Essai Jaguar F-Type Cab 300L’été qui a tardé à laisser sa place à la grisaille et autres basses températures nous a permis de pouvoir rouler très régulièrement cheveux au vent. L’occasion pour se demander quels cabriolets ont pu marquer cette année 2018 et réfléchir un peu sur l’avenir de la catégorie avec un marché toujours plus tournés vers les SUV.

J’ai débuté ce dossier spécial avec l’un de mes coups du cœur du moment, l’Abarth 124 Spider. Sonorité envoûtante, style néo-rétro attachant, comportement très joueur tout en restant très agréable au quotidien : le petit kart à la sauce italienne possède tous les ingrédients de la voiture plaisir.  En reprenant les bases d’une célèbre japonaise, les ingénieurs ne pouvaient pas se louper. On retrouve ainsi un châssis aux petits oignons, un train arrière baladeur et des rapports fermes. L’atelier de préparation Abarth rajoute en plus à tout ça un moteur énervé de 170 ch, un différentiel autobloquant, un freinage Brembo, des suspensions Bilstein et évidemment de magnifiques « brap brap » à l’échappement. De quoi bénéficier de performances exceptionnelles qui placent déjà la barre très haute pour les prétendantes à venir. À partir de 34 500 € ou 26 290 € pour la 124 Spider « classique ».

Continuons par une anglaise qui fait sensation depuis quelques années maintenant, la Jaguar F-Type Cabriolet. Le constructeur m’a confié le plus petit moteur disponible, le 4 cylindres 2.0 L Turbo de 300 ch, une déception à la réception du mail mais qui au final cachait un véritable régal. Alors oui j’aurais préféré une motorisation plus noble et plus de chevaux sous le capot mais elle s’est au final avérée très plaisante à conduire et cette F-Type est bluffante de polyvalence. Bien sûr, malgré un très bel appui aérodynamique, le roulis est légèrement trop prononcé pour se sentir réellement dans une sportive hyper affûtée ; la faute à des suspensions réglées pour être très confortables au quotidien, qui ne se veulent au moins pas cassantes, tout en ne nous balançant pas dans tous les sens. A l’inverse, la lenteur de la boîte en mode drive est dommageable mais les passages de rapport sont rapides et joueurs en mode sport. Mais quel plaisir de la regarder, de voir les têtes se dévisser sur son passage, d’enlever le toit, d’entendre pétarader le pot d’échappement central ou encore de voir le petit aileron se relever dans les rétroviseurs. En somme, une vraie voiture plaisir elle aussi, mais pour de plus gros budgets (à partir de 66 760 €).

Grand écart pour l’essai suivant. Peugeot qui faisait sensation avec les 206/207 CC ou 307/308 CC il n’y a pas si longtemps a décidé de ne pas perdurer cette déclinaison sur les 208 et 308 II pour se concentrer sur le reste de la gamme. Le seul moyen aujourd’hui de rouler cheveux au vent avec la marque au lion est de se tourner vers la 108 Top!. Cette dernière laisse la possibilité de se faire plaisir avec une bouille sympa (bien loin du classicisme des premières générations), des combinaisons de couleurs originales, un toit entièrement découvrable et un équipement pléthorique (caméra de recul, freinage d’urgence, Apple CarPlay, climatisation auto). Et si je reste toujours bluffé par la tenue de route de ces nouvelles mini-citadines j’ai regretté le flou complet que nous procure en main le pommeau de vitesse, venant un peu gâcher le plaisir. Et avec un intérieur coloré, une belle sensation d’espace une fois le toit enlevé et le soleil qui tape dans la nuque, du plaisir au volant de cette 108 Top! il y en a vraiment. D’autant plus en regardant le tableau de bord qui affiche une consommation aux environs des 5l au 100 km (et même 4,5 parfois). (Dès 14 750  €)

Chez Mercedes il y a pléthore de cabriolets (toutes les berlines ont leur déclinaison sans oublier les SLC, SL et AMG GT Roadster), ça c’est bien. J’aurais alors pu vous reparler de la Classe C 220d essayée sur la neige en début d’année, que j’avais plutôt très bien aimé, mais je voulais voir ce que ça donnait de côté de la Classe E. On comprends rapidement qu’elle est plus destinée à cruiser sur la côte ou dans les rues de Miami que d’arpenter de petits cols de montagne mais elle a tout de même ce qu’il faut pour procurer de belles sensations dans le sinueux. Avec sous le capot le diesel 350d de 258 ch qui, lui, permet au moins cette fois de ne pas se sentir trop désarmé en accélération (0 à 100 km/h en 6,1s) et de justifier un peu plus le prix pharamineux de presque 90 000 €. Mais tout comme la petite sœur, on est épaté par la précision de la direction et l’agilité dont elle peut faire preuve. Malheureusement le poids (près de 2 tonnes), la présence de roulis en fonction des modes de conduite et une certaine tendance au sous virage la privent d’un caractère incisif. Mais comme toujours avec Mercedes, on oublie vite tout ça grâce au système Air Body Control (suspensions) qui offre un confort plus qu’irréprochable, tout comme la boite 9G-Tronic totalement invisible et précise. Enfin, si on fait abstraction d’une configuration totalement ratée ici, que ce soit la peinture, les jantes ou le choix de l’habitacle, la Classe E révèle une prestance extérieure exceptionnelle qui laissera rarement insensible. Encore plus à la nuit tombée grâce à une ambiance lumineuse à l’intérieur qui place les passagers dans un cocon presque mieux qu’à la maison.

Un article sur les cabriolets sans parler de la Mx-5, surtout chez blogautomobile qui compte un grand nombre de rédacteurs amoureux de la japonaise, serait un article raté. Et même si personnellement je ne suis à l’origine pas un grand fan de la MX-5 ni même de son design actuel, je dois reconnaître la joie d’être à son volant. Le petit 4 cylindres 1,5 l de 131 ch procure de belles sensations et la boite manuelle à 6 rapports, franche et courte, est tellement plaisante à manipuler qu’on comprend rapidement l’engouement autour de ce roadster. Sans oublier qu’avec tout ça, on a également une auto qui se laisse facilement malmenée avec un train arrière joueur tout en vous offrant une sérénité au quotidien ou dans des conditions plus difficiles. Alors dire qu’après ces quelques jours en sa compagnie je n’ai pas changé d’avis à son sujet serait vous mentir, et me mentir.  Ma version RF (qui m’avait un peu réconcilié avec le modèle) propose en plus un semblant de classe et de confort grâce à un toit en dur rétractable électriquement. Alors avec ce nouveau rouge Soul Red (800 €) et un tarif débutant à 26 700 € ou 29 050 € (RF) comment ne pas céder à la tentation (hormis en jetant un œil à son compte) ?

Et pour en savoir plus il vous suffit d’aller voir ici, ici, ici ou encore . Je ne vous avais pas dit qu’on avait des accros chez blogautomobile ? 😀

Après vous avoir fait le tour de ces quelques cabriolets disponibles aux catalogues de l’année 2018 on termine par celle qui représente peut-être le plus la passion automobile. Tout d’abord par sa légende, mais aussi par sa gueule et son incroyable sonorité.

Il n’est pas simple de faire un court résumé tellement j’ai eu la banane pendant ces quelques jours à son volant. L’une des principales nouveautés, la boîte automatique à 10 rapports, qui pourrait donner l’impression d’annihiler toute sportivité s’avère être au final parfaite. Si l’on oublie les quelques ratées ou une certaine lenteur au rétrogradage en manuel elle permet une sensation de confort au quotidien avec des passages en douceur ou au contraire de violents coups de pieds au cul une fois le mode sport enclenché. Avec les palettes, elle laissera grimper l’aiguille à près de 8000 tr/min pour des envolées lyriques époustouflantes ! Et si elle n’est clairement pas à mettre entre toutes les mains, en raison d’une dérive facile du train arrière, on arrive aisément à jouer avec elle dans le sinueux et la faire pivoter sur elle-même devient un vrai plaisir et un distributeur illimité de sensations fortes. En plus, si on repense au fait d’avoir un joli V8, bien américain, délivrant désormais 450 pur-sangs juste devant nous toutes ses émotions sont décuplées. La banane je vous dis, la banane… (Dès 47 900 €)

En bonus, je continue avec quelques photos d’un autre cabriolet hors catégorie dont j’ai publié l’essai récemment : le nouveau Jeep Wrangler JL. Ce 4×4, grand spécialiste du offroad, a la chance de pouvoir proposer presque tout ce que le plaisir automobile peut offrir dont celui de rouler plus au moins cheveux au vent.

Pour conclure, comme vous pouvez le remarquer par vous-même, le nombre d’essais à lire dans cet article est assez limité. Lorsque j’ai eu cette idée, je ne m’attendais pas à rencontrer tant de difficultés pour l’illustrer. Je me suis en fait rapidement rendu compte que l’accès aux cabriolets était presque devenu un luxe. Avec l’absence des Peugeot (hors 108) dans la catégorie, de Renault sans sa Mégane, de l’arrêt de la Cox ou de l’absence de l’Eos chez Volkswagen il ne reste plus que les marques prémiums pour occuper le terrain. Les clients, s’intéressant davantage aujourd’hui à la praticité de leur véhicule, ont fait du SUV une nécessité pour les constructeurs, au dépend très souvent des voitures plaisirs. Toutes les gammes en sont maintenant remplis et on peut donc espérer un retour en force des cabriolets dans les années à venir. Volkswagen proposera prochainement d’ailleurs (2020) un T-Roc cabriolet, mélangeant alors les deux mondes comme l’avait fait Range Rover avec son Evoque.

Et vous, quel cabriolet voudriez-vous dans votre garage pour la prochaine saison estivale ? Pour faire votre choix, évidemment, n’oubliez pas de considérer par exemple la Fiat 500C, la Mini Cab, ou la DS 3 Cabriolet (en fin de vie) qui n’ont pas pu apparaître dans l’article.

Pour ne louper aucune photo, c’est juste ici :

Crédit photos : Thomas D. (Fast Auto)