôt pratique et, pour la première fois sur une française, un système de sécurité Safe Distance Warning. Renault équipe l’Espace de l’Adaptive Cruise Control ou autrement dit un régulateur de vitesse »+ + »  qui permet de s’adapter à la vitesse du véhicule précédent. Petit plus : la caméra intégrée « lit » les panneaux et actualise la vitesse maximale autorisée sur votre GPS. Si vous activez le ACC votre véhicule ralentit en fonction!
  • On passe sur l’Easy Park Assist  qu’on ne présente plus pour aborder le sujet qui fâche… l’avertisseur de dépassement de ligne! Il vibre au moindre dépassement de voie, alors là, mais alors là ! Sans doute que l’habitude de ma petite citadine n’a pas aidé mais perso, je l’ai désactivé.
  • Côté modularité, je note le Magic Folding qui se gère depuis la tablette ou le côté gauche du hayon. On rabat – au choix – un seul siège ou l’ensemble des sièges. Petit bémol: à vous de les relever… à la main ! Même si les sièges arrière ne sont pas bien lourds, c’est bof…mais ça reste du détail…
  • On vous parlait tout à l’heure des phares à LED… Comme sur certaines grosses berlines allemandes, l’Espace ajuste l’éclairage qui passe de feux de route à feux de croisement et vice versa grâce à ses capteurs.
  • On en vient au clou du spectacle! Par le choix d’une boîte automatique « shift by wire » et son câble électrique, qui permet de se passer d’un câble mécanique plus complexe et plus encombrant, on libère de l’espace pour permettre cette superbe console flottante. C’est le « shifter » ! Comme mes amis diraient: What The F**k !!! Oui, la forme futuriste de ce joystick dont le style est inspiré des commandes dans l’aviation rendra addict n’importe quel super papa geek. En plus d’être somptueux, il permet des mouvements super fluides et faciles.

 

La vie à bord

Les sièges m’ont tout de suite interpellé par leur élégance, et surtout leur confort, ils sont très enveloppants et on s’y sent bien ! Mention spéciale pour les réglages électriques qui proposent différentes positions pour pouvoir s’asseoir à son aise. A l’arrière on retrouve le vaste espace aux jambes mais aussi en hauteur tête/plafond. On a même gagné 4cm par rapport à l’ancienne génération.  L’accès aux places de la deuxième rangée est favorisé par les grandes portières arrière: quand je l’ai remarqué je me suis dit « tiens c’est pour installer le bébé dans son siège » ! N’ayant ni bébé, ni de siège rehausseur sous la main, c’est ma valise qui s’est prêté au jeu et elle est passée sans problème: un vrai bon point pour toutes les familles qui galèrent à installer leurs progénitures aux sièges arrière. Les sièges de la deuxième rangée sont individuels et coulissants : chacun peut se placer comme bon lui semble. Pour terminer, je me suis installé à la troisième rangée. Les sièges agrémentés d’agréables accoudoirs bien rembourrés sont très confortables et procurent un bon maintien. Un enfant y aura tout à fait sa place mais mon mètre 80 a un peu souffert . ..
Côté coffre, je déplore l’absence une fois encore d’une solution pour ranger le  cache bagage qu’on doit enlever quand on installe la troisième rangée de sièges.

Prise en mains.

Depuis le Multi-Sense et sa tablette, l’Espace est totalement paramétrable ! Alors avant de prendre la route, à vous de choisir parmi les 4 modes de conduite suivant votre humeur !!

– Neutre: vous disposez d’un intérieur éclairé en sépia et le mode de conduite est qualifiable de standard.
– Eco: on passe à intérieur au ton vert. L’ affichage au niveau des compteurs digitaux est différent de la version neutre. Le mode éco gère différemment la climatisation, abaisse la consommation et vous indique les bons gestes « durables » au volant.
– Confort: the blue style ! L’affichage des compteurs est encore différent. Ce mode est à apprécier sur les autoroutes où la voiture se dote d’un confort encore amélioré et vous permet d’activer le mode massage et siège chauffant.
– Sport: The devil style ! Vous l’aurez deviné, on se retrouve dans un univers rouge et les compteurs se dotent d’une présentation sportive. Le 4Control agit sur la motricité et vous offre une conduite plus dynamique.
– Perso: De base l’ambiance lumineuse se teinte de violet, mais vous pouvez le modifier. La voiture vous laisse carte blanche
et c’est à vous d’afficher le compteur selon votre goût de régler les suspensions et le confort… . La voiture est paramétrable à souhait.

Mon expérience au volant !! Enfin…..

Nous y voilà ! Démarrons ce nouvel Espace via le bouton du démarrage main libre. Première bonne surprise : au ralenti, la voiture est silencieuse (et pourtant il s’agit d’un diesel !). Je démarre avec le mode neutre, on est très vite à l’aise, le moteur répond bien, les 160 poneys sont présents mais la boîte prend une à deux secondes pour répondre en bas régime…par contre, dès qu’elle est lancée, les reprises sont instantanées.

Au bout de quelques kilomètres,  j’ai envie de tester les autres modes : c’est parti pour le mode « salon » ou confort …. Les suspensions s’adoucissent, discutant moins bien les petits virages, vous forçant à activer l’alerte de franchissement de ligne. Les massages m’ont très rapidement hérissé les poils… on est bien sur un mode autoroute… Je m’amuse ainsi à activer les différents modes jusqu’à  sélectionner celui qui va me faire adorer la conduite de l’Espace au milieu des champs: le mode sport. On active ainsi les quatre roues directrices, on sent véritablement les 160 chevaux prêts à bondir, la direction est précise, c’est un vrai régal au fil des virages, des lignes droites et le freinage est présent aux moindres petites erreurs de ma conduite de cavalier impétueux.

Arrivant dans les petits villages de l’arrière-pays nîmois, je teste le mode éco, la clim migre aux abonnés absents, la voiture vous indique les passages à passer pour rester dans le vert et vous faire éviter aux moindres accélérations brusque de vous mettre dans le rouge. Les rapports longs finissent par lasser mon passager et moi-même. Après un passage sur les routes secondaires et les routes nationales, nous débutons un trajet autoroutier, où j’ai pu véritablement profiter du mode confort, recommandé par Renault : la voiture devient un véritable yacht. Elle avale les kilomètres et se révèle excellente par ses reprises, malgré ce foutu siège massant qui a continué à me massacrer le dos (libre à vous de le laisser ou de le désactiver comme j’ai fini par le faire, je dois avouer que j’ai connu mieux en matière de siège massant). A son volant je n’ai pas eu l’impression d’avoir une voiture frisant les 5 mètres de long mais plutôt l’agréable sensation de conduire une compacte du segment en dessous.

A l’aube de mon dernier jour d’essais, j’ai enfin profité de la version essence et de ses 200 purs sangs. Il règne un calme olympien au démarrage : le moteur essence ne souffre d’aucun reproche, la boîte est très bien étagée, le moteur répond à la moindre sollicitation. Dommage qu’il ne représentera que très peu de vente face au 1.6 Dci 160 (qui je pense sera la plus grosse vente sur l’Espace). L’Initiale Paris offre des équipements optionnels sur les autres finitions tels que l’immense toit panoramique ouvrant (plutôt rare chez les constructeurs français), la très belle sellerie cuir biton -qui n’est pas sans rappeler la sellerie bracelet montre de chez DS. Double petit coup de cœur sur 1) la teinte noire aux reflets violets ( superbe…) et 2) les jantes spécifiques à l’Initiale Paris qui rappellent dans leur forme la tour Eiffel (sisi !).

Côté moteur, j’ai ressenti lors des départs avec le Dci 160 une à deux secondes de temps de relance. Il correspond parfaitement à l’esprit d’une familiale assurant confort et dynamisme sans en avoir à recourir au Tce 200. La conso s’établit (tous modes confondus) aux alentours de 5.5l à 6.l en le poussant ce qui est tout à fait raisonnable. Le TCE 200 collera au père de famille amateur de conduite sportive. Enfin une alternative au SUV allemands !!! La consommation du Tce 200 s’établit aux alentours de 7l.

C’est la fin…

Au final on ressent une très grosse montée en gamme de l’Espace qui vient maintenant marcher sur les plats de bande des SUV allemands (X5, GLE, Q5…) mais aussi la française DS 5. L’équipement ultra technologique de l’Espace en surprendra plus d’un : il offre toutes les dernières technologies disponibles en savoir-faire automobile. En termes d’habitabilité, bonne nouvelle : l’Espace offre un vaste…espace à ses occupants. La gamme moteur, plutôt maigre, satisfera quand même bon nombre de clients potentiels. Les moteurs Tce 200 et Dci 160 feront de l’image et du volume de vente (surtout pour le 160).Voilà, pour les aspects positifs, je conclus avec ce qui ma légèrement déçu: malgré le grand confort à bord, j’ai été surpris par le manque de rangement à l’avant comme à l’arrière (allez Renault, on réfléchit à des rangements supplémentaires !). La seule trappe à la disposition des passagers arrière est réservée au kit de gonflage en cas de crevaison. L’Espace comme nous l’avons connu s’est transformé pour s’adapter à nos nouveaux désirs et moyen de consommation. L‘Espace est mort, vive l’Espace.

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Un grand merci à l’équipe Renault, pour l’organisation, leur sympathie et leur enthousiasme.

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