Essai Mazda CX-30 Skyactiv-X 180 M Hybrid BVM : 100 ans plus tard

Nous vous en parlions ici lors de l’essai de la MX-5 1.5 L millésime 2020, Mazda célébrait en grandes pompes son centenaire en levant le voile il y a tout juste un an sur une édition limitée “100 ème anniversaire” commune à toute la gamme, et surtout disponible dans le monde entier. Notre échappée Bruxelloise à l’occasion de cet anniversaire nous a d’ailleurs permis de retrouver le volant du SUV compact CX-30 équipé du fameux Skyactiv-X mais cette fois, associé à une boîte manuelle. Suffisant pour nous faire oublier nos derniers doutes à son sujet ? 

100% Mazda

Moteur essence atmosphérique à la conception originale, boite manuelle 6 rapports, design élégant sans fioriture, part belle aux matériaux nobles à l’intérieur et association de couleurs osée, bienvenue dans l’anti-thèse de l’actualité automobile, bienvenue chez Mazda. Hop hop hop, pas si vite. N’oublions pas que nous réalisons l’essai d’un SUV micro-hybridé, rien de bien original dans le paysage automobile actuel je vous l’accorde. Pourtant, il faut reconnaitre un certain grain de folie (ou de génie !) chez le constructeur nippon pour proposer une telle copie sur le marché européen tout en limitant le malus en France pour l’année 2021 à ….. 50€ ! Mais quel est donc ce maléfice ? N’y voyez aucune sorcellerie là-dedans mais plutôt le résultat d’efforts importants pour faire perdurer l’histoire du moteur à explosion au delà des dates limites fatidiques que nous voyons peu à peu fleurir ça et là, 2040, 2035, ou pire, 2030. On ne vous refait pas le speech technique, vous retrouverez quelques explications plus poussées lors de notre premier essai du Skyactiv-X à bord de la Mazda 3, à relire ici.

Voilà maintenant près de 2 ans que le SUV compact CX-30 a débarqué en Europe. Une appellation à deux chiffres après le suffixe “CX” qui tranche avec les habitudes de Mazda auparavant. Il se positionne pourtant bien entre le CX-3 et le CX-5 et il aurait donc été tout naturel de le nommer CX-4 si cette dénomination n’avait déjà pas été prise pour le marché chinois. Son style reste très marquant, résolument Mazda, avec de larges et fines optiques épousant les ailes aux 4 coins de la voiture. La ceinture de caisse assez haute et la surface vitrée réduite renforcent le caractère dynamique du CX-30 tout comme son long capot et sa lunette arrière particulièrement inclinée. Le paradoxe avec la compacte Mazda 3 est alors tout naturel bien que le CX-30 lui rende plus de 6 cm en longueur. L’espace à bord reste d’ailleurs identique entre les 2 voitures tout comme le catalogue des finitions et des moteurs, le choix de la carrosserie n’appartient donc plus qu’à vous.

Configuration osée pour un anniversaire marqué

Le moins que l’on puisse dire en découvrant ce CX-30 édition 100ème anniversaire, c’est que le choix des couleurs et matières s’avère très osé. Si l’association du blanc à l’extérieur et d’un cuir et capote rouges sied tout à fait à la personnalité du roadster MX-5 (essai à relire ici), tourné vers le loisir et la passion, opter pour ce genre de configuration sur un véhicule à vocation plus familiale n’est pas forcément chose aisée pour une clientèle souvent plus âgée. Mazda cultive là encore sans aucun doute l’art de la différence. La peinture extérieure Snowflakes White Pearl Mica est associée à l’élégante sellerie “Burgundy” avec moquette et tapis de sol assortis alors que les accoudoirs se parent de blanc pour rappeler la teinte extérieure. La planche de bord reste quant à elle plus discrète et ne cède à aucune touche colorée contrairement à la Mazda 3 qui inverse de son coté le choix des couleurs accoudoirs vs planche de bord.

L’édition 100ème anniversaire est basée sur la finition “Exclusive” du CX-30 et uniquement disponible en traction avec le moteur 2.0 L 180 ch Skyactiv-X associé à une boîte manuelle sur laquelle nous reviendrons plus tard. Affichée à 37 700 € hors frais d’immatriculation, le CX-30 a le bon goût d’embarquer à ce prix tout ce que l’on peut exiger d’un petit SUV familial en 2021, à savoir la conduite autonome de niveau 2 via la technologie i-Activesens, un système multimédia très complet compatible Apple CarPlay/ Android Auto, des sièges chauffants à réglages électriques et fonction de mémorisation, toit ouvrant, hayon électrique, affichage tête haute et également système audio Bose à 12 hauts-parleurs. On pourrait presque parler de bonne affaire.

Une BVM sur un SUV, l’association bienheureuse 

La boîte manuelle tend de nos jours à disparaitre dans les choix laissés aux clients dès lors que l’on accède aux finitions hautes d’un modèle, que ce soit une compacte, une berline ou encore plus un SUV. Mazda est l’un des seuls constructeurs à laisser ce choix (en tout cas sur la Mazda 3 et le CX-30) au seul client final quel que soit le moteur choisi ou la finition sélectionnée. Parlons-en de ce choix justement. Mazda ne propose au sein de sa gamme qu’une BVA 6 rapports qui semble hors d’âge. Rapports hauts trop courts, passage des rapports plutôt lents, rien ne semble jouer en sa faveur surtout lorsqu’on l’associe à un moteur atmosphérique au caractère passion limité qui demande à être poussé dans les tours pour délivrer ses 180 ch, atteints à 6000 trs/min. Le couple maximal n’est lui disponible qu’à partir de 3000 trs/min et culmine à 224 Nm. Heureusement que le poids du CX-30 reste remarquablement contenu à 1368 kg à vide.

Nous vous en parlions il y a plus d’un an lors de notre premier contact avec le petit SUV Mazda (à relire ici), le CX-30 équipé du Skyactiv-X est d’une douceur incroyable lorsque mené à rythme de sénateur et lorsque l’on joue la carte de l’efficience. Doux, discret et surtout très sobre en consommation, le Skyactiv-X semblait démontrer tout son potentiel sous le capot de ce modèle. Toutefois, il se démontrait peu agréable à l’usage dans de nombreuses situations. Lors de la conduite en montagne par exemple, lors de dépassements ou encore sur voie rapide à 130 km/h, ou plus. Dans les deux premières situation, c’est clairement la réactivité de la boite qui fait défaut. Lente au kick-down, il suffit que le rapport engagé ne soit pas le bon pour vous brider trop fortement en phase d’accélération et côté sécuritaire, on a vu mieux. De ce point de vue là, la boite manuelle fait mieux en tout point et si vous ne faites pas 2h de bouchons quotidiens, je ne saurais que trop vous conseiller cette boîte. D’autant que les BVM Mazda sont réputées à juste titre pour leur conception aux petits oignons. Douceur de la pédale d’embrayage, point de patinage aisé, levier idéalement placé, verrouillage des rapports francs sans se retrouver avec une boite accrocheuse, mener une Mazda à boite manuelle sur n’importe quel parcours vous ravisera immédiatement sur la vétusté de cette technologie. Elle vous fera également gagner une bonne demi-seconde sur le 0 à 100 km/h, non négligeable. Seul bémol, l’étagement de cette BVM, qui reste tout comme la BVA trop court sur les rapports hauts avec un régime supérieur à 3000 trs/min à 130 km/h.

Match retour

Si la vocation première de ce CX-30 100ème anniversaire était de nous transporter jusqu’à Bruxelles pour l’exposition du centenaire de la marque à l’Autoworld tout en étant de sûr de rester dans le thème, ce fut également l’occasion pour nous d’apprécier le Skyactiv-X à sa juste valeur, ne l’ayant essayé jusque là qu’associé à une BVA que ce soit au volant de la Mazda 3 ou du CX-30 en 4 roues motrices. Si la boite manuelle agit largement au bénéfice des reprises, ne vous attendez pas à une différence fondamentale au niveau de la consommation même si les chiffres constructeurs annoncent près d’un demi-litre aux 100 km de différence. En réalité, nous avons plutôt constaté une consommation mixte aux alentours des 5.9 L / 100 km contre environ 6.2 L / 100 km sur parcours équivalent à bord du CX-30 BVA AWD. Des chiffres encourageants pour le maigre espoir qu’il puisse nous rester quant à l’avenir du moteur thermique.

Quelques chiffres

Dimensions : 4440x1800x1540
Poids à vide : 1368 kg
Volume coffre :  422 L
Volume réservoir : 51 L 
Consommation mixte annoncée (WLTP) :   5.9 L / 100 kms (vs 5.9 constatée)
Rejet CO2 moyen annoncé (WLTP) : 133 gCO2/km
Cylindrée : 1998 cc
Puissance max : 180 ch au régime de 6000 trs/min
Couple max : 224 Nm au régime de  3000 trs/min
Vitesse max : 204 km/h
0 à 100 km/h : 8.5 sec