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Depuis plusieurs mois, Mazda est en forme ! Le constructeur propose une gamme entièrement renouvelée dotée d’une nouvelle signature stylistique et de motorisations aussi performantes qu’innovantes. Dans le segment phare et si disputé en Europe des compactes, c’est la Mazda 3 qui a la lourde tâche de le représenter… Essayée dans son unique motorisation diesel développant 150 ch, a-t-elle les armes pour faire jeu égal avec les cadors de sa catégorie ?

Mazda retrouve peu à peu de sa superbe et propose en cette année 2015 une gamme alignée et cohérente en matière de design et de technologies embarquées. La recette paie et les nouvelles générations de 2, 3, 6, CX-3, CX-5 et MX-5 trouvent progressivement leur public : la firme d’Hiroshima a vendu l’année dernière plus de 6000 véhicules aux Français, et comptent en écouler 9000 en 2015. La Mazda 3 est celle qui a donné un nouveau souffle au constructeur il y a bientôt deux ans, et elle n’a pas pris une ride…

Gabriel et moi étions tombés sous le charme ici et de la petite sœur de notre 3, la 2. La citadine avait tout pour plaire : un look sympa, un habitacle à la finition en net progrès, un équipement pléthorique et un comportement sur la route plus que plaisant. La bonne nouvelle, c’est que la 3 possède exactement les mêmes qualités que sa sœurette en proposant une alternative originale aux modèles du segment C que l’on croise à chaque coin de rue. C’est une compacte « exotique », comme peuvent l’être l’Alfa Romeo Giulietta ou la Kia Cee’d…

Qui dît compacte exotique, dît look décalé. Le dessin de notre japonaise est une franche réussite et donne l’impression que la voiture est constamment en mouvement. Disposant d’un profil atypique (2,70 m d’empattement pour 4,46 m en tout) caractérisé par un looooong capot et un museau pointu orné de l’imposante calandre chromée en V, la 3 fait dans le raffinement et « s’est européanisée » en adoptant des lignes fluides et sportives, proches de celles d’une Giulietta.

Sa proue est inéluctablement inspirée de la compacte italienne avec ce séant rehaussé, sa petite vitre et ses feux s’étirant sur toute la largeur. Tout a été correctement dosé pour ne pas que la voiture tombe dans le « too-much » et l’exubérance : le chrome est là pour souligner le rehaussement progressif des surfaces vitrées, le diffuseur arrière comporte deux discrètes sorties d’échappement (réelles pas factices, coucou Audi) et les superbes jantes 18 pouces habillent l’ensemble. Ah, si, un truc m’a déplu ! Vous aussi, elle vous empêche de dormir cette disgracieuse antenne en forme d’aileron de requin digne d’une RX-8 tunée ? Elle casse la ligne de la voiture, dommage… Mis à part ça, la Mazda 3, qui plus est dans cette teinte « Soul Red », fait tourner les têtes et beaucoup m’ont demandé de quel modèle il s’agissait (elle a deux ans mais il est vrai qu’on en voit tellement peu…) ! Bref, la pâte Stylistique Kodo – ou « âme du mouvement » – plaît.

Influencée par l’Italie pour la partie extérieure, à bord, c’est plus du côté germanique que l’équipe de conception de Mazda s’est tournée, et ils ont bien fait… Au détriment de l’originalité, la 3 fait dans la rigueur et le sérieux. La présentation est classique : un écran posé en-haut (un peu perdu sur sa planche de bord à la sauce Mercedes), deux grilles d’aération au milieu, les commandes de clim’ en-bas et une molette pour commander le tout.

Heureusement, l’ergonomie est excellente et l’on ne passe pas des heures à maitriser l’ensemble des fonctions à notre disposition. L’écran de 7 pouces (tactile à l’arrêt seulement) centralise toutes les commandes d’infotainment de la voiture par le biais du système MZD-Connect, présent sur toute la gamme du constructeur. Celui-ci est un plaisir à utiliser, tant par sa fluidité que par sa simplicité. Au-delà des fonctions standards de GPS, audio et téléphone, il est possible de profiter d’apps dédiées par l’intermédiaire de son smartphone à l’image d’Aha, un service permettant d’écouter des radios thématiques du monde entier. Dommage que CarPlay, le système multimédia embarqué développé par Apple, ne soit pas encore de la partie…

Mazda a fait un bon en avant considérable au niveau du soin apporté à l’habitacle de sa compacte, même si cette dernière ne peut rivaliser avec l’excellence d’une Golf ou d’une 308 à cause de plastiques un peu « cheaps » sur les parties basses de la planche de bord et les contreforts de portes. Ailleurs, les finitions comme les matériaux utilisés sont flatteurs, et l’on se retrouve avec du plastique moussé et des inserts en aluminum un peu partout. Seuls le bloc d’instrumentation et le volant viennent donner une pointe d’originalité à un habitacle un brun tristounet, avec des compteurs sortis d’un vaisseau spatial et un volant en cuir à surpiqures rouges aussi agréable à manier qu’à regarder.

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À vivre, la Mazda 3 est dans la moyenne basse de la catégorie en offrant une habitabilité correcte pour cinq personnes (quatre + un petit au milieu), sans forcément aller titiller la boss dans le domaine : la Nissan Pulsar. Le coffre est lui en retrait des références du segment C avec une capacité de chargement de 364 L, là où une Mégane offre 405 L et une Peugeot 308 420 L, tout comme les rangements qui se cantonnent au minimum syndical. Mesurant 4,46 m, la longueur de notre nippone profite ainsi plus au look qu’à son habitabilité.

À bord, la Mazda 3 offre tout ce qu’il faut pour satisfaire ses occupants. La compacte fait le plein d’équipements et notre version Dynamique (placée juste avant le haut-de-gamme Sélection) ne manque de rien : la connectivité est complète (2x USB, SD, Aux, Bluetooth), le système audio Bose à 9 haut-parleurs est un régal et le conducteur peut compter de série sur le GPS, l’affichage tête-haute, l’alerte d’angle-mort, l’aide au stationnement avant/arrière et les phares bi-xénon/LED. La version supérieure Sélection offre en plus la sellerie cuir et tous les raffinements de sécurité possibles regroupés sous le terme i-ActiveSense : l’avertisseur de changement de file, la gestion automatique des feux de route, les phares directionnels, le régulateur adaptatif et l’avertisseur d’obstacle frontal avec freinage intelligent. La politique Mazda est simple et j’y adhère : 0 option (hormis la peinture). Si on veut disposer d’équipements particuliers, il faut passer à la finition du dessus et débourser 3000 €.

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L’imposant capot de notre Mazda 3 embarque la seule motorisation diesel disponible au catalogue : un 2,2 L développant 150 chevaux. Ne cédant pas à la tendance du « down-sizing », à la mode chez la plupart des constructeurs (à l’image de Peugeot avec son 1,6 L THP décliné à toutes les sauces), Mazda a toutefois réussi à rendre son moteur conforme aux Normes Euro6 mais aussi et surtout extrêmement agréable à mener dans toutes les situations, grâce notamment au taux de compression le plus faible du marché (14:1).

Le quatre cylindres SKYACTIV « Made by Mazda » est un véritable régal. Onctueux à tous les régimes, il propose un couple de 380 Nm dès 1800 tr/min et offre une poussée linéaire jusqu’aux alentours des 4000 tr/min. Cela se traduit sur la route par des reprises assez impressionnantes et un 0-100 km/h bouclé en 8.1 sec dans un silence appréciable. Sur autoroute, à 130 km/h, inutile de préciser que la voiture s’ennuie autant que son conducteur et que nous aurions préféré tous deux être sur une Autobahn pour vérifier si, comme Mazda l’assure, elle atteint sans encombre les 210 km/h. Je ne me fais pas trop de soucis à ce sujet, on sent qu’il reste de la cavalerie sous la pédale…

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Epaulé par une boite de vitesse manuelle à six rapports (une boite auto’ est également disponible moyennant une rallonge de 2000 euros) un poil longue mais très bien guidée, le quatre cylindres sait se montrer discret dans l’habitacle à vitesse constante et lors des redémarrages du Stop & Start, nommé i-Stop chez Mazda. Aucun bruit d’air ne vient troubler la quiétude qui règne dans cet habitacle où seul le système Bose titille nos tympans… Cerise sur le gâteau, ce bloc diesel SKYACTIV est un moineau. Sur le papier, Mazda annonce une consommation mixte de 4,1 L / 100 km. Dans les faits, mes 800 km à travers tous types de routes et une conduite absolument pas tournée vers l’économie de carburant se sont soldés d’un excellent score de 5,9 L / 100 km.

Les motorisations essence bénéficient elles du système i-ELOOP, qui, un peu à la manière des hybrides et électriques, récupère l’énergie produite en phase de décélération et la transforme en électricité dans un alternateur dédié puis un condensateur qui répartie ensuite l’énergie récoltée. Là où Mazda a fait les choses différemment, c’est que l’énergie récupérée bénéficie aux fonctions annexes de la voiture (clim’, divertissement, etc.), donnant ainsi toute la puissance au moteur et permettant de baisser la consommation de carburant de 10 %.

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Au volant, la Mazda 3 propose un excellent comportement et un confort appréciable. Le train avant subit quelque fois le couple important fourni aux roues avants et fait ressentir de légères pertes de motricité en 1e et en 2e lorsqu’on sollicite un peu trop les chevaux, mais la direction se montre précise et le châssis extrêmement sain. Pesant 1,3 tonnes, la voiture vire à plat et ne fait ainsi ressentir ni sous-virage, ni prise de roulis sur routes sinueuses, et ce même à allure soutenue. Le grip des Dunlop Sport Maxx est excellent et aide à offrir à la voiture une tenue de route bluffante. Seule la pédale de frein est un brun spongieuse et dérange au début par son manque de mordant. En l’état actuel, la Mazda 3 n’est pas une sportive, mais il faut avouer que son look et ses qualités dynamiques donnent envie de voir (re)naître une version MPS, surtout qu’il reste de la place sous ce grand capot pour lui greffer un autre cœur…

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Très correctement suspendue, la monte en 18 pouces n’entache en rien le confort de la compacte, qui sait filtrer plaques d’égouts et pavés pour le plaisir de nos lombaires. À son volant, tout tombe sous la main et la 3 est une machine à enchainer les kilomètres : ni trop haute, ni trop basse, la position de conduite est excellente et tout est fait pour que la mener soit agréable.

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Elle est belle, elle est accueillante et elle est top à conduire, mais pourquoi en voit-on si peu sur nos routes alors ? Une petite aventure au volant de notre Mazda 3 m’a mis sur la piste…

Jeudi 13 août, je récupère la voiture au Siège de Mazda France à Saint-Germain-en-Laye, je traverse les Yvelines et hop, retour à la maison. Malheur, je me rends compte en stationnant que l’un des caches en plastique noir de l’anneau de remorquage de la voiture n’est plus là et laisse donc un trou béant sur son arrière-train, impensable pour faire les photos. Je lance alors une recherche de façon à me rendre dans l’un des garages de la marque et là, ça fait mal… Si vous êtes du genre aventurier, deux choix s’offrent à vous en 2015 : acheter une Tesla et trouver des Superchargeurs, vouloir une Mazda et trouver un revendeur.

Je me rends donc au distributeur de Clamart… Arrivé à destination, une petite feuille écrite en Comic Sans MS indique que le garage (garage plus que concession tant le bâtiment n’incite pas à rentrer et découvrir l’unique Mazda 6 exposée dans le hall) est fermé. J’appelle alors Guillaume, le responsable presse de Mazda, qui me met de côté le Graal que je m’empresse d’aller chercher au Siège… Le grand Paris compte sept concessions Mazda pour plusieurs millions de potentiels clients, dommage.

Son réseau est ainsi le talon d’Achille du constructeur et le seul réel frein à son expansion dans l’Hexagone, ce qui est cool c’est que ça devrait évoluer… La voiture est elle proche de la perfection. Surtout que financièrement, compte tenu de son équipement pléthorique et de ses qualités dynamiques, les 29 500 € qu’elle demande ne sont pas volés. Mazda positionne sa 3 comme une compacte premium jouant dans la même cour qu’une Golf TSI 150 Carat ou qu’une 308 PureTech 130 Feline. Elle ne possède pas l’image de ces deux mastodontes mais propose une alternative exotique et de qualité pour ceux qui ne veulent pas la voiture de « Monsieur-Tout-le-Monde ».

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Merci à Guillaume de Mazda pour le prêt.