Il y a des voitures comme ça, qu’on aimerait essayer à de nombreuses occasions, la Stinger en fait partie. Mon coup de cœur pour elle avec la prise en main de la GT V6 y est sûrement pour beaucoup. Il y a quelques mois, j’ai alors voulu essayer la version 2.0 essence, mais malheureusement seul le diesel était disponible chez Kia France. Vous allez le voir, « malheureusement » était un bien grand mot… Récit !

J’ai bien peur de manquer d’objectivité, mais honnêtement cette Stinger est vraiment bluffante. Elle apporte satisfaction dans tout ce dont elle a été conçue. Très confortable, comme une bonne berline doit l’être, et en même temps aussi sportive qu’elle le revendique. Alors certes, elle prend à mon goût un peu trop de roulis pour exceller dans ce domaine, mais le grip monstrueux et la belle précision de la direction m’ont donné un plaisir assez sensationnel derrière le volant. Et puis merde, c’est une propulsion ! Sa forte tendance à dériver du train arrière sur commande est assez incroyable, il faut le vivre pour le croire…

Pour entrer dans le détail, on a ici le 2,2 CRDI de tout de même 200 ch. Malgré cette belle cavalerie dans le dos, on ne se sent à aucun moment en insécurité. Son comportement routier nous apporte une pleine sérénité et ne devient joueur qu’une fois le mode Sport+ enclenché. À ce moment-là, tout se montre plus réactif : accélérateur, direction, passage de rapports, tout est plus précis. En jouant avec elle, on oublierait presque être assis dans une auto de 4,83 m de long. Et si le 0 à 100 km/h n’est pas des plus excitants, « seulement » 7,6 secondes sur l’exercice, son couple généreux (440 Nm) offre de bonnes relances en toutes situations. On s’insère ainsi facilement dans un flux de circulation ou on bondit avec panache de virage en virage. Son châssis réglé aux petits oignons permet donc de s’amuser dans le sinueux malgré son poids important de 1,8 tonne.

Puis, quand il s’agit de rouler en toute sagesse, la Stinger fait preuve de discrétion. La boite automatique à 8 rapports, qui était quelques fois un peu perdue en conduite dynamique, se veut maintenant douce et précise. L’auto se conduit en toute simplicité ; maniabilité idéale et absorption des petites aspérités à mettre en sa faveur. Le bloc est en plus très silencieux et ne provoque pas de vibration intempestive. Il claque quand même un peu fort à froid mais il sait ensuite se faire discret, au moyen notamment d’une insonorisation très bien travaillée. A mon sens, c’est un véritable exploit pour un moteur diesel ! Sans compter qu’il n’y a aucun bruit de vent ou roulement disgracieux à l’horizon. Les longs trajets d’autoroute sont alors avalés avec aisance, l’idéal pour qui aime enquiller les kilomètres.  

En plus, contrairement à sa grande sœur, la consommation est plus que raisonnable. J’ai pour ma part relevé sur plusieurs types de trajets des chiffres de 5,8 à 6,9 litres aux 100 km. Bien aidé par le mode Eco, on ne passera pas son temps à la pompe avec une autonomie de 800 à 1000 km. Une conduite énergique fera évidemment chuter vos statistiques mais n’attendra jamais les 20 l/100 de la GT. Sans compter que le malus passe de 12 500 € à 4818 € pour notre version.

Elle se montre également plus accessible financièrement. Avec un ticket d’entrée à 45 500 €, voire 49 400 € en Pack Premium, elle paraîtrait presque bon marché face à ses concurrentes (Audi A5 Sportback ou BMW Série 4 Gran Coupé par exemple). Hormis une peinture à 650 €, aucune autre option n’étant à sélectionner.

Par ce nouvel essai, je ne comptais pas vous reparler du design adopté par la marque, ou de la qualité de l’habitacle, mais les regards étaient à nouveau tellement insistants dans la rue que je ne résiste pas à l’envie. À l’extérieur, seul un œil avisé saura identifier l’absence du V6 sous la capot : on souligne une double sortie d’échappements manquante, l’absence des étiers brembo et évidemment le sigle GT Line (seule finition disponible) apposé sur la carrosserie. Aussi, les jantes de « seulement » 18 pouces ne dénotent pas dans le style et améliorent au contraire le confort général. En optant pour une couleur osée et une apparence de coupé, elle a fière allure sur la route.

En grimpant à bord elle propose une très belle présentation, mieux que chez les Allemands à mon sens, même si quelques indices ici et là trahissent l’absence de savoir-faire dans le premium. Attention, les finitions restent quand même plutôt bonnes grâce à quelques matériaux flatteurs ou quelques touches de couleur. On apprécie notamment les jolis sièges beiges à l’assise et au maintien irréprochables. Côté habitabilité, 4 adultes seront ravis de s’y installer, la 5ème place est comme souvent à considérer comme une place d’appoint en raison d’un tunnel de transmission proéminent. Enfin, le grand hayon facilite le chargement mais avec 406 litres ce ne sera certainement pas la plus pratique.

Au-delà de l’argument de poids de Kia, à savoir la garantie 7 ans, la Stinger déroule de belles prestations de conduite et de style. Tout en étant réussie, elle vous laisse choisir entre confort et sportivité quand bon vous semble. Que demander de plus ?

Crédit photos : Thomas D. (Fast Auto)