Essai : le Ford Puma Flexifuel est-il une bonne voiture de festoche ?

Ford Puma

On est comme ça chez Blogautomobile, on aime se mettre à votre place. Aussi, lorsqu’un lecteur nous a demandé quelle était la voiture idéale pour se rendre à un festival, on a sauté sur l’occasion : direction le Dour Festival en Belgique en Ford Puma Flexifuel !

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Aller en festoche c’est bien, mais ça requiert de l’or-ga-ni-sa-tion. Soyons méthodiques.

Ce Ford Puma Flexifuel…

…peut-on le reconnaître dans le parking ?

Et encore, ce n’était que le jeudi matin

223 000 festivaliers, il faut les parquer. Si on prend en plus en compte que le festival est globalement au milieu de nulle part, on se rend bien compte que le parking va être blindé et que retrouver sa caisse peut parfois tourner à un “Où est Charlie” puissance 1000. Dans cette optique, y garer un Puma qui trouve son petit succès en Europe (73 600 immatriculations rien qu’au premier semestre 2022, neuvième meilleure vente dans le continent) peut être audacieux…sauf que.

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Sauf que 1- les festivaliers de Dour sont fauchés (cf. plus bas) et que le parking est rempli de vieilles Clio ou de Fiesta usées jusqu’à la corde, rendant notre pimpant SUV clairement au-dessus du game et que 2- notre Puma n’est pas rouge, il est Rouge Fantastic. Ça claque. Aucun problème pour le retrouver, donc : premier point validé.

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…a-t-il un bon système son ?

Ça me paraît évident, mais un bon festoche, ça se prépare durant le voyage en décortiquant la programmation pour y dénicher la perle rare, celle qu’on ne voudra surtout pas rater le jour J. Un système son de qualité est donc essentiel, chose à quoi “mon” Puma répond à merveille avec cette installation B&O de 575 W, crachés par les 10 haut-parleurs répartis dans l’habitacle. La théorie est alléchante, la pratique remporte la mise : le son est d’une impeccable justesse, affinable à souhait via de multiples réglages. Système son : validé.

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Le reste de l’info-divertissement se prête un peu moins aux louanges. J’ai toujours aimé l’écran central tournant sous SYNC 3 (la preuve) et oui, en tant que tel, il est ergonomique et fait ce qu’on lui demande…mais sa présentation commence quand même à dater un peu. Ceci dit, vous me rétorquerez que sa compatibilité avec Apple Carplay & Android Auto permet de passer outre cette remarque et vous aurez tout à fait raison. L’autre point qui coince un peu selon moi, ce sont les compteurs numériques. Alors oui, ça fait moderne d’avoir un écran derrière le volant mais, lorsque l’ensemble des affichages ne change ni l’ordre “tachymètre à gauche / ordinateur de bord au centre / compte-tour à droite” ni la dimensions ou la mise en valeur d’un de ces éléments, autant revenir à de vraies aiguilles, ça fera économiser de l’argent à tout le monde (et c’est plus joli).

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…est-il spacieux ?

Festival -> Camping -> amener de quoi dormir / manger / boire / s’habiller / se laver / […]. Ajoutez à cela la nécessité de mettre un maximum de passagers dans la voiture pour partager les frais (rappel : le festivalier n’a pas une thune) et on obtient une règle d’or pour une voiture de festoche : elle doit être spacieuse.

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Le Puma l’est-il ? Oh oui, oh que oui. A l’aller, nous avons réussi à caser (prenez votre respiration) 3 tentes “2 secondes” 3 places (i.e. encombrantes), 2 tonnelles (sans toit mais ça on ne le saura qu’en les déballant hihihi), 3 chaises, 3 sacs de fringues/produits d’hygiène & co nécessaires pour tenir 5 jours, 3 tapis de sol, 3 sacs de couchage, 4 grands sacs de courses, 48 canettes de 50 cl, 23 bouteilles et 3 êtres humains dans des conditions de confort et de sécurité plus qu’honnêtes. Au retour, pareil, 4 sacs, 4 chaises, 4 tapis de sol, 4 sacs de couchage, 3 tentes + 2-3 autres bêtises : tout dans le coffre, tandis que 4 passagers prenaient agréablement place dans l’habitacle. Une pure merveille.

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Le moindre cm² a clairement été optimisé

On remercie un coffre généreux de base (456 litres, c’est un score plus qu’honorable pour une voiture de 4.18 m de long), bien carré et bien foutu, mais la vraie raison derrière ce miracle d’habitabilité se cache sous le plancher amovible : introducing la “Mégabox”, un espace supplémentaire de 80 litres portant la hauteur totale de chargement à 115 cm, étanche et doté d’un bouchon de vidange. Quant au hayon, il est électrique et peut s’ouvrir d’un passage du pied sous le pare-choc. Du coup on peut mettre plein de trucs.

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…est-il confortable ?

Après cinq jours passés à taper du pied dans des conditions d’hygiène déplorables, à avoir bien trop peu dormi et à s’être nourri d’aliments nutritionnellement abominables, le festivalier n’a qu’une hâte : retrouver un brin de confort. Le Puma s’en charge très bien.

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D’une part parce que, comme on vient de le voir, l’habitacle est suffisamment spacieux pour quatre personnes et d’autre part parce que ce Puma est vraiment super confortable. J’avoue avoir été soulagé à la remise des clefs en me rendant compte que je récupérais une finition Titamium, aux suspensions plus souples ; j’ai souvenir d’une synthèse bien moins agréable lorsque j’avais eu un ST-Line lors des premiers essais. Même en passant par quelques secteurs pavés (Dour n’est qu’à quelques kilomètres de la frontière avec notre fier Nord, ne l’oublions pas), rien n’y fait : le Puma encaisse sans broncher. Du bon travail.

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Et puis, de façon générale, ce Puma Flexifuel est très agréable à conduire. On va parler moteur vroum vroum juste après mais, pour l’instant, je vais me contenter de vous dire que le moteur est souple, que la puissance est suffisante, que le maniement du levier de vitesse est OK et que la direction est bien calibrée. Sur autoroute, le p’tit Ford est un peu moins dans son élément avec un chouille trop de bruits d’air à mon goût et des aides à la conduite pas de dernière génération (un régulateur adaptatif sans maintien en ligne en 2022 ??) mais bon, quelques dB supplémentaires de la bonne sono règlera le premier souci et, pour le second, vous devriez quand même être capable de tenir un volant, non ?

…est-il économique ?

Dour, c’est pas Coachella ; entendez par là que le festival belge n’est pas un repère d’influenceuse. Dour, c’est roots, et les festivaliers sont du même acabit…de même que leurs comptes en banque. Les économies sont donc toujours bien accueillies, et c’est là que le Puma Flexifuel tire sa carte maîtresse : il carbure à l’éthanol !

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Et l’éthanol, ou l’E85 dans le jargon des stations-services, ça a comme avantage de ne pas coûter cher : comptez entre 70 et 80 centimes le litre actuellement. Du coup, et quand bien même ce carburant entraîne une surconsommation de ~20-25% par rapport à une motorisation essence “tout court”, cette version Flexifuel enterre toute forme de concurrence. D’autant plus qu’avec une consommation moyenne relevée de 7.2 l/100 km, ce Puma végétarien sirote son jus de betterave de façon bien raisonnable. Question ravitaillement, aucun problème : le GPS vous indique les stations distribuant de l’E85 les plus proches et, si jamais vous n’en trouvez pas, le moteur accepte sans broncher de l’essence “classique”. Un rêve.

D’autant plus que j’écorche le nom de mon Puma depuis le début, puisque je suis sensé le nommer “Puma 1.0 Flexifuel Hybrid 125 ch S&S mHEV BVM6”. Et le “mHEV”, si vous suivez bien, c’est synonyme d’hybridation légère. En gros, un alternodémarreur relié à une toute petite batterie située sous le siège passager est là pour donner un coup de boost au moteur : comptez 16 ch & 50 Nm de gain. Dans les faits, autant la régénération lors des freinages est vraiment sensible, avec un frein moteur étonnamment marqué, autant l’adjonction de puissance/couple est totalement transparent : il faudra avoir les yeux rivés sur une jauge du tableau de bord pour voir l’apport de cette micro-hybridation. Mais bon, ça participe à la bonne dynamique et à la sobriété de la voiture, avec des performances toujours honorables, et ce même chargé (et on l’a été, comme vous avez pu le constater).

Il est temps de conclure : voiture de festoche ou pas voiture de festoche ?

Un style qui se démarque, une sono d’enfer, de la place à revendre, un bon niveau de confort et des économies XXL : ce Puma Flexifuel est carrément une voiture de festoche. Des critiques ? Bien peu : l’info-divertissement n’est pas de première jeunesse, les matériaux de l’habitacle sont rapidement peu flatteurs, les aides à la conduite ne cassent pas des briques…et ça s’arrête globalement là. Je pense qu’on peut faire avec.

Qui peut le plus peut le moins : si ce Puma réussit avec brio cette tâche ardue, c’est qu’il conviendra parfaitement à votre quotidien. CQFD.

Merci à Cédric, Clément, Fabien, Geoffrey, Juliette, Maxime, Simon et Thomas pour ces cinq jours d’anthologie. Doureuuuh !

Crédit photos : Jean-Baptiste Passieux

Je suis sur Twitter : @JBPssx

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