IMG_3079-2 Il y a des vendredi après-midi où il ne se passe rien. Et il y a des après-midis où on est invités par BMW à découvrir 5 de leurs plus puissants modèles au CERAM à Mortefontaine (60).

D’après Michel Vedette, « Vendredi après-midi, ta semaine est terminée ». Hmm… Pas tout à fait, puisque je suis invité par BMW à passer quelques heures sur le circuit du CERAM. Au programme, six autos dont la moins puissante commence à…306 chevaux. Le décor est planté, il est donc temps de prendre en main les M135i, 435i Gran Coupé, M4, M6 Gran Coupé, sans oublier la M235i [aka la béhème m deux cent trente-cinq i].

 

Pendant deux heures, on pouvait…

…conduire une 435i GC

On commence en douceur avec la moins hardcore du plateau. Enfin, ma voiture était quand même motorisée par le fameux 6 cylindres en ligne maison, gavé par un turbo Twin Scroll et développant un petit (…) 306 ch, de quoi propulser l’auto de 0 à 100 km/h en 5,2 s. Nous avions déjà rencontré la Série 4 Gran Coupé lors d’une présentation statique à Paris, mais je n’en n’avais encore jamais vu dans la rue. La voiture est très distinguée, les proportions de « coupé 5 portes » agréables et la face avant reprise de la Série 4 permettent de dynamiser l’allure de la belle. Seuls les clignotants oranges font vraiment tâche à l’arrière (mais je ne vous apprends rien, Romain l’avait déjà remarqué quand il avait essayé la Série 4 Coupé). La filiation avec une Série 3 ne semble cependant un peu trop excessive, et j’ai bien peur qu’une grande majorité des passants ne fasse aucune différence entre les deux voitures.

Le but de l’atelier : se familiariser avec les différents modes de conduites disponibles sur les modèles BMW : EcoPro/Confort/Sport/Sport+, à choisir via un petit interrupteur à côté de la boîte de vitesse. En EcoPro, vous vous en doutez bien, tous les réglages font en sorte d’économiser un maximum de carburant : la pédale d’accélérateur ne fait pas preuve d’une grande réactivité, les reprises sont douces, la climatisation est réduite… A savourer en ville ou à vitesse stabilisée. En mode Confort (le mode par défaut), la voiture commence à reprendre un peu du poil de la bête, et on commence à entr’apercevoir ce qu’à le L6 dans le ventre. Mais c’est en Sport que ça commence à être drôle : la direction se raffermit, ses suspensions font de même, tandis que la réponse de l’accélérateur est bien plus directe. De quoi se faire plaisir avec une voiture devenue une sportive, à la direction très agréable et au comportement sain, sans compter la mélodie charmeuse du moteur. Et pour ceux qui en veulent encore plus, il existe un dernier mode, le Sport+, qui, s’il ne modifie pas grand-chose au niveau des réglages et de la cartographie moteur, coupe d’office l’ESP. Vous voilà prévenus. Mais le petit tour de la boucle routière se termine déjà et je dois céder ma place…

…drifter en M4.

« C’était bien la Gran Coupé Jean-Baptiste ? » « Ouais c’était cool ! » « Bon alors assieds-toi dans la M4, on va faire du drift avec. Enfin, TU vas faire du drift avec. » Gloups. La M4. Une Série 4 avec un 6 cylindres en ligne de 431 ch et 550 Nm de couple de 1850 à 5500 tr/min, le tout suralimenté par 2 turbos. Ajoutez à cela un panneau de coffre, un toit et des barres anti-rapprochement en carbone et plein d’aluminium partout et vous arriverez à limiter le poids à 1 572 kgs. Autant dire que j’étais moyen confiant.

Mais pour commencer, on va partir sur quelques accélérations. Comme attendu, la poussée est folle, et, à partir de 3 000 tr/min, un deuxième coup de pied aux fesses vous catapulte directement à l’autre bout de la ligne droite, le tout assaisonné par un bruit qui fait débat, mais que j’apprécie personnellement, oscillant entre un grognement et quelque chose de plus métallique (vous pouvez vous faire une idée en cliquant ici). Mais il est temps de s’approcher de l’aire d’essai, copieusement arrosée et dotée d’une sympathique pellicule bien grasse de gomme brûlée laissée par mes prédécesseurs. Première étape pour mon instructeur : débrancher toutes les aides à la conduite, puis mettre sur « Sport+ » la direction, la suspension et la cartographie moteur. Et que le spectacle commence. Faire partir l’arrière n’est pas la plus compliquée des choses : roues braquées, pied au plancher, terminé. C’est la suite qui devient un peu plus délicate, puisqu’il faut réussir à doser l’accélérateur tout en trouvant le juste angle au volant pour espérer ne pas partir dans les choux trop rapidement. Résultat ? Disons pudiquement que c’était plus facile en MX-5. J’aurai quand même –fierté personnelle- réussi à faire ¾ de cercle en glisse (à peu près) contrôlée. Mais, plus que le résultat, c’était les sensations qui m’intéressaient. Et elles étaient bien présentes ! Ce fut court mais intense, et j’en aurais volontiers redemandé…

…rouler très très vite en M6 Gran Coupé

A peine le temps de me remettre de mes émotions Chrisharrissiennes qu’un autre bolide m’attend. Une M6 Gran Coupé, dans une superbe livrée gris mat. Je ne suis pas un grand fan du Coupé, que je trouve peu gracieux, trop lourd visuellement, mais l’ajout de deux portes à l’arrière rend l’ensemble bien plus réussi. Et quand il y a un V8 (arg) biturbo (aarg) de 560 ch (aaarg) pour 680 Nm de couple (aaaarg) de 1 500 à 5 750 tr/min (aaaaarg), on est à la fois impatient et terrifié à l’idée d’en prendre le volant.

La session commence par un tour de la boucle routière avec moi au volant. Si, dans les enchaînements de virages, les 1 950 kgs se font bien sentir, la moindre ligne droite s’avale en une bouchée : l’accélération est absolument incroyable. Un peu comme une Tesla Model S, mais avec le bruit en plus. De quoi ne pas spécialement rassurer mes passagers (désolé Sonia), et ce qui va arriver ne va pas les remettre d’aplomb, bien au contraire, puisque je cède le siège conducteur à un pilote bien plus expérimenté que moi, direction l’anneau de vitesse. La voiture accélère, accélère, accélère… accélère encore. L’aiguille du compteur monte, monte, franchit les 200 km/h comme je franchirais les 30 km/h dans toute autre voiture, puis viennent les 250 km/h. Dans les virages relevés (51° !!), le chauffeur nous propose de lever les bras et jambes, qui deviennent subitement lourds. La raison ? Notre corps était en train de se prendre 2G tranquillement dans la face. Mesdames, messieurs, une envie de gainage pour être présentable cet été ? Une M6 + un anneau de vitesse = résultats garantis. Un dernier passage, le temps au compteur de tutoyer les 280 km/h, puis retour à la case départ où, les jambes en coton et incapable d’aligner deux mots, je prendrai quelques instants pour reprendre mes esprits, tant l’expérience était incroyable.

…découvrir le xDrive en M135i

Revenons à des machines un peu moins extrême, avec la M135i de « seulement » 320 ch et 450 Nm de couple fournis par le L6 maison, revu par les ingénieurs de la division Motorsport. Mon exemplaire était équipé du système 4 roues motrices de BMW appelé xDrive, et c’est ce système que j’allais tester au travers de deux petits exercices.

Le premier consistait à accélérer à pleine balle depuis l’arrêt puis écraser la pédale de frein, le tout sur une surface ayant la même adhérence que la glace. Résultat ? Si l’accélération s’est passée sans aucun souci, le freinage m’aura en revanche demandé de larges corrections au volant pour garder la voiture dans sa trajectoire. xDrive 1 – ABS 0. (Attention, je ne dis pas que l’ABS c’est naze hein. C’est tout le contraire : sans ABS, vous auriez volé environ 1 milliseconde après avoir effleuré la pédale de frein. C’est juste que, dans cette situation, la techno 4 roues motrices a été plus efficace pour garder la voiture en ligne. C’est tout.) Deuxième exercice : Sur une surface un poil plus adhérente, toutes aides déconnectées et voiture arrêté, braquer à fond tout en accélérant au max. Bien sûr, vous vous attendriez –comme moi- à un copieux sous-virage. Raté : c’est le train arrière qui s’échappera, permettant à la voiture de partir dans un joli dérapage contrôlable super facilement (ce qui m’a aussi permis de reprendre un peu confiance en moi après l’épisode M4). Pourquoi cette réaction ? Parce que le système aura deviné, en voyant les aides déconnectées, l’angle important du volant et l’accélérateur écrasé, que vous voulez faire le kéké. Il aura donc transmis l’intégralité de la puissance du moteur vers les roues arrière, permettant cette jolie glissade. Mais le xDrive reste attentif : s’il s’aperçoit que l’accélérateur est moins enfoncé ou que le volant est moins braqué, il interprètera ces éléments comme la fin de la récréation et gèrera la puissance entre les essieux avant et arrière, de quoi remettre la voiture en sécurité. Assez bluffant.

 

…Faire un tour en M235i

Coupé, propulsion, L6 à l’avant, 326 ch. Cette M235i a tout l’air d’être le prototype même de ce qu’attendent les extrémistes béhèmistes. On pourrait voir cette voiture comme un moyen de les calmer après l’épisode Active Tourer (Pensez-vous, un monospace traction propulsé par un 3 cylindres diesel). Mais… elle a bien d’autres arguments à faire valoir. A commencer par sa ligne, qui je trouve offre un bel équilibre entre classe et sportivité. A l’intérieur, moins de surprise puisqu’on retrouve le tableau de bord de la Série 1 « de base ». Mais cette voiture pourrait avoir tous les défauts du monde qu’on s’en fouterait royalement au moment même où le moteur se mettrait en marche…

L’accélération est bien entendu moins impressionnante qu’avec la M6 mais reste terriblement grisante (5 petites secondes pour passer de 0 à 100 km/h), surtout qu’elle est ponctuée du râle du 6 en ligne. Le planning fera que cette prise en main extrêmement rapide : un exercice, reproduire une situation d’évitement (coup de volant à gauche puis à droite) à 80 km/h, en débranchant progressivement les aides à la conduite. Tout branché, il ne se passe pas grand-chose : la voiture ne bouge pas d’un iota de la trajectoire souhaitée et c’est tant mieux vu que c’est ce qu’on attend. Cependant, plus on libère la voiture, plus on sent l’arrière décrocher pour aider la voiture à pivoter, mais mes tentatives se seront généralement soldées par une surcharge de l’avant, conduisant à un début de sous-virage. Dommage que je n’aie que ça à vous raconter…

5 voitures en 2 heures : vous l’aurez bien compris, ces essais (plutôt ces prises en main) étaient plus là pour avoir des sensations que pour réellement juger une voiture dans sa globalité. Mission carrément réussie, les étoiles dans mes yeux sur le retour en témoignant… Une chose est sûre, mon week-end va me paraître terriblement ennuyeux. SAM_0163

Un grand merci à Sonia, Charles et toute l’équipe encadrante pour ce super après-midi !

Crédits photos : Jean-Baptiste Passieux, BMW

Suivez-moi sur Twitter : @JBPssx